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Incontinence : 30% des 75 ans et plus sont touchés

La cause principale de l’incontinence chez la personne âgée réside dans l’appauvrissement en fibres musculaires des sphincters et de la vessie. Il s’agit là d’une dégénérescence naturelle liée au vieillissement.


Les différents types d’incontinence chez la personne âgée

L’incontinence chez la personne âgée peut avoir des origines et des formes diverses. Ainsi, cinq principaux types d’incontinence existent chez la personne âgée :

L’incontinence d’effort liée à une insuffisance du sphincter.
L’incontinence par impériosités liée à une augmentation de la sensibilité des récepteurs de la vessie.
L’incontinence par regorgement principalement liée à une vessie distendue.
L’incontinence de situation liée aux troubles cognitifs comme Alzheimer (démences).
L’incontinence liée à un handicap moteur.

Quelles sont les origines de l'incontinence chez la personne âgée ?

Le vieillissement est le principal responsable de l’incontinence chez la personne âgée en modifiant la morphologie et les fonctions de la vessie et du sphincter. Le vieillissement engendre notamment :
- une « dénervation » partielle de la vessie.
- une augmentation de la sensibilité des récepteurs (appelés cholinergiques) présents dans la paroi vésicale, et qui augmentent le nombre de mictions par jour.
-une diminution de la masse musculaire.

Ainsi, l’incontinence par impériosités chez la personne âgée sera favorisée par la sensibilité des récepteurs (appelés cholinergique) présents dans la vessie.

L’incontinence due à une insuffisance de contraction du muscle de la vessie lors de la miction trouve son origine dans la diminution de la masse musculaire vésicale et la dénervation précédemment évoquées.

Par ailleurs, le vieillissement engendre également chez la personne âgée une diminution de la « sensation de besoin » directement liée à l'altération des fonctions de perception de décision, etc. qui peuvent aboutir à une perte du contrôle volontaire de la miction.

Des études ont mis en évidence qu’il existe une relation étroite entre les fonctions de l’esprit (perception, langage, mémoire, raisonnement, décision, mouvement...) et les troubles d’incontinence.

De même, l’altération des fonctions cognitives (fonction de l’esprit) semble engendrer une diminution de la sensation de besoin chez la personne âgée, à l’origine de certaines incontinences.

Enfin, il existe une diminution de la pression de clôture de l’urètre (canal partant de la vessie vers l’extérieur) avec l'âge entraînant l'incapacité à retenir ses urines. Chez la femme cette perte de pression est due principalement à la baisse d’une hormone appelée œstrogène après la ménopause.

Le vieillissement est également responsable de la modification de l’abondance de la sécrétion d’urine. Alors que chez la personne jeune, l’élimination de l’urine en journée est 2 fois supérieure à l’élimination nocturne, chez la personne âgée on observe une inversion de ce ratio. C’est le calendrier mictionnel qui permettra d’étudier tout au long de plusieurs cycles de 24h, les volumes d’urine que le sujet élimine.

L’ensemble de ces modifications favorise considérablement le développement d’une incontinence chez la personne âgée.

D’autres facteurs indirects peuvent également concourir à l’incontinence :
Troubles moteurs
Les environnements inconnus ou mal adaptés
Le fait d’être alité et dépendant suite à une maladie
Certaine troubles métaboliques comme la sécrétion anormalement importante d’urine

La prise en charge médicale

L’interrogatoire (échange entre le patient et le médecin, dans le jargon médical) est capital pour la bonne prise en charge de l’incontinence. Il permettra d'identifier les antécédents, l’importance des symptômes et le retentissement sur la qualité de vie de la personne.

De nombreux traitements médicamenteux et chirurgicaux sont disponibles, y compris chez les personnes âgées.

Il n’est pas rare de voir une personne âgée qui n’est pas incontinente se voir mettre des changes complets alors qu’elle est alitée pour un problème de santé ou qu’elle n’a eu qu’un épisode d’incontinence ponctuel. Ces pratiques conduisent la personne à développer une incontinence « malgré elle ».

De même, lorsqu’une personne âgée demande à aller aux toilettes, l’entourage doit impérativement l’accompagner et proscrire la possibilité de « faire dedans » en attendant le prochain change.

Quels sont les impacts chez la personne âgée ?

Différentes études ont établi que l’apparition de l’incontinence chez la personne âgée était un facteur d’isolement social et de dépression. C’est pour cela que le dialogue est primordial. Il permettra d’identifier le plus tôt possible l’incontinence, de dédramatiser et d’entamer une réelle prise en charge.

La rédaction de Sphère-Santé

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Publié le Mercredi 7 Novembre 2007 dans la rubrique Santé | Lu 7335 fois