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Hormones de croissance : elles ne prolongent pas la longévité (étude)

Une récente étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Stanford (Californie) indique que les hormones de croissance ne seraient pas « source de jeunesse éternelle » et qu’elles pourraient même faire plus de mal que de bien : douleurs articulaires ou encore tendance à une augmentation du diabète.


Cette grande étude réalisée par le docteur Hau Liu (endocrinologue) et ses collègues, estiment qu’il n’y a pas de raison de prescrire ces hormones synthétiques aux personnes âgées.

Selon Hau Liu « il n’existe pas de données qui permettent de confirmer que la prescription d’hormones de croissance à une personne en bonne santé puisse prolonger son existence ». « Vous payez cher pour un traitement qui a peu d’effets, voire pas du tout. En revanche, précise-t-il, nous pensons qu’il y a des risques importants d’effets secondaires ».

Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe de Hau Liu a analysé une trentaine d’études médicales réalisées dans le monde (sur environ 500 patients pour la plupart âgés) de manière à pouvoir mesurer spécifiquement les effets des hormones de croissance sur le vieillissement. « Ces études cliniques ont été conçues pour calculer les effets de ces hormones sur des seniors en bonne santé, notamment sur la densité osseuse ou encore sur l'accroissement des capacités physiques ». Les scientifiques ont constaté de légères améliorations au niveau de l’augmentation de la masse musculaire et sur la diminution des graisses, mais rien d’important sur « la densité osseuse, le niveau du cholestérol et des lipides dans le sang ou encore les capacité respiratoires ».

Et les chercheurs de conclure : « sur la base des preuves disponibles, nous ne pouvons pas recommander les hormones de croissance comme traitement anti-âge chez les personnes âgées en bonne santé ». .../...
Hormones de croissance : elles ne prolongent pas la longévité (étude)

Il faut dire qu’aux Etats-Unis, ces hormones de croissance sont très populaires. Dans le domaine de l’anti-âge, elles représentent un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros. De 20 à 30.000 Américains en ont pris en 2004 pour tenter de ralentir le vieillissement. Pour un coût mensuel d’environ 1.000 dollars, soit 770 euros.

Pourtant, la commercialisation de ces produits n’est pas légale, mais on trouve partout dans les livres, les magazines et sur Internet, des publicités vantant les mérites de ces hormones dont « les effets positifs seraient corroborés par des milliers d’études réalisées sur des milliers de patients ». « Le fait est que ce n’est pas vrai » estime le docteur Jay Olshansky de l’Université de l’Illinois, qui ne participait pas à l’étude de l’équipe du docteur Liu.

Rappelons que les traitement à base d’hormones de croissance sont généralement réservés aux personnes ayant des problèmes de… croissance. Chez les adultes, ils peuvent également être utilisés dans le traitement du syndrome de perte de poids chez les personnes ayant développé le SIDA.

Cette hormone, à la base secrétée par l'hypophyse est fabriquée synthétiquement pour les traitements médicaux. Naturellement, sa production est la plus élevée durant l'enfance et l'adolescence avant de plafonner vers 30 ans et de diminuer avec l'âge. Un homme de 60 ans en produit quatre fois moins qu’un jeune de 20 ans. La baisse du taux de cette hormone est associée aux premiers signes de vieillissement : apparition de cheveux gris ou rides autour des yeux.

Le Dr Hau espère que ces résultats permettront de sensibiliser les personnes âgées quant à l’utilisation de tels produits.


Publié le Vendredi 26 Janvier 2007 dans la rubrique Santé | Lu 7067 fois