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Grande-Bretagne – Le gouvernement prend de nouvelles mesures en faveur des retraités dans le besoin


Suite à l’édition 2003 de son enquête annuelle « Poverty report, opportunity for all », le gouvernement britannique a pris de nouvelles mesures en faveur des retraités vivant en dessous du seuil de pauvreté. Selon l’enquête, en 2002, après paiement des frais de logement, 22 % des retraités qui vivent à domicile auraient un faible revenu relatif, c’est-à-dire fluctuant autour du seuil de pauvreté (27 % en 1996-1997, années de base). Et 11 % auraient un faible revenu absolu, c’est-à-dire constamment en dessous du seuil de pauvreté (27 % en 1996-1997). Une légère amélioration donc, que le rapport attribue à un système d’allocations, introduit en 1997. Dans ce cadre de soutien financier aux retraités, 11 milliards d’euros environ ont d’ores et déjà été versés.

Le gouvernement britannique a pourtant fait le choix de nouvelles mesures, afin d’accentuer sa mobilisation financière. C’est ainsi qu’a été lancé en octobre 2003, le programme « Pension credit ». Il s’agit d’assurer à tous les retraités un revenu minimum, mais aussi de récompenser ceux qui auraient épargner pour leurs vieux jours. Le versement minimum est de 144 euros par semaine pour une personne seule et de 219 euros environ pour un couple. Par ailleurs, une somme en espèce pourra être versée, en pourcentage du montant épargné par le passé. Selon les estimations du gouvernement britannique, la moitié des retraités qui entreront dans le programme devraient être des femmes vivant seules, soit 60 % des femmes de plus de 80 ans.

Grâce au « Pension credit », les retraités britanniques devraient bénéficier d’environ 1,7 milliards d’euros par an supplémentaires, par rapport au système de 1997. Et d’ici 2006, trois millions de plus de 60 ans devraient profiter de cette manne budgétaire.

Pourtant l’association « Age concen », reste septique sur l’efficacité de ces mesures. D’après son directeur Gordon Lishman, « le Pension credit fera la différence, uniquement si les allocations sont correctement versées ». M. Lishman préconise en ce sens, l’instauration d’un système de contrôle, en particulier pour les versements en espèces, afin que l’argent soit acheminé rapidement et régulièrement. Par ailleurs, « Age concern » pointe du doigts le taux de chômage des plus de 50 ans, encore très élevé (30 % en 2003). M. Lishman souligne qu’une personne de plus de 50 ans en inactivité a de forte de chance de devenir un retraité dans le besoin.

Le gouvernement britannique semble en avoir pris conscience en 2000, avec la mise en place du « New deal 50 plus ». Entre janvier 2000 et mars 2003, ce programme a permis à 98 000 baby-boomers de retrouver le chemin de l’entreprise. Il s’agit principalement d’un soutien financier et d’une aide à la recherche. Mais encore une fois, selon « Age concern », cela ne serait pas suffisant. Or aucune nouvelle mesure en faveur de l’emploi des baby-boomers n’est prévue dans le rapport 2003 du gouvernement britannique. Pourtant il s’agit selon M. Lishman de la base du problème de la pauvreté des seniors.


Publié le Jeudi 9 Octobre 2003 dans la rubrique Social | Lu 469 fois