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Hong-Kong – ' Victoria ' de Dulcinéa Langfelder : un pied de nez à la vieillesse


A l’occasion des trois représentations de la chorégraphe Dulcinéa Langfelder à Hong Kong du 2 au 4 juin, le Straits times présente le dernier spectacle de cette actrice multi-facettes intitulé « Victoria » dans un article paru le 15 juin.

Spectacle éponyme, Victoria, mis en scène en 1999 d’après l’œuvre de Charles Fariala, connaît le même succès partout dans le monde. La chorégraphe a intégré à son œuvre des éléments en français, en anglais, en espagnol, en italien et en chinois et jongle entre le théâtre, la danse, les jeux d’ombres et de lumière, l’image et la chanson pour incarner son héroïne.

Victoria, 90 ans, est clouée dans un fauteuil roulant. Hospitalisée, elle perd la mémoire. Ses souvenirs jaillissent de sa tête sans qu’elle soit vraiment capable de les contrôler. Sa vie s’enfuie à pas de géant mais cela ne l’empêche pas de profiter des derniers instants avec la fougue d’une jeunette, sans le moindre soupçon de pathos.

Bien que le sujet se prête aisément au registre pathétique de la maladie, de la mort et de l’angoisse existentielle qui frappe tout à chacun, l’auteur a pris le parti de présenter certes un spectacle sur la vieillesse mais sans la moindre allusion morbide, -aussi ne prononce-t-on jamais le fameux mot en A (Alzheimer).

Toute la difficulté revient à être crédible sans tomber dans le stéréotype, reconnaît l’interprète. Elle avoue ne pas savoir « ce qui fonctionne dans le spectacle mais une chose est sûre, ça marche. » Et d’ajouter : « Je pense que c’est parce que je joue Victoria en me mettant à sa place. Je ne la regarde pas de loin. »

Grâce à ce spectacle -rédigé dans un premier temps en français, puis traduit en anglais, en espagnol et en italien- Dulcinéa Langfelder défend un style qui lui est propre, cet humour au « féminin » qui confère à la pièce toute sa profondeur.


Publié le Lundi 28 Juin 2004 dans la rubrique Culture | Lu 1129 fois