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Horloge biologique : un papa âgé augmente les risques de problèmes génétiques chez l’enfant

Une récente étude américaine réalisée par l’Université de Berkeley en Californie, dont les résultats viennent de paraître dans la revue spécialisée Proceedings of the National Academy of Sciences, montre que les hommes qui ont un enfant sur le tard, augmentent les risques de malformation et de maladies génétiques chez le nouveau né.


Les couples qui ont leur premier enfant passés les 35 ans sont chaque année plus nombreux. Les études sont plus longues, les femmes –légitimement- veulent mener à bien leur carrière, les prix de l’immobilier augmentent et les surfaces rétrécissent, etc. Sans oublier que nous vivons plus longtemps, mais aussi en meilleure santé. Bref, les raisons sont nombreuses et variées pour retarder l’arrivée du bébé !

Jusqu’à maintenant, seules les femmes étaient sujettes à une véritable horloge biologique. A partir d'un certain âge, en effet, les mamans courent plus de risques d’être victime d’une fausse couche ou d’avoir des enfants présentant certaines anomalies génétiques comme par exemple, la trisomie 21.

Pour les papas en revanche, rien ne les a jamais empêché d'avoir une descendance jusqu'à un âge très avancé (Yves Montand père à 67 ans ou Charlie Chaplin à plus de 70 ans). Or, une récente étude américaine réalisée sur 97 hommes sains, fertiles, non fumeurs, âgés de 22 à 80 ans semble montrer que les hommes, eux aussi, possèdent un véritable chronomètre naturel en matière de reproduction. .../...
Horloge biologique : un papa âgé augmente les risques de problèmes génétiques chez l’enfant

En effet, selon ces scientifiques américains, plus les hommes conçoivent un bébé à un âge avancé, plus l’enfant risque de développer certaines anomalies génétiques. On savait déjà qu’en vieillissant, la qualité du sperme se dégradait (moins de spermatozoïdes ainsi qu’une mobilité de ces derniers, affectée avec les années), mais ces chercheurs californiens ajoutent qu’en plus de cette dégradation, ils ont remarqué une augmentation de la fragmentation ADN du sperme au fur et à mesure de l’avancée en âge de ces messieurs.

Cette mutation génétique serait responsable d’une augmentation du risque de difformité, de cas de nanisme ou maladies génétiques chez les enfants de ces papas âgés. Par contre, aucun lien n’a pu être trouvé entre l’âge du père et l’augmentation de la trisomie.

Ainsi, comme le soulignent les auteurs de cette nouvelle étude, les hommes aussi possèdent leur horloge biologique, « seulement elle est différente de celle des femmes » précise Brenda Eskenazi, en charge de cette étude à l’Université de Californie. « Ils semblent connaître un changement graduel plutôt qu’abrupte de leur fertilité et de leur capacité à produire une descendance viable et en bonne santé ».

Andrew Wyrobek, co-auteur de cette étude, souligne de son côté que lorsqu’un homme retarde le moment de faire un enfant, il risque non seulement « d’avoir des difficultés à procréer, mais augmente également le risque d’avoir un bébé souffrant des problèmes génétiques ».

Avec les changements économiques et sociétaux que connaît actuellement le monde occidental, voici une nouvelle qui ne devrait pas ravir un bon nombre de couples de quadragénaires qui attendaient le plus longtemps possible avant d’avoir leur premier enfant.

Comme le disait l’écrivain Romain Gary il y a déjà une trentaine d'années, attention messieurs, « Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable ».


Publié le Jeudi 8 Juin 2006 dans la rubrique Santé | Lu 7785 fois