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Japon - Inquiétudes économiques pour cause de vieillissement de la population

Le Japon est le champion de la longévité. 23.000 centenaires, dont le plus âgé a 114 ans et ce « club » augmente de 13% tous les ans. L’espérance de vie, est en moyenne de quatre plus élevée que celles des européens ou des américains avec 85 ans pour les femmes et 78 ans pour les hommes… Pourtant tous ces signes de « bonne santé » ne sont pas sans conséquences sur l’économie du pays. Cette situation démographique risque à terme de ralentir, voire de mettre en péril, la croissance économique du pays.


Si le Japon détient le record de la longévité, il connaît aussi l’un des taux de natalité les plus faible du monde (avec à peine 1%), il ne représente que les deux tiers de celui des Etats-Unis. Ainsi, en terme de population, le Japon devrait atteindre un pic en 2007 avec 127 millions d’habitants. En 2050, « si le taux de natalité reste le même, les personnes de 60 ans et plus représenteront 30% de la population » explique Shigeo Morioka du Centre International de la Longévité (ILC) de Tokyo.

Commencera alors, une longue descente, qui devrait faire passer le nombre de Japonais sous la barre des 100 millions vers le milieu du 21ème siècle. Concrètement, cela devrait représenter 30 millions de salariés en moins, alors que parallèlement le nombre de personnes âgées aura presque doublé. Pour l’économie japonaise, cela signifie une forte chute potentielle de la consommation nationale d’ici 2050 et un déclin annoncé des ses ventes de biens et services : des voitures à l’électro-ménager en passant par l’immobilier…

Face à cette situation on peut se demander comment le pays pourra financer ses retraites.
Selon le FMI, compte tenu de la baisse de la natalité, à partir de 2010, le coût de l’assurance maladie risque de doubler pour atteindre 5% du Produit Intérieur Brut (PIB). Après une décennie de stagnation économique, le déficit des dépenses se creuse. La dette du secteur public aurait atteint 140% du PIB, ce qui en fait le taux le plus élevé des pays industrialisés.

Pour Glen Wood, vice-président de la Deutsche Securities Japon, il s’agit d’une part de savoir qui pourra payer les retraites de la prochaine génération mais aussi qui seront les prochains salariés ? « Qui va développer l’économie ? Qui seront les dirigeants ? Qui seront les acteurs économiques de ce pays ? Qui seront les consommateurs ? » L’économie toute entière est en position de risque à cause d’une pénurie probable de main d’œuvre, mais aussi d'une baisse de la clientèle potentielle.

Une des options pourrait être l’immigration, notamment en provenance des Philippines ou de l’Indonésie. Cependant, traditionnellement, le pays du soleil levant n’a jamais beaucoup apprécié cette solution, « pourtant je pense que cette option reste nécessaire » renchérit M. Wood. Mais au Japon, tout comme en Europe d’ailleurs, l’immigration reste un sujet sensible et délicat. (voir notre article « L’Union Européenne doit favoriser l'immigration afin de faire face à son vieillissement »)

Le gouvernement actuel essaie donc de promouvoir la natalité. Il réfléchit à la mise en place d’aides financières visant à relancer la procréation, similaires à celles qui existent déjà en Australie. Mais il est déjà un peu tard. Les éventuelles conséquences positives d’une telle politique, ne se feront pas ressentir avant que ces nouveaux bébés ne soient à leur tout devenus des contribuables, soit vers 2030… On craint maintenant, que la deuxième puissance économique mondiale soit en état de crise permanente d’ici quelques années.


Publié le Mardi 15 Février 2005 dans la rubrique Emploi | Lu 7945 fois