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Japon, attention : respect, chronique par Serge Guérin

Comme nous le disions dans la chronique de la semaine dernière, le Japon joue la carte des gérontopôles. Ce sont des espaces où collectivités, universités et entreprises travailleraient ensemble pour à la fois améliorer la vie quotidienne et développer des savoirs, des services et des techniques et produits répondant à la nouvelle donne démographique.


Le Japon, qui dans le domaine de la société de l’âge est une préfiguration de la France d’ici quinze ans, fait figure de pionnier. D’abord pour des motifs démographiques.

Le papy-boom a débuté il y a déjà vingt ans déjà et la proportion des personnes de plus de 65 ans est passée de 4,5 % de la population totale à 20 %, entre 1945 et 2007. Elle sera même de 25 % dès 2015.

Ensuite, en raison de choix de politique publique : dès le début des années 1990, le gouvernement japonais a soutenu l’expérimentation de solutions individuelles et collectives pour faire face au vieillissement de la population, y compris en termes de financement.

Ainsi, une industrie et des solutions originales ont émergé (assurance, finances, prévention, habitat, technologies, alimentation…). Des pôles de compétitivité autour des questions du grand âge réunissant chercheurs, industriels, laboratoires et centres de formation ont été créés. Aujourd’hui, le Japon exporte ses savoir-faire et ses produits conçus ou adaptés aux attentes et besoins des personnes vieillissantes.

Cette approche, qui donne la priorité à une réponse techniciste, nécessite cependant d’être discuté. On a vu précédemment combien se cachait derrière cette réponse des exigences économiques et des postulats sécuritaires destinés à protéger, au sens foucaldien du terme, la société.

On ne répond pas à une injustice par une autre injustice, nous a appris Camus.

Serge Guérin
Professeur à l’ESG

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Tokyo


Publié le Lundi 10 Septembre 2007 dans la rubrique Chroniques | Lu 6946 fois