Sommaire
Senior Actu

Japon - Une retraite complémentaire pour sauvegarder les geishas

Dans un contexte économique difficile, le futur des geishas, littéralement « personnes de talent » semble compromis. Afin de sauvegarder cette tradition séculaire, mais aussi de provoquer de nouvelles vocations, une association de Kyoto met en place un système de retraite complémentaire, comme l'indique un récent article du quotidien britannique The Scotsman.


Japon - Une retraite complémentaire pour sauvegarder les geishas
Il y a de cela quelques décennies, exercer le métier de geisha pouvait être une situation enviée par de nombreuses femmes. Bien qu’obligées et interdites de mariage, cela leur permettaient, si un ou plusieurs « dannas » (sorte de maître) décidaient de s’occuper d’elles, d'exercer leurs arts et d’être couvertes de luxueux cadeaux, à condition qu’elles les divertissent soit par la danse, le chant, la calligraphie, la cérémonie du thé, la conversation ou encore la musique.

Toutefois depuis les années 1970 le nombre de geishas à chuter de manière très importante. Dans la ville de Kyoto -qui avec Osaka sont les deux municipalités où l’on trouvait traditionnellement le plus de geishas-, il n’en reste plus que 193 alors qu’elles étaient plus de 1.000 en 1870.

Fort de ce constat, la Fondation pour l’Art Musical traditionnel de Kyoto a décidé de mettre en place une retraite complémentaire visant à aider ces artistes à continuer à pratiquer leur art, mais aussi à susciter de nouvelles vocations chez des femmes plus jeunes. « Le nombre de personnes capables de comprendre l’art des geishas décline » indique le secrétaire général de cet organisme. « Dans le temps, un Pdg pouvait devenir le danna d’une geisha, mais avec la récession économique que connaît le pays actuellement, les occasions se font de plus en plus rares » ajoute-t-il en précisant qu’il « est important de soutenir cette tradition culturelle qui permet d’attirer les touristes dans la ville de Kyoto ».

De concert avec la préfecture et la municipalité, la Fondation prévoit de verser aux geishas de plus de 60 ans une pension de 365 euros par mois à partir du mois d’avril de l’année prochaine. Cela concernera aussi le cas de l’une de ces artistes, qui à l’âge de 93 ans continue d’exercer son métier. Cette retraite viendra en complément de la retraite nationale et pourra être versée à toutes les geishas du pays.

Comme le précise l’une d’entre elle qui exerce son art depuis 22 ans et qui travaille dans un resort près du Mont Fuji, « je suis des cours de danse et de musique tous les jours, il est nécessaire de s’entraîner quotidiennement, à force cela revient cher ». Et d’ajouter « très peu d’entre nous ont trouvé un danna, cela est devenu trop coûteux. L’idée d’une pension complémentaire est bonne, cela signifie que nous aurons moins à nous préoccuper de notre futur » conclut-elle.

Il faut préciser que le métier de geisha est souvent mal perçu en occident. Contrairement aux idées reçues ce ne sont pas des prostituées de luxe. Même si elles se déplacent dans les restaurants pour y divertir, principalement les hommes, ce sont de véritables artistes. Il n’y a aucun contact physique avec les clients. Au Japon, les véritables geishas sont même autant admirées que les sumos. Leur charme et leur personnalité comptent davantage que leur beauté physique. Parées de leur kimono, le visage maquillé de blanc, elles dansent, récitent des vers, jouent la comédie, discutent et préparent le thé selon le rituel consacré.


Publié le Jeudi 7 Avril 2005 dans la rubrique Retraite | Lu 4827 fois