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Hypertension artérielle : dépister précocémment pour mieux soigner

L'hypertension artérielle (HTA) touche près d'un adulte sur trois en France. Sans traitement adapté, elle peut provoquer des maladies cardio-vasculaires graves pouvant aller jusqu'au décès. Aujourd'hui, l'hypertension reste trop souvent sous-diagnostiquée et, pour beaucoup de patients pris en charge, la pression artérielle reste mal contrôlée.


En France, environ 14 millions de personnes ont une hypertension artérielle. Cette affection peut avoir des conséquences graves, notamment cardio-vasculaires : infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, anévrisme, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale et démence.
 
Si un traitement adapté peut permettre de réduire significativement ces risques, des progrès doivent encore être réalisés aussi bien concernant le dépistage précoce que le suivi. En effet, un hypertendu adulte sur deux ignore souffrir de cette maladie et 50% des hypertendus traités ont toujours une pression artérielle mal contrôlée (traitement mal suivi, trop intense ou mal adapté).
 
L'hypertension artérielle est une maladie silencieuse qui ne présente généralement pas de symptômes. Pour la dépister le plus précocement possible, et éviter ainsi l'apparition de conséquences souvent irréversibles, le médecin traitant est en première ligne. En contact régulier avec ses patients, il doit régulièrement mesurer leur pression artérielle quel que soit le motif de la consultation. Les autres professionnels de santé en contact fréquent avec une population adulte (autres spécialistes, médecins de santé au travail, pharmaciens, infirmiers) doivent aussi être encouragés à adopter ce réflexe. Après la découverte d'une pression artérielle élevée et persistante dans le temps, le diagnostic est à confirmer par une mesure en dehors du cabinet médical, au domicile, par le patient lui-même grâce à un dispositif d'automesure ou avec l'aide de professionnels en ambulatoire (MAPA)*.
 
L'objectif de la prise en charge de l'hypertension est de réduire le risque cardiovasculaire ce qui passe pour la plupart des patients par une réduction de pression artérielle à moins de 140/90 mmHg (<150 mmHg chez la personne de plus de 80 ans) dans un délai de 6 mois. A cet effet, dès la confirmation du diagnostic, l'instauration de mesures hygiéno-diététiques est essentielle. Elles sont un moyen efficace pour agir sur la pression artérielle car certains facteurs de risque d'hypertension sont liés au mode de vie. Le patient doit être incité à l'arrêt du tabac qui réduit directement le risque cardiovasculaire, à la perte de poids en cas de surpoids, à la diminution de la consommation de sel et d'alcool et à la pratique d'un exercice physique. Ces mesures sont à rappeler régulièrement tout au long du suivi.
 
Après l'instauration des mesures hygiéno-diététiques, le recours à un (ou plusieurs) médicament sera évalué en fonction du profil de patient et de la sévérité de son hypertension. Le cas échéant, le traitement médicamenteux prescrit devra être le moins contraignant possible pour favoriser l'adhésion du patient : proposer une seule prise par jour, privilégier des comprimés associant plusieurs molécules (associations fixes) lorsqu'une bithérapie est nécessaire et s'assurer que le traitement est bien toléré.
 
Le traitement de l'hypertension est le plus souvent à suivre au quotidien et à vie. Souvent vécu comme contraignant, il est parfois mal suivi par les patients. C'est pourquoi, lors du démarrage de la prise en charge, un temps doit être dédié par le médecin traitant à l'explication des risques de l'HTA et des objectifs du traitement. Il s'agit de favoriser l'implication du patient. Lors du suivi, outre la mesure de la tension, il conviendra d'aménager avec lui un temps de discussion et d'échange. A cette occasion, le médecin pourra s'assurer du bon suivi du traitement, aussi bien médicamenteux qu'hygiéno-diététique. Son objectif sera de rechercher d'éventuels facteurs de résistance et d'identifier les difficultés rencontrées par le patient pour lui proposer des solutions adaptées.

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Publié le Jeudi 27 Octobre 2016 dans la rubrique Santé | Lu 1535 fois