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Senior Actu

Japon : 2007, départ en masse des baby-boomers à la retraite


En 2007, un grand nombre de baby-boomers nippons va atteindre l’âge de 60 ans. Légalement, ils auront le droit de prendre leur retraite. Mais comment ces individus, qui ont bâti le Japon moderne, vont-ils se comporter dans une société vieillissante où le taux de la natalité ne cesse de baisser ? Comment les entreprises vont-elles réagir face à ces départs massifs de cadres à la retraite ? Certains exemples peuvent nous laisser deviner quelles seront les grandes tendances à venir…

Compte tenu, d’un côté, de la forte propension des japonais à travailler -même après l’âge légal de la retraite- et de l’autre, des entreprises qui ne trouvent pas toujours les employés qualifiés qu’elles recherchent, on voit se développer un nouvelle forme d’emploi : l’embauche temporaire de seniors qualifiés. Même les employés administratifs ou les comptables, dont beaucoup ont perdu leur emploi lors de la récession économique des années 90, retrouvent maintenant des postes dans des entreprises qui recherchent ce genre de profil. N’ayant aucune spécialisation dans tel ou tel domaine, ils sont à même de pouvoir réaliser tout type de travail quelque soit le secteur d’activité.

C’est ainsi que l’on voit naître, une génération de salariés âgés travaillant en indépendant : quelques mois dans une entreprise, puis quelques mois dans une autre… Bien qu’il n’existe pas encore de statistiques bien précises, on estime actuellement le nombre de ces travailleurs à 100.000 et ce chiffre pourrait atteindre les 2 millions dans dix ans.

Cette situation permet finalement aux sociétés d’assurer les transferts de compétences entre les générations voire de combler certains gaps lorsque le « know-how » n’a pas été transmis au préalable. Parallèlement, certaines personnes âgées peuvent continuer à travailler, à se sentir utiles au développement économique de leur pays et -point non négligeable- à améliorer le quotidien d’un point de vue financier.

D’anciens cadres en retraite deviennent ainsi consultants, la plupart du temps pour le compte de PME. D’autres préfèrent aider de jeunes entrepreneurs à préparer le lancement de leur société : préparation des business plan, prévisions des achats, gestion quotidienne de l’entreprise, management… Enfin, certains sont même réemployer par leur anciens patrons pour intervenir à plus ou moins long terme sur certains dossiers.

C’est le cas d’un ancien salarié du gouvernement, qui a réintégré son administration afin d’y mener certaines négociations. On estime en effet qu’il faut dix ans de pratique pour devenir un bon négociateur, pour apprendre l’art de la conversation, soutirer les informations importantes à ses interlocuteurs et obtenir ce que l'on veut. Toutefois, pour parvenir à ses fins, encore faut-il que le négociateur ait du répondant et qu’il maîtrise parfaitement son sujet, histoire de donner le change. D’où le besoin d’hommes rompus à cet exercice. C’est ainsi que cette personne s’est vue réembaucher pour continuer d’assurer son ancien métier tout en formant tranquillement une jeune recrue.
Japon : 2007, départ en masse des baby-boomers à la retraite


Publié le Mardi 4 Janvier 2005 dans la rubrique Société | Lu 2185 fois