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Senior Actu

International - Détecter de manière pluridisciplinaire la maltraitance des personnes âgées


Un récent article paru début octobre dans The Lancet, célèbre revue médicale internationale, met en avant, l'importance de la détection de la maltraitance envers les personnes âgées, phénomène qui risque d’augmenter dans les prochaines années, avec le vieillissement généralisé de la population.

Deux chercheurs new-yorkais de l’Université de Cornell, Mark S. Lachs et Karl Pillemer ont mis en avant des statistiques alarmantes. En étudiant les différentes données et études existantes sur les cas de maltraitances des seniors, il est ressorti que le pourcentage des victimes se situaient entre 2 et 10%. Le delta est large, car les cas ne sont pas toujours faciles à appréhender. De nombreux aînés préfèrent se taire par peur de représailles, voire même de ne pas être pas cru. Les victimes sont souvent agressées par un membre de la famille ou un proche (plus d’un cas sur deux) et les trois-quarts sont des femmes. Encore plus grave, selon ces chercheurs, les personnes âgées, victimes de maltraitance, voient le risque de décès multiplié par trois dans les trois années qui suivent l’agression. Un groupe de scientifiques a révélé qu’après 13 ans, seuls 9% des seniors qui avaient été agressés étaient encore en vie contre 41% pour ceux n’ayant jamais subi aucun mauvais traitement.

Le problème est que la maltraitance est parfois difficilement détectable. Ajouter au fait que de nombreuses personnes âgées ne souhaitent pas porter plaintes, de nombreux symptômes « ressemblent » à ceux du vieillissement. Par exemple, les seniors « marquent » très rapidement. En se cognant légèrement, ils peuvent très vite avoir un bleu sur le bras ou sur la jambe. De même, les chutes sont fréquentes, les os plus fragiles cassent plus facilement. Comment identifier la provenance de ces marques ou de ces blessures ? Maltraitance, choc ou chute involontaire ? Sans compter les personnes âgées atteintes de démence, qui sont particulièrement vulnérables aux abus et dont les propos doivent être pris avec prudence…

L’identification des abus et de la maltraitance s’avère donc délicate. Ainsi, les deux spécialistes new-yorkais préconisent la mise en place de programmes de détection pluridisciplinaires, mettant en relation, les acteurs sociaux, les aidants, les professionnels de la santé mentale, les experts en gérontologie la police et les médecins de famille. Et de conclure que ce travail commun est indispensable dans la mesure ou personne ne peut se faire une idée globale de la situation.

Il est impératif de s’attaquer au problème de la maltraitance dès maintenant. En effet, selon les chiffres des Nations-Unies, le pourcentage d’individus âgés de 65 ans et plus aura doublé dans la plupart des pays du monde d’ici 2050. Ce qui signifie, que dans cinquante ans, presqu’une personne sur trois en Europe et une sur cinq en Asie sera susceptible de subir des mauvais traitements (physiques ou psychologiques).
International - Détecter de manière pluridisciplinaire la maltraitance des personnes âgées


Publié le Mercredi 20 Octobre 2004 dans la rubrique Société | Lu 2467 fois