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Italie - Berlusconi face à une grêve générale contre la réforme des retraites, comme en 1994


Le président du conseil italien Silvio Berlusconi a présenté récemment sur les trois chaînes télévisées publiques son projet de réforme des retraites. Il doit affronter aujourd’hui la réaction des trois grandes confédérations syndicales, qui se déclarent fortement opposées à cette réforme et qui proposent une grève générale pour le 24 octobre prochain.

Le projet de réforme du gouvernement prévoit un durcissement des conditions de départ à la retraite : 40 années de contributions seront le minimum pour prétendre à la retraite, contre 35 années actuellement qui autorisent un départ dès l’âge de 57 ans. Cette réforme est « juste » et « sage » a déclaré M.Berlusconi, s’adressant en particulier aux retraités italiens qui constituent une grande partie des troupes syndicales. « C’est un devoir d’intervenir dès maintenant » a-t-il insisté, ajoutant que « ceux qui disent le contraire vous trompent ».

Directement visés, les leaders des trois organisations syndicales ont exprimé unanimement leur opposition à la réforme, qui risquerait « d’aggraver les tensions dans le monde du travail » : Savino Pezzotta, de la CISL (catholique) s’oppose à la méthode choisie par le gouvernement et au contenu de la réforme, tandis que Luigi Angeletti de l’UIL (centriste) conteste les deux arguments évoqués par Berlusconi pour convaincre de l’urgence de la réforme, à savoir le poids financier insoutenable qui pèse sur le système actuel et l’obligation de réforme exigée par l’Union Européenne. Par ailleurs, Guglielmo Epifani, secrétaire général de la CGIL (gauche), met en garde sur « l’unique motif véritable » de la réforme, « d’ordre financier après le dépassement du déficit conclu par le gouvernement avec l’Ecofin » (Conseil des ministres européens des finances, ndlr).

Malgré les précautions du gouvernement qui insistait sur un projet « ouvert aux contributions des syndicats », celui-ci est globalement mal accueilli en Italie, même par l’organisation patronale "Cofindustria" qui dénonce une « réformette » timide, et le quotidien du patronat, "Il Sole 24 Ore", pourtant partisan de la réforme, qui juge le projet « trop tardif » et proposé dans de « mauvaises conditions ».

L’histoire se répèterait-elle ? C’est précisément un projet de réforme des retraites similaire à celui présenté hier qui a contraint M.Berlusconi à la démission en décembre 94 -sept mois après sa nomination à la tête du gouvernement - à la suite d’un conflit avec son allié Umberto Bossi, chef de la Ligue du nord, et les mêmes organisations syndicales.


Publié le Mercredi 1 Octobre 2003 dans la rubrique Retraite | Lu 583 fois