Sommaire
Senior Actu

Hello Goodbye : changer de vie à 50 ans passés (film)

Le film Hello Good-Bye du réalisateur Graham Guit sort sur les écrans aujourd’hui avec un couple de choc : Fanny Ardant et Gérard Depardieu... Quand deux quinquagénaires qui vivent dans l’opulence à Paris décident de tout plaquer pour aller vivre définitivement en Israël pour y retrouver leurs origines juives. Il n’y a pas d’âge pour avoir de nouveaux rêves, de nouveaux sentiments et de nouveaux problèmes… Une comédie qui permet de retrouver sur grand écran le duo inoubliable de la Femme d’à côté de François Truffaut.


A cinquante ans passés, Alain et Gisèle ont tout pour mener la belle vie à Paris : réussite professionnelle, amis, aisance financière, bel appartement dans le 16ème.

Pourtant après le mariage de son fils, alors qu'elle pourrait enfin profiter de sa cinquantaine éclatante, Gisèle n'est pas décidée à se poser, bien au contraire...

Par amour, par envie de vivre, elle va se lancer dans la plus grande aventure de sa vie ; à la poursuite d’un bonheur qu’elle ne veut pas voir s’user, elle entame une quête spirituelle qui va la mener jusqu’en Terre sainte. Il n’y a pas d’âge pour avoir de nouveaux rêves, de nouveaux sentiments et de nouveaux problèmes…

Dans cette comédie haute en couleur, un couple de légende du cinéma – Fanny Ardant et Gérard Depardieu – nous entraîne dans les trépidantes aventures de deux époux au tournant de leur vie. De la tendresse aux règlements de comptes, des espoirs à la réalité, du confort aux situations surréalistes, ils ont encore beaucoup à vivre avant de découvrir leur véritable Terre promise…
Hello Goodbye

Notes de production : tout quitter pour rester vivant

Hello Goodbye : changer de vie à 50 ans passés (film)
Graham Guit, réalisateur et coscénariste, raconte : « Qui n’a jamais eu envie de tout quitter, de recommencer à zéro ? Alors que tout le monde reste au stade du rêve, un couple qui a tout se lance pour de bon dans l’aventure. Pour eux, c’est une remise en cause absolue. Pour le spectateur, c’est une fable jubilatoire. Ils vont tout endurer, mais vont aussi se sentir plus vivants que jamais. »

« L’idée du film est née d’une réflexion personnelle sur ma propre vie. Je me suis posé la même question que les personnages. A un certain âge, faut-il remettre sa vie en question ? C’est une réflexion que nombre de gens abordent. Parallèlement à cette démarche, ma femme m’a parlé d’une chronique écrite par un homme qui avait fait son alyah, sa « montée » en Israël. L’idée de base du film est née de la rencontre de ces deux cheminements. L’histoire s’est peu à peu assemblée en moi avec deux objectifs : comment faire vivre une histoire d’amour et comment vivre son identité juive, sans être en porte-à-faux avec le monde dans lequel on vit ? »

Michael Lellouche, coscénariste : « Lorsque Graham m’a parlé de ce témoignage d’un Français parti s’installer en Israël, j’ai tout de suite senti l’énorme potentiel de comédie. C’était un sujet passionnant, inédit au cinéma, que nous avons souhaité rendre universel. Nous suivons un couple qui démarre une nouvelle phase de son existence. Après le départ de leur fils, ils se retrouvent face à eux-mêmes. Ils doivent trouver ou retrouver leur équilibre. Ils vont tenter de se réapproprier leur vie et cela passe aussi par une exploration de leurs racines. Pour eux, la question de refaire sa vie se pose alors de manière encore plus aiguë. Est-ce possible et surtout, est-ce possible avec les mêmes personnes ? Peut-on réinventer son existence sans trahir ce que l’on est ? Le coeur du film est là. »

Graham Guit : « Beaucoup des situations que nous avons imaginées se sont révélées assez proches de la réalité. Nous sommes également partis de ce témoignage qu’était le livre. Quand nous imaginions une situation, nous essayions de voir si elle pouvait réellement se produire, et ensuite, nous croisions nos deux regards de coscénaristes. Nos vécus étant complémentaires, Michael et moi avons nourri nos réflexions par nos réactions différentes. »

Michael Lellouche : « Nous nous sommes documentés sur les motivations de gens partis à l’étranger, et pas uniquement en Israël. Nous avons rencontré des personnes qui avaient connu ces situations. Nous avons accumulé ces témoignages, ces parcours et ces états d’esprit, pour y puiser l’inspiration. Je crois que le film présente des regards différents sur Israël et sur les personnages tels qu’ils se ressentent en tant qu’héritiers de la tradition juive. Nous ne voulions pas faire un film stéréotypé qui ne concernerait que ceux qui ont envisagé ou accompli une alyah. »

Fabio Conversi, producteur délégué : « Le projet m’a immédiatement enthousiasmé. Il y avait bien sûr l’aspect comédie de l’histoire, très efficace, mais on sentait aussi une dimension d’émotion supplémentaire. Lorsque j’ai rencontré Graham et Michael, nous nous sommes découvert de nombreux goûts communs. En discutant, nous nous sommes aperçus que nous partagions une certaine vision de la vie. Au cinéma, cela se retrouve notamment dans l’attachement que nous portons aux grandes comédies italiennes des années soixante. Nous aimons ce mélange de grands sentiments traités sans emphase, avec un côté dérisoire. Je retrouvais cette approche dans le projet. L’histoire de ce couple trouve un véritable écho en moi. Je suis persuadé que nous sommes tous pareils. Nos vies sont faites d’espoir, de grandeur, d’idéaux, sans cesse contrariés par nos propres faiblesses et ce que la vie nous inflige. En rire est le meilleur moyen d’en parler. L’histoire parle de l’amour et de ses difficultés. Le ton employé pour évoquer les approches de cet homme et de cette femme était juste. Ils avaient quelque chose de touchant dans leur refus de se contenter du quotidien et de leurs acquis. »

Michael Lellouche : « Le mari et la femme ont deux points de vue diamétralement opposés. Elle n’est pas juive mais s’est convertie il y a vingt-cinq ans, pour faire plaisir à ses beaux-parents. Assez peu matérialiste, elle n’a pas hésité à abandonner sa carrière pour élever son fils. Maintenant qu’il est parti vivre sa vie, ses aspirations sont plus spirituelles et elle a envie de découvrir cette culture, pour mieux se trouver elle-même. La quête d’un nouveau pays est pour elle une aventure, une chance. Alors que son mari, juif ashkénaze qui n’a aucune connaissance de la religion, accorde beaucoup d’importance au statut que son travail dans une clinique lui a permis d’atteindre. Il n’a pas envie de perdre son niveau de vie ! Aussi différents soient-ils, ils s’aiment et lui est prêt à tout mettre en péril pour ne pas perdre sa femme. Et il va accepter de la suivre au bout du monde. »

Graham Guit : « A la base, Gisèle a une dimension spirituelle plus développée que son mari. Ayant déjà fait un premier pas en se convertissant, elle se pose peut-être davantage de questions. Cet élément paradoxal – le fait que ce soit elle, assimilée, qui éprouve ce désir de partir – est intéressant pour le spectateur. Nous n’avons jamais souhaité faire un film judéo-centriste car nous souhaitons qu’il s’adresse au plus grand nombre et que chacun puisse, d’une manière ou d’une autre, s’identifier. Comme le disait Marcel Pagnol, « Plus on est spécifique, plus on devient universel ». L'aventure de ce couple est celle de gens qui atteignent une limite et qui ont le courage de la franchir, de se donner une nouvelle chance de vivre, de tout recommencer à zéro. Cela peut arriver à n'importe qui et à n'importe quel âge. »

Graham Guit : « Nous avons développé le scénario sur une durée d’un an. C’est au milieu de l’écriture que nous avons pensé à Gérard et Fanny. J’admire le talent et la personnalité de Gérard Depardieu. C’est un acteur exceptionnel, unique. J’ai déjà eu la chance de faire un film avec lui et je sais tout ce qu’il donne, aussi bien au rôle qu’au film. Dès que nous l’avons envisagé, nous n’avons plus été capables d’imaginer quelqu’un d’autre dans ce rôle. Il apporte à la fois émotion, force et fragilité. Il offre aussi cette formidable capacité d’autodérision qui ajoute une note de comédie italienne. Il n’a jamais peur de jouer et son talent pour la comédie est immense. Comme les grands héros du comique, Alain, son personnage, est faible, ne prend pas de décision. Il se contente de suivre, de subir. Pourtant, même s’il chancelle sous les coups du destin, il continue à avancer. »

Graham Guit : « La première scène que Fanny et Gérard ont tournée se passe dans le désert. Il dit qu’il y a des semaines qu’ils n’avaient pas fait l’amour comme la veille et elle réplique que cela faisait huit mois. On est immédiatement au coeur du film. Leur complicité, leur amitié, se perçoit et je me suis appuyé dessus. Ils se sentent bien ensemble et cela rejaillit sur le film. En les réunissant, nous avons pensé que leur couple dans Hello Goodbye prolongeait – en moins tragique ! – celui qu’ils avaient précédemment formé pour La femme d’à côté. Les réunir à nouveau était en plus un cadeau pour le fan de Truffaut que je suis. Voir jouer ensemble ces comédiens extraordinaires qui partagent tout un vécu, les voir incarner mes personnages, m’a procuré une immense émotion. On est au cinéma, mais avec quelque chose de tellement vrai... Leur complicité se manifestait d’abord dans le respect qu'ils se témoignent l’un à l’autre et dans l’espace vital qu'ils se laissent. »

Entretien avec Fanny Ardant interprète de Gisèle

Hello Goodbye : changer de vie à 50 ans passés (film)
Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer à ce projet ?
J’ai tout de suite été séduite par le scénario. Je trouve qu’il réussit à parler de choses graves avec légèreté. Il m’a touchée.

Dès le départ, il y avait un ton, un rythme. En tant qu’actrice, j’ai aussi besoin d’aimer la femme que j’interprète et j’ai immédiatement aimé Gisèle, son mélange de fantaisie et de spiritualité. C’est une amoureuse qui veut avant tout sauver son couple.

A travers l’histoire du couple se dessine celle de deux êtres…
L’histoire d’un couple est celle d’un chef-d’oeuvre. Rien n’est jamais gagné d’avance. Au fil des années, il faut trouver les moyens de l’amener à bon port. C’est une quête, une odyssée, un parcours semé d’embûches, d’espoirs et de bonheurs, comme lorsqu’ils s’installent en Terre sainte et réinventent leur couple. J’aime les rôles déterminés par un caractère plus que par une identité sociale, un métier ou une nationalité. J’aimais mon personnage, son courage, son énergie, sa liberté d’esprit et la façon qu’elle a de suivre un rêve. C’est une idéaliste affective. Dans la vraie vie, j’aurais aimé être une telle femme. Elle est de ceux qui font avancer le monde.

A son âge, malgré le confort, elle a la force de tout recommencer. Elle ne le fait pas par caprice mais parce qu’elle ne veut pas se contenter de vieillir tranquillement. Elle veut vivre, elle veut aimer et pour cela, elle est prête à se mettre en danger. Elle a eu des bonheurs de femme, elle a élevé son fils, mais elle a fait le tour de tout cela. La suite de sa vie passe par une vraie prise de risque.

Comment avez-vous approché votre personnage, Gisèle ?
Je construis mes rôles de façon très pragmatique, scène par scène, en faisant confiance à l’histoire. J’ai toujours pensé qu’à trop construire un personnage, on arrive bardé de certitudes alors qu’il faut rester ouvert au regard du partenaire ou à une indication du metteur en scène.

Dès que l’on accepte un rôle, quelque chose s’ouvre en nous et un processus débute presque à notre insu. C’est pour cela que j’apprécie un metteur en scène qui vous regarde et vous nourrit. Je crois beaucoup à l’instinct, je fais confiance à ce qui se passe, dans la scène, en soi, dans les regards et dans l’atmosphère des lieux.

L’ordre dans lequel nous avons tourné m’a aussi aidée à approcher Gisèle. Nous avons commencé par les scènes situées en fin de film et j’avais ainsi une longueur d’avance. Je savais pourquoi elle se battait. J’ai toujours perçu Gisèle comme quelqu’un de doux, de sereinement déterminé. Ce n’est ni une pétroleuse ni une révolutionnaire avec couteau entre les dents !

Gisèle est également une femme un peu perdue entre tous les hommes de sa vie, son mari, son fils qui vient de partir, et même ce rabbin pour qui elle éprouve des sentiments troublants. Je ne connaissais pas le comédien qui incarnait le rôle, mais il est beaucoup plus séduisant que l’image que l’on se fait habituellement de la fonction. C’est un peu comme lorsque l’on songe à Léon Morin, Prêtre et que l’on voit arriver Jean-Paul Belmondo ! Mais le film se déroule en Israël et tout est possible !

Vous retrouvez Gérard Depardieu devant la caméra. Graham Guit dit que vos personnages dans ce film pourraient être le prolongement de ceux que vous incarniez dans La femme d’à côté…
Au début, j’ignorais que Gérard Depardieu interprèterait le rôle de mon mari et pourtant, j’ai pensé à lui. Je sais qu’il peut tout jouer. Il offre une telle humanité, une telle richesse intérieure, une telle drôlerie et une telle miséricorde envers les êtres qu’avec un tel homme, on peut se retrouver dans une chambre avec deux lits bancals et une table de fortune dans un pays dont on ne comprend même pas la langue !

Si on me demandait avec qui je choisirais de me retrouver pour traverser une épreuve, comme un détournement d’avion par exemple, c’est lui que je nommerais ! Je saurais quoi lui dire et il m’écouterait et me répondrait. En plus, dans cette histoire, il s’agit de couper les amarres, de partir vers la Terre sainte, et Gérard a quelque chose d’un marin. Pour former le couple du film, il fallait quelqu’un que je connaisse déjà et avec qui je fonctionne parfaitement. Gérard et moi avons déjà beaucoup joué ensemble et cela servait nos personnages. Dans le rire, dans la douleur, dans la vie commune, nous nous connaissions. L’itinéraire était d’autant plus complet que depuis La femme d’à côté, nous nous étions retrouvés pour Le colonel Chabert qui avait par bien des aspects, marqué une autre étape essentielle dans les couples que nous incarnons au cinéma.

Vous retrouver tous les dix ans est une expérience étonnante. Qu’est-ce qui évolue dans votre jeu ?
Nous ne nous sommes jamais perdus de vue. Nous avons entretemps joué au théâtre « La bête dans la jungle » de Marguerite Duras. Pour moi, la conversation avec Gérard est ininterrompue. Il est un des rares acteurs à vous faire oublier la caméra. On n’a pas l’impression de jouer, de se mettre dans les marques et de lire ses lignes. C’est au-delà. Il peut me faire rire ou m’émouvoir. Je savais qu’avec lui, je me sentirais libre. Avec un grand acteur, avec Gérard comme avec Vittorio Gassman ou Jean-Louis Trintignant, tout à coup, quelque chose se produit et tout le reste du plateau disparaît ! Tout passe toujours par le regard. Alors, seuls comptent les rapports entre nous.

Après les expériences fortes que nous avons partagées avec Gérard, la puissance avec laquelle nous vivons celle de ce film s’en trouve encore démultipliée. Au cinéma, on est toujours dans l’urgence, dans les idées essentielles. Cette intensification de la vie fait que l’alchimie entre les gens est immédiate ou ne se produit pas. C’est la rencontre de deux vraies humanités.

Qu’est-ce qui vous a rendue la plus heureuse sur ce tournage ? Que vous en reste-t-il ?
Il me reste quelque chose de Gisèle, mais il est très difficile de formuler d’une façon précise l’influence des rôles qu’on joue. Il reste toujours quelque chose des rôles qu’on a aimés – une bribe, un état d’âme. De Gisèle, il me reste cette idée de pouvoir repartir à zéro alors qu’auparavant cela me semblait romanesque. Ce personnage m’a permis d’approcher concrètement cette idée. Je crois que le film fera cet effet-là à beaucoup. Le tout est de savoir avec qui on réinvente sa vie. Moi, sur ce film, à travers Gisèle, j’étais très bien entourée !

Hello Goodbye
Inspiré du livre de Moshe Gaash paru aux éditions Points
un film de Graham Guit
avec Fanny Ardant, Gérard Depardieu, Jean Benguigui

Sortie nationale le 26 novembre


Publié le Mercredi 26 Novembre 2008 dans la rubrique Culture | Lu 6010 fois