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Senior Actu

Grippe : le vaccin sera disponible à partir du 28 septembre

La grippe touche chaque hiver de 2 à 7 millions de personnes en France, selon la gravité de l’épidémie. Elle peut entraîner des complications sévères chez les sujets les plus fragiles et demeure la première cause de mortalité par maladie infectieuse chez les personnes âgées. Alors dès 65 ans, pensez à vous faire vacciner, d’autant que pour les populations à risque, la vaccination est prise en charge à 100% par l’Assurance Maladie. Ne prenez pas de risques inutiles...


Les cibles privilégiées
La nouvelle campagne de vaccination contre la grippe (« La grippe, c’est mieux quand on l’évite. Choisissez de vous faire vacciner ») qui débutera le 28 septembre prochain concerne les personnes de 65 ans et plus ainsi que celles atteintes de certaines maladies chroniques.

Elle cherche plus particulièrement à convaincre les 65- 69 ans ainsi que les personnes atteintes de certaines pathologies chroniques comme le diabète ou les maladies respiratoires. Ce sont environ 10,5 millions de personnes qui sont concernées.

Une campagne qui prend en compte des freins à la vaccination
Céline Vernerey, directrice de clientèle de l’agence de publicité chargée de la campagne de vaccination antigrippale, explique : « Nous nous sommes rendu compte, grâce aux différentes enquêtes menées, que l’un des freins à la vaccination vient de la méconnaissance des risques engendrés par la grippe. Celle-ci est trop souvent assimilée à un gros rhume. Les personnes concernées surestiment, en outre, leurs capacités à faire face à l’agression, se perçoivent moins fragiles qu’elles ne le sont. Elles doutent aussi parfois de l’efficacité et des avantages de la vaccination. Les messages insistent sur la partie cachée de l’iceberg en délivrant une information transparente et juste, sans dramatisation excessive ni banalisation à outrance. La campagne télévision est conçue en priorité pour les jeunes seniors de 65-69 ans, notre cœur de cible ».

Les populations prises en charge à 100%
Si la grippe déclenche fièvre, frissons, douleurs et fatigue pendant plusieurs jours, elle a des conséquences beaucoup plus graves chez les personnes âgées et les personnes atteintes de certaines pathologies chroniques (cf. ci-dessous interview du Pr Vexiau en encadré).

Les risques des populations les plus fragiles
Les populations les plus fragiles sont exposées aux complications de la grippe et aux risques de déstabilisation de la maladie chronique. Pour ces populations, la vaccination est recommandée et prise en charge à 100% par l’Assurance Maladie. Elle constitue, en effet, le seul moyen de se protéger efficacement contre la grippe.

La liste des personnes pour lesquelles le vaccin est pris en charge à 100% par
l’Assurance Maladie :

- Les personnes âgées de 65 ans et plus.
- Les personnes de moins de 65 ans atteintes de l’une des maladies chroniques
(ALD) suivantes : Diabète de type 1 et diabète de type 2 ; Insuffisance cardiaque grave, troubles du rythme graves, cardiopathies valvulaires graves, cardiopathies congénitales graves ; Insuffisance respiratoire chronique grave ; Accident vasculaire cérébral invalidant, etc. .../...
Grippe : le vaccin sera disponible à partir du 28 septembre

La grippe et les diabétiques

Une interview du Pr Patrick VEXIAU, chef du service de diabétologie de l’hôpital
Saint-Louis à Paris et secrétaire général de l’Association Française des Diabétiques,
l’AFD.


On compte environ 2, 5 millions de personnes traitées pour un diabète en France. Leur moyenne d’âge est de 64 ans. Elles font partie des cibles prioritaires de la campagne de vaccination car elles sont particulièrement exposées aux complications de la grippe.

« Toute maladie engendre un stress important pour l’organisme. Ce stress fait secréter des hormones appelées de la contre-régulation (cortisol, hormone de croissance et adrénaline), qui sont hyperglycémiantes et qui, du coup, augmentent brutalement les besoins en insuline. Les non diabétiques peuvent faire face à cette sollicitation, mais pas les diabétiques. Pour rétablir leur équilibre glycémique, les personnes traitées doivent alors augmenter leur dose de médicament ou d’insuline. A ce risque de décompensation, s’ajoutent les complications secondaires à la grippe que sont les surinfections bactériennes, bronchiques et pulmonaires notamment. Les diabétiques sont plus exposés à ce risque car le diabète est en soi un facteur qui favorise les infections.

Pour rompre ce cercle vicieux, les diabétiques ont donc tout intérêt à se faire vacciner. D’autant plus qu’ils sont, pour les plus âgés, souvent atteints d’autres pathologies, cardiaques, respiratoires et rénales notamment, pour lesquelles le risque de décompensation est également important en cas de grippe
. »

La grippe et sa vaccination, mode l’emploi

La grippe est une infection respiratoire aiguë, due aux virus Influenzae. Elle se transmet de personne à personne, à l’occasion d’éternuements ou de toux. Les lieux clos et très fréquentés (métro, bus, collectivités scolaires…) sont propices à la contamination.

Virus, épidémie et pandémie
Il existe trois types de virus grippaux : A, B et C. Les virus A et B sont responsables des épidémies saisonnières qui touchent une zone géographique limitée à une époque de l’année déterminée, mais seul le virus A est responsable des pandémies.

Contrairement aux épidémies, les pandémies sévissent à tout moment de l’année et sur des territoires très étendus à travers le monde. Elles demeurent toutefois exceptionnelles. La plus connue est la grippe espagnole qui, en 1918-1919, fit au moins 40 millions de morts. La dernière, beaucoup moins meurtrière, remonte à 1968-69, avec la grippe de Hong-Kong.

Les symptômes de la grippe
Après une période d’incubation d’un à trois jours, la grippe se manifeste par une montée rapide de la température corporelle, allant jusqu’à 40°C, pour baisser et remonter vers le troisième jour. C’est le fameux V grippal. Il s’agit d’une réaction de défense de l’organisme contre le virus : le système immunitaire est mis en action pour analyser l'agresseur, puis produire des substances toxiques qui auront pour objet de le détruire.

La grippe provoque également des douleurs musculaires et articulaires, des quintes de toux ou une obstruction nasale avec éternuements. C’est l’intensité des symptômes et leur soudaineté qui distinguent la grippe d’une autre infection, comme le rhume.

La composition du vaccin
Le virus de la grippe a une forte capacité à se transformer génétiquement. Pour cette raison, la composition du vaccin varie d’une année sur l’autre. Il s’agit d’un vaccin inactivé, c’est-à-dire qui ne contient que des fragments de virus, des particules non infectantes. Contrairement à une idée reçue, il n’y a donc aucun risque de contracter la grippe suite à la vaccination.

Il n’existe pas de contre-indication à la vaccination, sauf en cas d’allergie à l’œuf car les vaccins sont préparés à partir de virus cultivés sur des œufs de poule embryonnés.

Le vaccin comporte généralement les trois souches définies par l'Agence Européenne d'Evaluation Médicale, à partir des recommandations émises, chaque année, par l'Organisation Mondiale de la Santé pour la surveillance de la grippe. L’OMS est chargée de contrôler les virus en circulation et d’identifier rapidement les nouvelles souches.

La période de vaccination
Après vaccination, l’organisme a besoin de deux semaines pour former ses anticorps. Comme la période d’épidémie commence brutalement et de manière imprévisible en octobre et se termine en mars, voire en avril, il est donc vivement recommandé de se faire vacciner le plus tôt possible. Le vaccin prévient de la maladie pendant l’année qui suit la vaccination.

Le vaccin antigrippal sera disponible en pharmacie à partir du 28 septembre prochain

Liste des vaccins pris en charge à 100% pour les publics cibles
AGRIPPAL® 6,26 €
FLUARIX ® 6,26 €
GRIPGUARD® 6,81 €
IMMUGRIP ® 6,26 €
INFLUVAC ® 6,26 €
MUTAGRIP ® 6,26 €
TETAGRIP ® 7,98 €
VAXIGRIP ® 6,26 €

La grippe : VRAI OU FAUX ?

On peut attraper la grippe en étant déjà vacciné
VRAI, MAIS…
Cela peut arriver chez des personnes âgées car elles ne développent pas toujours une immunité suffisante. Le taux d’efficacité de la vaccination contre la grippe varie de 60 à 90%. Par ailleurs, on a parfois tendance à confondre « vraie grippe » et « fausse grippe ». Or, le vaccin n'a aucun effet sur les syndromes grippaux dus à de nombreux autres virus que celui de la grippe.

Les antibiotiques protègent contre la grippe
FAUX
Les antibiotiques n’empêchent pas de contracter la grippe ni de subir l’une de ses complications. En revanche, si la grippe s’accompagne d’une complication infectieuse, au bout de plusieurs jours d’évolution, un antibiotique peut être très utile. Il doit alors être choisi en fonction de l’infection.

Il vaut mieux attendre de voir si l’épidémie de grippe est importante avant de se faire vacciner
FAUX
Les cas de grippe commencent à apparaître habituellement courant octobre. Or, quand on est vacciné, notre organisme a besoin de deux semaines pour fabriquer ses anticorps. Il est donc préférable de se faire vacciner dès réception de la prise en charge, avant que l’épidémie de grippe n’arrive.

J’ai déjà été contaminé par la grippe, je suis désormais immunisé
FAUX
Le virus de la grippe se modifie chaque année. Une grippe passée ne protège donc pas contre le nouveau virus. Pour la même raison, un vaccin contre la grippe injecté l’année précédente n’immunise pas contre le virus l’année suivante. Une protection permanente est impossible. Pour que la vaccination soit efficace, la composition du vaccin est revue chaque année.

Le vaccin rend malade
FAUX
L’intolérance au vaccin antigrippal est très rare et ses effets secondaires peu fréquents et minimes. La vaccination peut en effet provoquer un léger syndrome grippal mais celui-ci est sans commune mesure avec la grippe elle-même.

La grippe coûte cher
VRAI
La grippe coûte cher à tout le monde, à commencer par l'Assurance Maladie qui rembourse une partie des honoraires médicaux et des médicaments et qui paie les indemnités journalières liées aux arrêts de travail. Elle coûte également cher aux entreprises et à la nation, car une épidémie importante peut paralyser les services publics et les entreprises. Globalement, les GROG estiment que chaque million de cas de grippe coûte environ cent millions d’euros et une épidémie moyenne touche 4 à 5 millions de Français… Enfin, elle peut coûter encore plus en ôtant la vie à ceux qui sont fragiles, mal soignés, négligents et le plus souvent non vaccinés.


Publié le Jeudi 20 Septembre 2007 dans la rubrique Santé | Lu 13385 fois