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Habitation senior : impliquer les aînés dans la conception et la gestion des projets résidentiels

Partant du principe que le maintien et l’amélioration de la qualité de vie des seniors a de meilleures chances de réussite si ce sont les aînés eux-mêmes qui participent à la gestion et à l’animation de leur lieu de vie, la Société d'habitation du Québec (SHQ) a récemment publié un rapport de recherche intitulé « La participation des aînés à la conception et à la gestion des projets résidentiels au Québec ».


Il est reconnu que le milieu de vie, en particulier le cadre résidentiel, joue un rôle primordial dans le maintien et l'amélioration de la qualité de vie des personnes âgées, indique en préambule le communiqué de la Société d’habitation du Québec (SHQ).

Cette grande étude a donc été réalisée « dans le but de repérer et de décrire un certain nombre de projets résidentiels destinés aux aînés ayant pour caractéristique de favoriser l’autonomie et la responsabilisation des résidants dans la gestion de leur habitat ».

L’objectif principal du projet a été de caractériser, dans le contexte québécois, certaines formules d’habitation innovatrices (du point de vue des formes juridiques de propriété), de préciser à quels types de clientèles elles s’adressent et quelles sortes d’aménagement physique et de services elles proposent. L’étude a plus particulièrement montré comment ces projets favorisaient la participation des aînés dans la gestion et l’animation de leur milieu de vie.

À partir d'écrits sur le sujet jugés « pertinents », un certain nombre d'options apparues depuis une vingtaine d’années sur le marché de l’habitation pour les aînés ont été étudiées. Parmi ces options, définies surtout selon le type d'aménagement, l'offre de services et certaines implications en termes de sociabilité, un choix a été fait en regard des objectifs de la recherche.

« C'est ainsi qu'il est apparu conséquent de nous pencher plus spécifiquement sur les options qui ont en commun d'être conçues pour des personnes jouissant d'une autonomie relativement grande, c’est-à-dire : la collectivité de retraite ; la zone résidentielle à faible densité axée sur les loisirs ; l'habitation avec services de soutien » indiquent les auteurs.

Avec l'aide de spécialistes de l'habitation œuvrant dans l'ensemble des régions du Québec, une liste de projets a été constituée, et parmi ces derniers, 13 ont été plus particulièrement analysés. Ces projets types sont brièvement décrits et analysés selon cinq catégories correspondant aux formules juridiques retenues : l'organisme à but non lucratif (OBNL), la coopérative à but non lucratif, la coopérative à capitalisation, la location viagère et la copropriété divise (voir ci-dessous). …/…
Habitation senior : impliquer les aînés dans la conception et la gestion des projets résidentiels

La résidence gérée par un organisme à but non lucratif (OBNL)

Les cinq projets-types présentés dans cette catégorie proposent une gamme étendue de services et une grande diversité d’activités socioculturelles et récréatives. On note également une collaboration étroite entre ces ensembles d’habitation et les organismes communautaires du milieu, dont certains logent sur place, indique la SHQ.

Cette association favorise le maintien et le développement de l’autonomie des aînés, par le côtoiement d’intervenants, de bénévoles, de stagiaires ou d’aînés de la communauté. De plus, les aînés participent à la prise de décision et à l’animation de leur milieu de vie par leur présence au conseil d’administration de même que dans des comités chargés de l’organisation, d’activités socioculturelles et de loisirs.

La coopérative d’habitation à but non lucratif

En général, les projets de coopératives d’habitation sont conçus pour des aînés autonomes, désireux et capables de gérer collectivement leur milieu de vie. Les résidants de ces projets participent aux assemblées générales et aux différents comités de travail.

Dans les coopératives d’habitation à but non lucratif examinées, on note la dominance de relations de sociabilité et d’entraide entre les résidants qui manifestent un fort sentiment d’appartenance et un attachement à la vie communautaire.

La coopérative à capitalisation

Les deux projets de cette catégorie constituent une forme particulière de coopérative à capitalisation : la coopérative à droit superficiaire. Cette forme se distingue par le fait que la coopérative est propriétaire du terrain et qu’elle cède à un membre le droit de construire un immeuble dont il sera propriétaire exclusif.

Au moment de la revente de sa propriété, le vendeur peut réaliser un bénéfice. Le niveau d’engagement des membres dans ces projets paraît identique à ce que l’on peut observer dans des copropriétés de niveau socioéconomique semblable. La coopérative à droit superficiaire se différencie toutefois de la copropriété en offrant aux membres une meilleure assurance de stabilité quant aux orientations communes et à la composition du bassin de membres, plus particulièrement du point de vue de l’âge.

Le bail viager

Cette formule permet d’acquérir, moyennant une mise de fonds, un droit d’usufruit garantissant à son détenteur l’usage exclusif de l’unité d’habitation concernée et l’accès aux espaces communs de l’ensemble résidentiel où elle se situe. En plus de la sécurité d’occupation, le bail viager permet de déterminer des conditions d’occupation, la plus importante étant l’âge minimum des résidants. Il peut également présenter l’avantage de réaliser une plus-value sur la mise de fonds. Le succès mitigé au Québec du modèle bail viager pourrait tenir à une structure de gestion qui ne fait aucune place à l'engagement des résidants usufruitiers, tout en impliquant un coût d’exploitation qui s'ajoute aux frais habituels liés à l'entretien et aux réparations.

La copropriété divise

Dans un immeuble en copropriété divise, chaque membre détient une fraction lui permettant de posséder son logement en exclusivité et une quote-part sur les biens communs. La gestion de l’ensemble est confiée à l’assemblée des copropriétaires, qui élit ses administrateurs.

L’originalité du projet décrit tient surtout au fait qu'il s'agit d'un des rares exemples québécois correspondant d'assez près à l'option « zone résidentielle à faible densité axée sur les loisirs » et destinée à des personnes de 50 ans ou plus.

En conclusion, la recherche fait état de plusieurs ouvertures pour une diversification de l'offre de logement aux aînés, basée sur les attentes particulières de cette population au Québec. « On note l’importance de l’univers des ensembles d’habitation à but non lucratif » remarquent les auteurs qui précisent que « ces derniers permettent la participation des résidants non propriétaires aux instances décisionnelles qui encadrent le milieu de vie : une condition hautement favorable à l’exercice de l’autonomie. On remarque par ailleurs que, des treize projets composant l'échantillon, les quatre qui peuvent être considérés à but lucratif offrent peu de services communs et d’équipements ou d’activités communautaires, sauf des équipements de loisir ».

« Cela reflète des différences dans les caractéristiques des clientèles : à différents besoins correspondent des modes de gestion et d'occupation distincts. Ainsi, on remarque que les retraités âgés de moins de 65 ans sont beaucoup moins attirés par un type d'habitation où la vie sociale est « organisée », contrairement aux personnes plus âgées qui recherchent davantage des relations et un soutien structurés » concluent les chercheurs en charge de l’étude.


Cette publication est disponible sur le site Internet de la SHQ à l'adresse suivante : www.habitation.gouv.qc.ca, dans la section Nouveautés.


Publié le Mardi 17 Octobre 2006 dans la rubrique Habitat | Lu 3476 fois