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Grande-Bretagne - Les baby boomers, une force politique à prendre au sérieux


Le paysage politique britannique devrait être fortement touché par les changements liés au vieillissement des baby-boomers, génération qui a toujours contesté les normes établies, d’après le groupe de réflexion britannique « The Demos ». Leur nouveau rapport consacré aux « nouveaux vieux » tente de comprendre l’influence politique des baby-boomers et l’impact potentiel que leur vieillissement aura sur l’ensemble de la société. Les boomers restent souvent présentés comme étant la première génération ayant grandi dans et avec la société de consommation de masse. Mais ils ont aussi crée avec succès de nombreux mouvements socio-politiques contemporains : contre le racisme, pour l’émancipation des femmes, l’écologie, la révolution sexuelle,… Bref toujours à l’encontre de l’autorité établie et des valeurs conservatrices. Il ne devrait pas y avoir de raisons pour qu’ils s’arrêtent en vieillissant. Ils n’accepteront pas aussi facilement que leurs parents, l’idée d’être mis à l’écart ou appauvris par leur retraite.

Selon « The Demos », les boomers utiliseront sans aucun complexe leur droit de vote pour la défense d’une certaine idée des services publics. Ils n’accepteront pas un relèvement de l’âge de la retraite sans une plus grande flexibilité dans les choix de carrière à partir de la cinquantaine. « La génération du baby-boom a les moyens de réécrire l’agenda politique » : de l’euthanasie aux débats sur les biotechnologies, en passant par les retraites ou les régulations financières, les sujets de prédilection sont légion. Le rapport propose ainsi une liste de 11 défis lancés aux politiques, un agenda politique « positif » dans lequel les actions en faveur des seniors contribuerait à l’ensemble de la société : par exemple soutenir les entrepreneurs seniors (« elderpreneurs ») ou encore développer un nouvelle écologie urbaine contre la ghettoïsation des aînés.

Mais le rapport semble éviter une question essentielle : le pouvoir électoral des boomers ne sera-t-il pas utilisé au détriment des intérêts des générations suivantes, enfants et petits-enfants ? Leur influence ouvrira-t-elle de nouvelles perspectives de progrès social ?
D’après « The Demos », le « nouveau vieux » pourrait prendre trois orientations possibles selon le succès de l’individualisme ou de l’activisme social : la voie « égoïste » où chacun défend son propre intérêt sans considération pour le reste de la société ; la voie « civique », un vrai activisme dans le sens du progrès social ; et la voie « invisible », une génération fragmentée, sans identité commune ni influence globale. Julia Huber, co-auteur du rapport, explique que « les gouvernements futurs devront tenir compte des baby-boomers : inciter les gens à travailler plus longtemps sans leur offrir quelque chose en échange risque de conduire la société à un véritable clash générationnel ». L’autre auteur, Paul Skidmore, ajoute que « L’Etat-Providence risque d’éclater si les boomers utilisent leur influence politique pour défendre leurs propres acquis sociaux sans tenir compte de la société dans son ensemble ».




Publié le Mercredi 3 Septembre 2003 dans la rubrique Divers | Lu 627 fois