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InVS : un rapport sur des cas groupés d'infections respiratoires aiguës dans une maison de retraite

Un récent rapport de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) a analysé des cas groupés d'infections respiratoires aiguës ayant eu lieu dans une maison de retraite de Faulx en Meurthe-et-Moselle entre février et mars 2005 et souligne l’importance à accorder à la vaccination antigrippale annuelle et aux mesures préventives d’hygiène à mettre en place au quotidien.


Rappel des faits : le 3 mars 2005, la Drass de Lorraine alertait la Cire Est de onze décès dans une maison de retraite. Quatre malades présentaient des pneumocoques dans leurs crachats. La CRH avait pris les premières mesures et réalisé l'étude des pratiques d'hygiène.

Le 4 mars, la Ddass et la Cire démarraient l'investigation. Les taux d'attaque parmi les résidents et le personnel atteignaient respectivement 50 % et 35 %, la couverture vaccinale contre la grippe 93 % et 31 %. Seul un pensionnaire était vacciné contre le pneumocoque.

Le pic de l'épidémie se situait le 19 février avec une forte participation du personnel au départ (pic le 15). La létalité était de 21 % parmi les résidents. La symptomatologie du personnel était dominée par le syndrome grippal, alors que les résidents présentaient des IRA basses avec fièvre modérée et toux productive. Les souches des pneumocoques analysées différaient toutes et le virus grippal, recherché en fin d'épidémie, restait la seule source commune retrouvée.

Chez le personnel, les taux d'attaque doublaient en fonction du statut vaccinal alors qu'ils ne variaient pas chez les résidents. Par contre, l'efficacité vaccinale pour éviter les décès était démontrée.

Deux hypothèses sont discutées : la présence du virus grippal en début d'épidémie avec surinfection bactérienne des résidents ; la succession de deux épisodes infectieux distincts, le second dû au virus grippal.

Après l'alerte tardive, les mesures de contrôle préconisées dans la « circulaire grippe » de septembre 2004 ont suivi rapidement avec, cependant, des difficultés importantes de mise en application (budget, disponibilité en personnel). Rien ne permet par ailleurs de démontrer ici l'efficacité de l'Oseltamivir (Tamiflu®) précise le rapport.

" Cette étude renforce la conviction de l’importance à accorder à la sensibilisation du personnel soignant quant à sa vaccination antigrippale annuelle et aux mesures préventives d’hygiène qu’il doit mettre en œuvre au quotidien. La qualité de ces dernières reste cependant intimement liée au ratio densité de soins/moyens humains des établissements ", conclut l’InVS.


Publié le Mercredi 4 Janvier 2006 dans la rubrique Maisons de retraite | Lu 2440 fois