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Italie – Les grands seniors dépendent des travailleurs immigrés pour leurs soins à domicile

L’Italie, est avec l’Espagne et l’Allemagne, l’un des trois pays les plus vieux d’Europe. Avec ses onze millions de personnes de plus de 65 ans et l’évolution récente de sa société, on assiste depuis quelques temps à une hausse des besoins en terme d’aide à domicile. En vu de répondre à cette demande, de nombreux immigrés -principalement des femmes-, se sont installés dans le pays. Il est désormais courant de voir ces « couples mixtes » dans les rues des grandes villes italiennes indique un récent article de l’agence de presse Inter Press Service (IPS).


En effet, depuis quelques temps, l’image d’une personne âgées se reposant sur la bras d’une femme d’origine étrangère est devenue de plus en plus courante dans les cités d’Italie. La plupart du temps, ces femmes arrivent des pays de l’Est (Ukraine, Roumanie, Pologne), d’Amérique latine (Equateur, Pérou) ou même des Philippines. On estime qu’elles sont actuellement 600.000 à travailler dans le pays.

C’est le cas par exemple de cette femme de 57 ans, originaire du Chili, qui vit en Italie depuis 16 ans. Elle travaille pour le compte d’une personne âgée et l’assiste quotidiennement. Elle lui fait la cuisine, elle nettoie, repasse, lui donne ses médicaments… Comme l’état de santé de la vieille dame n’est pas au mieux, elle travaille quasiment 7 jours/7 pour 620 euros par mois. Ce qui est peu au regard du nombre d’heures effectuées et de la responsabilité qu’elle a, puisque la vie de cette aînée est entre ses mains.

Le développement de l’aide à domicile s’explique pour deux raisons principales. D’une part la population italienne vieillit, et la situation n’est pas près de s’inverser puisque le taux de natalité est de 1.27. Les personnes de plus de 65 ans représentent déjà 19% de la population italienne. C’est presque autant que le Japon ! L’âge moyen est de 41 ans et l’espérance de vie à la naissance de 79.5 ans. Cette augmentation des personnes âgées, et notamment celle des très âgées, voient les besoins en terme d'aide à domicile se développer.

Mais il existe une autre explication à cette hausse. Depuis les trente dernières années, la société italienne a beaucoup évolué. A l’origine, dans ce pays de traditions familiales par excellence, les anciens vivaient avec leurs proches et étaient soignés par les femmes de la famille. De nos jours, les enfants ne peuvent plus –ou ne veulent plus- prendre en charge un parent âgé, qui de surcroît vit plus longtemps et demande de plus en plus de soins et d’attention au fur et à mesure qu’il vieillit. La charge échoient donc, désormais, à ces femmes immigrées.

Cette force de travail représente maintenant une ressource essentielle pour les familles italiennes. « Elle fournit d’excellents services qui répondent aux besoins d’une population vieillissante » indique un professeur de sociologie économique de l’Université La Sapienza de Rome. Et d’ajouter, que ces immigrées ne prennent pas la place d’un travailleur italien, puisque dans certaines régions, il n’y a plus d’autre source de main d’œuvre et que ces femmes sont les seules disponibles sur le marché.

Pour un responsable d’une association caritative locale, Caritas, le service public n’est pas en phase avec les besoins de la population, soit parce que la demande est trop forte, soit parce que les services sociaux italiens se sont toujours reposés sur la cellule familiale pour remplir le rôle d’aidant. De plus, pour les gouvernement, l’institutionnalisation de l’aide à domicile des personnes âgées reviendrait beaucoup trop cher. Le système privé s’avère nettement moins onéreux, surtout que cette main d’œuvre immigrée est sous-payée par rapport à la main d’œuvre italienne, qui de toutes façons ne souhaite pas travailler dans ce domaine d’activité. Toutefois, le coût de ce type de services reste élevé et donc inaccessible à de nombreuses familles.

Actuellement, et face à cette situation, certaines gouvernements régionaux commencent à encourager l’aide à domicilie par le biais de subventions « ce qui aboutit à une situation gagnant/gagnant pour tout le monde, dans la mesure où les personnes âgées peuvent résider plus longtemps à domicile et que les immigrés trouvent là, une source de revenu qui peut leur permettre de s’insérer dans le pays » explique ce responsable de Caritas.
Italie – Les grands seniors dépendent des travailleurs immigrés pour leurs soins à domicile


Publié le Vendredi 1 Avril 2005 dans la rubrique Aides à domicile | Lu 4593 fois