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Guy Roux, on ne vous dit pas merci…, Chronique par Serge Guérin

Je défends la position selon laquelle le meilleur moyen d’assurer l’avenir des retraites et de la coopération entre les âges passe par une augmentation très sensible du taux d’activité des plus de 50 ans. C’est pourquoi, j’avais en son temps soutenu la position de Guy Roux et trouvé particulièrement rétrograde et corporatiste, l’interdiction de travailler demandé par Ligue de football professionnel et le syndicat des entraîneurs Il me semblait que ce jeunisme, était une forme de racisme, et allait totalement à rebours de l’évolution sociale et des besoins du collectif.


Aujourd’hui, en France nous cumulons un taux record de chômage des jeunes (22 %) et un taux d’inactivité des plus de 55 ans particulièrement bas (38 %). Mettre sur le côté les plus âgé n’a pas favorisé l’emploi des plus jeunes. Bien au contraire.

En outre, la politique de préretraite généralisée a conduit à réduire l’espérance de vie professionnelle alors même que nous avons collectivement gagné huit ans de vie depuis les années 1974 et que les personnes de plus de 60 ans n’ont jamais été aussi jeunes dans leur tête et dans leur corps.

Plus la vie s’allonge et plus le temps de travail se réduit. Cette politique ne peut se perpétuer, d’autant plus que les nouvelles générations d’actifs sont moins nombreuses et que le nombre de nouveaux retraités, issus des années de boom démographique, augmente considérablement (180 000 retraités de plus par an par rapport au début des années 2000).

Bientôt il n’y aura plus assez d’actifs pour payer les retraites des inactifs de plus de 60 ans. Si rien n’est fait, nous risquons de passer d’ici à 2030 de dix actifs pour quatre retraités à dix pour sept. Le choix sera alors de réduire les pensions ou d’augmenter encore les cotisations.

Finalement, Guy Roux a jeté l’éponge et laissé tombé le FC Lens. Surtout, il est symptomatique de noter qu’il a mis cela sur le compte de l’âge, la fatigue et l’état de santé. Favorisant, une fois de plus, la stigmatisation de l’âge... Or, ce n ‘est pas l’âge qui est en cause, mais bien la situation de la personne. Quelque soit l’âge, si la santé n’est pas au rendez-vous, l’Etat Providence doit prend le relais. Dans le cas inverse, on est en droit de poser la question du maintien d’une ligne Maginot de la retraite.

Serge Guérin
Professeur à l’ESG
Guy Roux, on ne vous dit pas merci…, Chronique par Serge Guérin


Publié le Lundi 1 Octobre 2007 dans la rubrique Chroniques | Lu 4356 fois