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Iatrogénie et personnes âgées : quand un laboratoire se mobilise (partie 1)

Le laboratoire Teva a décidé de se mobiliser pour optimiser l’écoute et l’accompagnement des aînés polymédiqués. Cette implication se concrétise aujourd’hui au travers du programme de prévention Marguerite, qui se matérialise par un Livre Blanc (20 recommandations) et une étude des prescriptions délivrées chez les pharmaciens.


Iatrogénie et personnes âgées : quand un laboratoire se mobilise (partie 1)
L'objectif du programme Marguerite : évaluer les risques iatrogéniques potentiels chez les patients polymédiqués de plus de 65 ans autonomes et vivant à domicile, les mésusages et les effets indésirables induits et identifier les profils de patients à risques.

Comme l’indique Erick Roche, président de Teva Laboratoires : « l’alerte sanitaire du Furosémide a mis à jour le risque de confusion du patient âgé polymédiqué face à ses médicaments. Bien que Teva Laboratoires ait été mis totalement hors de cause, cette crise fut le point de départ du programme de prévention Marguerite qui nous a permis de comprendre et d’agir »...
 
Soigner les personnes âgées nous confronte aux questions de polymédication et de bonne observance. Chaque année l’espérance et la qualité de vie progressent. Les diagnostics et les traitements sont toujours plus précoces et l’accès aux médicaments, quel que soit l’âge et quelle que soit la sévérité des maladies, est désormais acquis. Cependant, ces progrès majeurs ne doivent pas occulter les problèmes associés : la complexité des problèmes d’observance thérapeutique et de iatrogénie chez les personnes âgées polymédiquées.
 
La personne âgée polymédiquée souffre des effets du vieillissement physiologique et de pathologies diverses d’origine cardiaque, rénale, métabolique, ostéo-articulaire, neuropsychique etc. Naturellement, la gravité de ces maux est variable et peut donner lieu à des prescriptions indépendantes les unes des autres (médecin généraliste, spécialiste). Or, cette multiplication de prescriptions engendre une polymédication qui peut induire des risques iatrogéniques...
 
Rappelons que la iatrogénie médicamenteuse désigne les effets indésirables provoqués par les médicaments. Précisons également qu’elle ne recouvre pas seulement la prescription médicale mais aussi l’automédication. Les études, articles et communications traitant de cette question révèlent une réalité préoccupante : un quart des accidents liés aux médicaments concernent les plus de 65 ans !
 
Selon ces mêmes travaux, la polymédication apparaît comme un facteur prédictif de la durée des hospitalisations et de la mortalité. Cependant, il n’existe pas de consensus scientifique sur le seuil à partir duquel la polymédication est avérée, de même, pour les risques permettant de prédire les problèmes liés aux interactions médicamenteuses. Si, face à la polypathologie, la consommation de plusieurs médicaments semble inévitable, les progrès dans la compréhension et la compatibilité des traitements entre eux constituent un véritable enjeu de santé publique.

La iatrogénie en quelques chiffres

- En moyenne, les personnes entre 75 et 84 ans consomment 4 à 5 médicaments différents par jour

- L'utilisation de médicaments inappropriés, souvent liée à la polypathologie, est constatée chez 53,5 % des patients de + de 75 ans

- Les accidents iatrogéniques sont à l’origine de 10% des admissions aux urgences. La polymédication est prédictive de la durée des séjours hospitaliers, des ré-admissions hospitalières et de la mortalité

- 10% des hospitalisations chez les personnes âgées de plus de 70 ans sont imputées aux erreurs dans la prise des médicaments


Publié le Mercredi 24 Juin 2015 dans la rubrique Santé | Lu 1478 fois