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Glaucome : ne le laissez pas vous voler votre vue (partie 2)

On estime qu’il existe aujourd’hui en France, 500 à 600 000 personnes qui ignorent qu’elles sont atteintes d’un glaucome. C’est pourquoi, à l’occasion de la Semaine Mondiale du Glaucome, l’association de patients UNADEV (Union Nationale des Aveugles et Déficients Visuels) et ses partenaires a déployé une campagne de sensibilisation sur le glaucome et des outils pédagogiques dédiés au grand public.


Que savent les patients atteints de glaucome chronique à angle ouvert (GCAO) de leur pathologie ?
L’étude menée par Dugast se proposait d’évaluer les connaissances et l’observance des patients atteints de GCAO. 200 patients du centre du glaucome, sous traitement anti-glaucomateux, ont été inclus dans l’étude et ont répondu à un questionnaire de 13 items dont voici les principaux résultats.
 
Peut-on guérir d’un GCAO ?
Au total, 59,5% des patients interrogés considèrent qu’ils ne peuvent pas guérir et 15,5% pensent pouvoir guérir un jour. 25% des patients ne savent pas répondre.
 
En l’absence d’un traitement adapté, le GCAO peut-il provoquer la perte de vision ?
Une large majorité (94,5%) des patients en a conscience et 4,5% répondent ne pas savoir.
 
Devrais-je suivre un traitement toute ma vie ?
Au total, 72,5% des patients savent qu’ils doivent prendre un traitement toute leur vie, 17,5% répondent ne pas savoir et 10% pensent qu’un jour ils n’auront plus besoin de mettre leurs gouttes et qu’ils seront définitivement guéris.
 
Le traitement peut-il sauver votre vue ?
Seulement 54% des patients répondent positivement : 44,8% de ceux suivis depuis moins d’un an le pensent, pour un maximum (60,4%) entre 1 et 5 ans de suivi.
 
Vous arrive-t-il d’oublier de prendre votre traitement ?
Les deux-tiers disent non, 17,5% répondent oublier « rarement » (soit environ une prise par mois) et 16,5% oublient « souvent » (soit plusieurs fois par semaine). La fréquence d’oubli et sa gravité diminuent au cours du temps.
 
Observance et âge
Une tendance se dégage : ainsi la proportion de patients qui n’oublient pas leur traitement progresse avec l’âge, et les taux d’oublis fréquents sont inversement proportionnels.
 
Observance et effets indésirables (EI) des traitements
Selon cette étude, 39% des patients souffrant d’EI disent oublier leur traitement (20,6% souvent) versus 23,4% chez les patients sans EI (7,8% souvent). Au total, 84,8% des patients qui oublient « souvent » disent souffrir d’EI, versus 62,9% de ceux qui n’oublient pas.
 
Les patients atteints d’un GCAO sous traitement anti-glaucomateux ont une bonne perception de la nécessité d’être traités toute leur vie et du risque de perte de vue en l’absence de traitement adapté. Cependant, ce bon niveau de connaissance ne parvient pas à assurer un niveau d’observance satisfaisant du fait entre autre d’une confiance insuffisante en leur traitement.
 
Qu’est-ce qu’un tonomètre à air ?
On utilise un bref jet d'air pour déformer la cornée jusqu'à la rendre concave, mais en passant par une phase où la surface aplanie présente le meilleur angle de réflexion entre la source lumineuse et un capteur optoélectronique ; c'est ce maximum qui est détecté et considéré comme moment de la mesure. Le temps écoulé entre le début du jet d'air et la réflexion maximale sur la cornée peut être traduit en une valeur de pression intraoculaire.
 
Nécessité d’un dépistage précoce ?
Toutes les études épidémiologiques réalisées dans les pays industrialisés ont montré que près de 50% des patients atteints de glaucome ne sont pas diagnostiqués, et donc non traités. Pour une meilleure information des personnes à risque, il faut mettre en place des campagnes de dépistage.
 
Ainsi, le glaucome est une maladie qui se prête facilement au dépistage :
• maladie chronique lentement évolutive (on dispose d’un temps suffisamment long pour la dépister avant que cela ne devienne grave) ;
• le plus souvent asymptomatique dans sa phase initiale (il faut la dépister car c’est une pathologie silencieuse) ;
• prévalence élevée dans certains sous-groupes de la population (le dépistage peut être ciblé sur les personnes présentant des facteurs de risque) ;
• existence d’un arsenal thérapeutique permettant de stabiliser la maladie pour une majorité de patients (le dépistage est important car le glaucome peut être traité)
 
Dans le cadre du dépistage, la mesure de la PIO se fait par un tonomètre à air, méthode rapide et indolore.
Le tonomètre à aplanation de Goldmann, technique de référence, sera utilisé pour le suivi. Lorsqu’une PIO élevée est découverte, l’examen devra être complété par entre autre :
• un champ visuel qui permet d’évaluer l’atteinte fonctionnelle. Dans les premiers stades du glaucome, les anomalies du champ visuel sont subtiles et difficiles à repérer. La perte de champ visuel due au glaucome ne devient évidente que lorsqu’au moins 30% des fibres optiques ont disparu ;
• une tomographie en cohérence optique, ou OCT (en anglais, optical coherence tomography), papillaire. Cet examen permet d’évaluer l’atteinte anatomique qui est plus précoce que l’atteinte fonctionnelle retrouvée au niveau du champ visuel.

​Une campagne d’information et de dépistage

Le Bus du Glaucome : un dépistage gratuit, rapide et indolore
Chaque année l’UNADEV met en place une campagne nationale de sensibilisation, d’information et de dépistage gratuit des facteurs de risque du glaucome. Le dépistage s’effectue dans le cabinet ophtalmologique du Bus du Glaucome en présence d’un ophtalmologiste, assisté d’un orthoptiste.
 
Quatre examens indolores sont réalisés : une mesure de la tension intraoculaire et de l’épaisseur de cornée, une photo du fond de l’oeil sans dilatation pour vérifier l’état du nerf optique et la réalisation d’un champ visuel de dépistage. En fonction du résultat du dépistage, les patients seront rassurés ou orientés vers leur ophtalmologiste pour un bilan plus complet. Le dépistage dure une dizaine de minutes et concerne toutes les personnes à partir de 40 ans.
 
A noter pour les personnes porteuses de lentilles, de venir sans ou de les enlever avant l’examen.
 
Les prochaines étapes du bus auront lieu à
• Strasbourg : du 28 au 30 Mars 2017 Place Dauphine
• Lyon : du 10 au 12 Avril 2017 Place Antonin Poncet
• Grenoble : du 24 au 27 Avril 2017
• Perpignan : du 9 au 12 Mai 2017 Place Catalogne
• Marseille : du 15 au 19 Mai 2017
 
Pour plus d’informations, vous pouvez vous connecter au site : www.unadev.com


Publié le Mardi 21 Mars 2017 dans la rubrique Santé | Lu 875 fois