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Hypertension : un tiers des plus de 35 ans suit un traitement et 6 millions de malades possèdent un appareil d’automesure

Depuis 2001, le Comité Français de Lutte contre l’Hypertension Artérielle (CFLHTA) mène des enquêtes FLAHS* quasi-annuelles ayant comme objectif d’établir un tableau de bord de l’hypertension artérielle en France, et vise notamment à faire le point sur la prise en charge et le nombre des hypertendus. La dernière en date, qui parait à quelques jours de la Journée nationale de lutte contre l’hypertension (12 décembre 2006), a été réalisée par TNS Healthcare Sofres et montre qu’un tiers des plus de 35 ans prennent un traitement contre l’hypertension.


Mais cette année, le CFLHTA a souhaité aller plus loin que d’obtenir de simples informations épidémiologiques. Il s’est interrogé sur le quotidien des hypertendus -pathologies associées, comportements alimentaires, possession d’un appareil d’automesure, antécédents familiaux.

Selon cette nouvelle étude, il existe ainsi 14,4 millions d’hypertendus en France, dont 7,6 millions suivent un traitement. Seuls 2,3 millions d’hypertendus sont traités et contrôlés en automesure. Un tiers (31%) de la population prend un médicament contre l’hypertension artérielle. 6% des 35-44 ans sont traités et les hypertendus traités atteignent 58% après 75 ans.

L’hypertension artérielle est associée très souvent à une autre maladie : la dyslipidémie (hypercholestérolémie en majorité). Toujours selon FLAHS 2006, un quart (23%) de la population a une dyslipidémie traitée et une personne sur dix (10,6%) de la population prend simultanément des médicaments pour l’hypertension artérielle et la dyslipidémie.

L’Indice de Masse Corporelle (IMC) des hypertendus traités est de 27,3 et celui de la population non traitée est de 25,1 ce qui indique que l’hypertension est particulièrement associée au surpoids et à l’obésité. Rappelons que l’on considère qu’une personne est obèse lorsque son IMC est supérieur ou égal à 30.

Avant 55 ans, l’obésité touche 40% des hypertendus et 12% des personnes non traitées. Chez les personnes âgées de + de 75 ans, 18% des hypertendus traités et 9% de la population non traitée est concernée. Par ailleurs, plus d’un hypertendu sur trois présente une obésité abdominale. Cette dernière résulte de l'accumulation de tissu adipeux autour des organes situés dans l'abdomen. Chez une femme cela correspond à un tour de taille supérieur à 88 cm et chez l’homme à 102 cm. Enfin, précise l’étude, 38% des hypertendus traités ont une obésité abdominale, contre 22% de la population non traitée.

21% des hypertendus traités de moins de 55 ans déclarent aimer manger salé. Mais ils ne sont que 12% chez les non traités. Après 55 ans, l’écart se resserre jusqu’à s’inverser après 75 ans : 2,7% des hypertendus traités mangent salé contre 9,3% des personnes non traitées. Pratiquement la moitié (48 %) des hypertendus traités déclarent avoir un parent, un frère ou une sœur soigné pour de l’hypertension artérielle. Chez la population non traitée, ils ne sont que 18% à présenter des antécédents familiaux. .../...

Chez les hypertendus traités, plus d’un sur trois possède un appareil d’automesure alors qu’ils n’étaient qu’un sur quatre en 2004. A total, ce sont près de six millions de personnes qui sont ainsi équipées d’un appareil d’automesure contre 4 millions uniquement en 2004. Un constat s’impose donc : hypertendus ou non, ils sont de plus en plus nombreux à opter pour cet équipement à domicile. Parmi eux plus de la moitié (53%) privilégie le tensiomètre au bras contre un tiers en 2004. Un personne sur cinq (19%) de la population des sujets âgés de plus de 35 ans possèdent un appareil d’automesure et plus d’un tiers (36%) des hypertendus traités possèdent un tensiomètre contre 11% chez les personnes non traitées.

La très forte augmentation sur la période 2004-2006 du nombre des auto-tensiomètres possédés par les hypertendus suggère que les nouvelles recommandations de l’HAS et les campagnes menées sur le thème de l’automesure ont eu un impact sur l’utilisation de cette technique en France.

15% des 35-44 ans utilisent le tensiomètre régulièrement (au moins une fois par mois) contre près d’une personne sur trois après 75 ans. Avant la visite médicale, aucune personne de 35-44 ans ne prend sa tension artérielle, et seul 4% le font après 75 ans.

Un hypertendu sur cinq affirme que l’hypertension artérielle a des répercussions dans sa vie quotidienne et 21% des hypertendus estiment que l’hypertension artérielle a un impact important dans leur vie. 90% de leur famille, 37% de leurs amis et 10% de leurs collègues de travail connaissent leurs traitements : des données presque similaires aux données concernant la dyslipidémie.

*FLAHS 2006 : étude menée sur un échantillon de 3.389 individus âgés de plus de 35 ans, vivant en France métropolitaine.

le kit de suivi proposé par le CFLHTA

Un kit de suivi proposé par le CFLHTA

Votre pression artérielle systolique varie entre 13 et 14 ? Vous êtes un homme de plus 45 ans ou une femme de plus de 50 ans ? Vos parents sont hypertendus ? Vous avez récemment pris du poids ? Vous êtes plutôt sédentaire ? Vous aimez manger salé ?...

En quelques clics, il sera désormais possible de connaître ses prédispositions à l’hypertension sur le site Internet du CFLHTA, www.comitehta.org.

Les 1.000 premiers participants potentiellement à risque pourront pendant un an suivre des recommandations peu contraignantes et qui ont montré leur efficacité sur la baisse de la pression artérielle :
- une perte de poids de 3 à 4 kg sur 18 mois fait baisser la pression artérielle systolique de 6 mmHg en moyenne et réduit de près de 46% le risque de devenir hypertendu.
- pratiquer une activité physique régulière (20 minutes et 3 fois par semaine) réduit en moyenne de 4mmHg la pression artérielle systolique.
- diminuer sa consommation d’alcool à des niveaux raisonnables –2 verres de vin par jour maximum- réduit la pression artérielle systolique de 4mmHg en moyenne.

Le suivi consistera à prendre sa pression artérielle, à se peser et à mesurer son tour de taille trois fois dans l’année. Chacun pourra enregistrer ses données sur Internet et visualiser les progrès réalisés pour sa santé sur un espace qui lui sera dédié.

Un kit gratuit offert aux inscrits
Les participants au programme recevront un appareil d’automesure pour connaître leur pression artérielle, un mètre ruban pour mesurer leur tour de taille, une fiche de suivi et des brochures d’informations sur la prévention et le traitement de l’HTA.

Pourquoi l’automesure ?

Plus de 4 millions de sujets, hypertendus ou non, possèdent un appareil d’automesure de la pression artérielle ! Si cette idée fait son chemin… De nombreux efforts restent encore à faire.

Pour élaborer un relevé fiable avant la visite chez le médecin, il est indispensable de relever quotidiennement sa pression artérielle à domicile grâce à un appareil d’automesure et selon des règles strictes. Ceci permet d’effectuer des mesures de la tension dans les meilleures conditions de repos du système cardio-vasculaire.

La règle des 3 ou comment bien utiliser son appareil d’auto-mesure ?
L’hypertension artérielle permanente est définie lorsque la pression artérielle est à plusieurs reprises supérieure à 140 mmHg (systole) pour la pression maximale ou supérieure à 90mmHg (diastole) pour la pression minimale. Multiplier les mesures permet de mieux évaluer le niveau de tension au repos.

Il est donc conseillé d’effectuer :
- 3 mesures consécutives, le matin entre le lever et le petit déjeuner à quelques minutes d’intervalles
- 3 mesures consécutives le soir, entre le dîner et le coucher, à quelques minutes d’intervalles
- 3 jours de suite


Publié le Mercredi 29 Novembre 2006 dans la rubrique Santé | Lu 7280 fois