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Senior Actu

Japon – Gestion des ressources humaines : vers la fin d’un système hiérarchique traditionnel


Alors que les jeunes générations d’employés s’inquiètent de devoir subvenir aux besoins croissants d’une société vieillissante, l’ancien système basé sur l’avancement à l’ancienneté est progressivement remplacé par la recherche constante de productivité rendant l’avenir encore plus incertain, comme le souligne le Nikkei le 19 juillet.

Kazuo Inamori, 72 ans, fondateur et président honoraire de Kyocera Corp., fait certes parti de la vieille école mais revendique l’importance du rôle des jeunes employés qui doit, selon lui, être mis en avant au sein de l’entreprise, notamment aux postes dirigeants. Il est en effet convaincu que le Japon a besoin de sang jeune pour se redynamiser et qu’« il est difficile pour les seniors, profondément liés au passé, de parvenir à lui donner le nouveau souffle dont il a tant besoin.»

Tadashi Yanai, 55 ans, président de Fast Retailing Co., rejoint M. Inamori en constatant que le Japon se trouve à un tournant économique de son histoire.

Bien que la jeune génération craigne de ne pouvoir faire face au poids financier que représentent les départs massifs en retraite et se plaigne du nombre encore important de seniors à des postes élevés dans les entreprises, c’est à elle qu’appartient l’avenir. Selon Kazuo Inamori, la tâche est d’ailleurs plus aisée pour elle qu’elle ne l’a été pour les boomers.

Un « système qui baisserait l’âge de la retraite aux alentours de 45 ans et donnerait aux employés dépassant cet âge le choix entre différentes options, telles que la formation ou le travail à mi-temps » laisserait aux jeunes la possibilité de parvenir à des postes à responsabilité plus rapidement et à l’entreprise de réaliser plus de profits, suggère M. Yanai.

Car pour lui, l’âge idéal pour diriger est entre 35 et 45 ans. Avant cet âge, le manque d’expérience risque d’être un frein au développement économique et passé la cinquantaine, la forme physique ainsi que la motivation sont à même de diminuer.

Il y encore 15 ans, entrer dans une grande entreprise pouvait laisser espérer la sécurité de l’emploi, un bon salaire et la possibilité d’évoluer dans la hiérarchie. Aujourd’hui, l’économie n’est plus stable et l’entreprise se transforme en accord avec les fluctuations du marché. Les trentenaires qui, à l’instar de Yoshimi Ogawa, 38 ans, présidente d’Index Corp., ont remis en question et la hiérarchie et le rôle des femmes dans l’entreprise, constatent que « la nouvelle génération se veut encore plus radicale. »

Il appartient aux employeurs de prendre ce que chaque génération peut offrir de meilleur pour accroître ses résultats, ce qui en d’autres termes, revient à sonner le glas d’une vision homogène de l’entreprise.


Publié le Mardi 27 Juillet 2004 dans la rubrique Divers | Lu 2448 fois