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Glaucome : Campagne Nationale d’Information et de Dépistage du 6 avril au 5 mai 2007

Le Comité de Lutte contre le Glaucome (CLG), en association avec la Société Française d’Ophtalmologie (SFO) et avec le soutien des laboratoires Alcon, poursuit en 2007 la Campagne Nationale d’Information et de Dépistage du Glaucome. Pour cette troisième édition, trois structures itinérantes circuleront simultanément du 6 avril au 5 mai 2007 et proposeront un dépistage gratuit du Glaucome dans 25 villes de France. Le CLG souhaite par cette nouvelle campagne, étendre ses efforts de sensibilisation auprès du grand public sur les dangers du glaucome et insister sur la nécessité d’une prise en charge précoce de cette maladie insidieuse.


400 000 Français ont un glaucome sans le savoir

En 2006, alors qu’un million de Français sont dépistés et traités, encore 400 000 autres vivraient avec un glaucome sans le savoir. Le glaucome est une maladie du nerf optique, liée le plus souvent à une augmentation anormale de la tension à l’intérieur de l’œil.

Cette maladie peut entraîner une altération progressive de la vision et cela sans aucune douleur ni aucun signe d’alerte. Le glaucome survient le plus souvent à partir de 40 ans et peut rendre aveugle s’il n’est pas pris en charge à temps. Seul un bilan ophtalmologique permet de faire le diagnostic d’un glaucome.

La maladie est insidieuse et silencieuse
Lorsque le champ visuel se rétrécit, il est déjà trop tard ! Plus le glaucome est dépisté à temps, plus l’évolution de la maladie peut être contrôlée efficacement grâce à des traitements appropriés. Le traitement vise en premier lieu à faire baisser la tension oculaire. Cette pression à l’intérieur de l’œil est due à une mauvaise évacuation d’un liquide. Des collyres permettent de diminuer cette tension, s’ils se révèlent insuffisants la chirurgie ou le traitement par laser peuvent alors être envisagés.

Le Comité de Lutte contre le Glaucome souhaite par cette nouvelle campagne, étendre ses efforts de sensibilisation et d’information auprès du grand public sur les dangers du glaucome et insister sur la nécessité d’une prise en charge précoce.

« Le public est de plus en plus informé sur le glaucome. Cependant les patients ne saisissent pas encore très bien les causes et les risques encourus et sont très désireux de comprendre. C’est pourquoi l’un des rôles essentiels de l’ophtalmologiste est d’expliquer au patient sa maladie mais aussi de rassurer. Le but étant de faire participer le patient afin que celui-ci accepte la maladie et le traitement, qui rappelons-le est un traitement à vie » explique le professeur Jean-Philippe Nordmann (Hôpital des Quinze-Vingts à Paris) et président du CLG.

Pour tout renseignement : Numéro vert : 0 800 603 660
Glaucome : Campagne Nationale d’Information et de Dépistage du 6 avril au 5 mai 2007

Bilan de la campagne « Préservez votre vue » 2006

- 8 500 personnes ont visité l’exposition itinérante lors de la deuxième édition de la Campagne Nationale d’Information et de Dépistage du glaucome qui a eu lieu dans 7 villes de France : Paris, Clermont-Ferrand, Grenoble, Rennes, Toulouse, Lille, Nice.
- 3 264 personnes ont été dépistées et 278 cas suspects ont été recensés.

Glaucome : Campagne Nationale d’Information et de Dépistage du 6 avril au 5 mai 2007
Un dépistage rapide des principaux facteurs de risque de glaucome
Vous avez plus de 40 ans et souhaitez préserver votre vue ? Venez vous faire dépister par des spécialistes et demandez-leur conseil.

Les orthoptistes réalisent, sous le contrôle d’un ophtalmologiste, deux examens :
• La mesure de la tension oculaire ou tonométrie, qui permet de mettre en évidence l’hypertonie, le principal facteur de risque de développer un glaucome.
• La mesure du champ de vision qui permet de détecter une anomalie du champ visuel.
En fonction des résultats, une consultation chez un ophtalmologiste qui pourra poser le diagnostic et déterminer le traitement approprié sera conseillée.

Restez informé(e) !
Chaque visiteur repart avec le livret d’information « Préservez votre vue ! » qui explique avec des mots simples ce qu’est le glaucome, comment on peut le dépister, quelles sont ses conséquences, et comment il peut être traité. Le CLG présente également lors de cette campagne d’information et de dépistage ses 10 conseils sur le glaucome.

1 : Faites contrôler votre vue régulièrement après 45 ans.
2 : Consultez dès 40 ans, si un membre de votre famille a un glaucome.
3 : Effectuez, après votre première visite, une visite tous les deux ans.
4 : Prenez le traitement prescrit par votre médecin, même si vous ne ressentez aucune douleur, et respectez les horaires recommandés par votre médecin.
5 : Respectez le nombre des instillations de collyre indiqué sur votre ordonnance.
6 : Lisez attentivement les notices explicatives, car certains médicaments peuvent être contre indiqués en cas de glaucome,
7 : Evitez le tabac qui aggrave le risque d'évolution du glaucome vers la cécité,
8 : Renseignez vous auprès de votre médecin sur votre handicap visuel et les risques encourus par la conduite automobile.
9 : Faites-vous dépister à temps ! L'évolution du glaucome n'est pas inéluctable.
10 : Consultez un ophtalmologue. Lui seul peut dépister, préciser le type de glaucome et prescrire un traitement.

Une maladie silencieuse qui peut être facilement traitée si elle est dépistée à temps

Le glaucome est une maladie de l’œil qui va entraîner une destruction progressive des fibres du nerf optique. Elle est très souvent liée à une élévation de la pression oculaire. Si l’œil humain est rond, c’est parce qu’il est rempli dans sa partie antérieure d’un liquide transparent, l’humeur aqueuse.

Produite par des structures appelées corps ciliaires, l’humeur aqueuse est évacuée au niveau de l’angle irido-cornéen (entre l’iris et la cornée), par un filtre appelé trabéculum. Ce flux régulier de liquide à l’intérieur de l’œil permet d’assurer une pression oculaire normale. En cas de glaucome, c’est le déséquilibre entre la production et l’écoulement de l’humeur aqueuse qui va provoquer l’hypertension à l’intérieur de l’œil.

La trop forte pression intraoculaire provoque la compression du nerf optique qui endommage les fibres qui le composent. La compression du nerf optique (nerf cérébral qui transporte les informations captées par la rétine en direction des aires cérébrales visuelles) altère la perception visuelle et l’étendue du champ visuel.

80% des glaucomes sont des glaucomes dits primitifs (ou chroniques) à angle ouvert. L’anomalie se situe au niveau du trabéculum. Ce filtre, qui permet logiquement l’évacuation de l’humeur aqueuse, se bouche progressivement. L’humeur aqueuse ne peut plus s’évacuer et la pression oculaire s’élève. Cette maladie peut se développer dès 40 ans de manière insidieuse et silencieuse. La personne atteinte de glaucome n’a pratiquement aucun symptôme au début de la maladie, pas de perte de vision ni de douleurs. Quand le champ visuel commence à être atteint, c’est-à-dire quand le malade constate des zones de déficience dans sa vision, il est déjà trop tard. Cette partie de la vision qui a été altérée ne pourra jamais être regagnée. S’il n’est pas dépisté à temps, le glaucome à angle ouvert, le plus fréquent, rend aveugle.

Il existe une seconde forme de glaucome, le glaucome aigu à angle fermé qui concerne 5% des cas. Il se révèle de façon violente et douloureuse par des maux de tête, des douleurs oculaires, des nausées, une rougeur des yeux. Dans ce type de glaucome, l’angle irido-cornéen se ferme brutalement. L’humeur aqueuse ne peut plus s’écouler et la pression oculaire s’élève rapidement. Il constitue une urgence thérapeutique qui nécessite un traitement médical immédiat. S’il n’est pas opéré à temps, le glaucome aigu peut rendre aveugle en 48 heures. Cette forme de la maladie qui touche principalement les femmes de plus de 50 ans peut se traiter : une ouverture de l’iris par laser permet de supprimer définitivement le risque de glaucome.

Le glaucome est lié à une augmentation de la pression oculaire. Les valeurs normales de cette pression se situent entre 15 et 21 mmHg. Au dessus, la pression peut entraîner une dégradation du nerf optique et donc une altération progressive de la vision. Dans certains cas pourtant, une pression oculaire élevée ne va pas être synonyme de glaucome. S’il n’y a pas d’atteinte du nerf optique, la maladie ne se développera pas.

Le risque de développer la maladie augmente avec l’âge : 10% des personnes de plus de 70 ans sont touchées, 0,5% à 40 ans

Glaucome : Campagne Nationale d’Information et de Dépistage du 6 avril au 5 mai 2007
L’hérédité joue aussi beaucoup dans le développement de la maladie : 20 à 30% des cas de glaucome sont héréditaires. L’âge, l’ethnie (les populations d’origine africaine et asiatique sont plus exposées) et la myopie sont autant de facteurs de risque du glaucome chronique.

Faites-vous diagnostiquer…
Comme il n’existe aucun signal d’alerte permettant de déceler le glaucome, il est important de pratiquer des tests de dépistage systématique, surtout en cas d’antécédents familiaux de la maladie. Seul un ophtalmologiste pourra déceler la présence d’un glaucome et, dans ce cas, préciser son type et déterminer le traitement.

Quatre examens rapides et non douloureux permettent de diagnostiquer un glaucome et de mesurer son étendue :
• La gonioscopie ou mesure de l’angle irido-cornéen (pour déterminer le type de glaucome),
• Le champ visuel ou périmétrie (mesure de l’étendue du champ visuel et des éventuelles pertes de vision).
• La prise de la tension oculaire ou tonométrie (mesure de la pression oculaire),
• Le fond d’œil (observation du nerf optique pour déterminer les éventuelles lésions).

Vivre avec un glaucome : un traitement médical assidu indispensable

• Le traitement du glaucome est contraignant car c’est un traitement à vie. Le plus difficile dans le traitement du glaucome est d’intégrer l’idée de combattre une maladie pour laquelle on ne ressent aucun effet, aucune douleur. Beaucoup de malades arrêtent ou oublient leur traitement pour cette raison. Et pourtant, les traitements demandent une grande assiduité.

• Les collyres doivent être pris de une à plusieurs fois par jour, à heure régulière. Un oubli ou un décalage d’heures dans la prise de certains collyres peut avoir des conséquences importantes sur l’état de santé général, comme une accélération du pouls cardiaque par exemple. La recherche s’efforce de trouver des améliorations dans le traitement du glaucome, pour les rendre moins contraignants et favoriser l’observance.

Les traitements actuels : actuellement, il existe 3 options pour traiter le glaucome :

Les collyres permettent selon leur composition de diminuer la quantité de liquide produite ou d’augmenter la quantité de liquide évacué. Ces préparations liquides doivent être administrées directement dans l’œil une à plusieurs fois par jour, à heures fixes. Les collyres peuvent entraîner des effets secondaires d’ordre généraux, asthme, maladies cardiovasculaires, ou des effets locaux, rougeur des yeux par exemple.
Le traitement par laser peut être envisagé pour diminuer la production de liquide ou faciliter son évacuation. Cette opération n’est pas définitive, si la pression oculaire remonte, il faudra recommencer.
La chirurgie peut être pratiquée, si les collyres ou le laser ne donnent pas de résultat probant. C’est une chirurgie dite filtrante car on crée une soupape qui facilite le drainage du liquide.

Quel que soit le traitement prescrit, une surveillance régulière par l’ophtalmologiste s’impose. Toutes ces techniques ne permettent pas de recouvrer la vision perdue mais préviennent les pertes futures. Ces trois traitements luttent contre l’augmentation de la pression oculaire.

Les recherches thérapeutiques : la neuroprotection
Tous les traitements actuels (médicamenteux ou chirurgicaux) des glaucomes visent à restaurer une pression oculaire normale afin d’éviter d’endommager les cellules nerveuses. Une nouvelle voie de traitement à l’étude consiste en plus, à protéger les fibres du nerf optique pour éviter qu’elles ne se dégradent, c’est la neuroprotection. Le but étant de traiter à la fois les conséquences de cette maladie (mort des fibres du nerf optique) et la cause principale (l’augmentation de la pression oculaire).

Préservez sa vue pour conduire plus longtemps
Le glaucome n’est handicapant que lorsque la maladie est très développée et que le champ visuel est atteint. Dans ce cas seulement, le malade ne peut plus conduire en toute sécurité (angles morts, priorités à droite…), ni pour lui ni pour les autres. En général, les personnes atteintes d’une maladie oculaire peuvent être soumises à un examen médical spécialisé afin de déterminer leur aptitude à la conduite. La vie quotidienne est chamboulée, la personne doit réapprendre à vivre avec de nouveaux repères, en fonction de ses capacités visuelles.

Glaucome : Campagne Nationale d’Information et de Dépistage du 6 avril au 5 mai 2007

En finir avec les idées reçues

Le glaucome peut-il être corrigé par le port de lunettes ?
Non, car le glaucome est une maladie du nerf optique. Les lunettes corrigent une déformation de l’œil qui entraîne une déformation de la vision. Dans un glaucome, les informations visuelles ne sont pas déformées, mais la dégradation du nerf optique empêche leur transmission au cerveau.

La maladie change-t-elle l’acuité visuelle ?
Non, le glaucome n’altère pas la qualité de la perception mais sa “quantité”. Le glaucome va avoir des répercussions sur le champ visuel : il va provoquer une altération de la vision périphérique. La vision centrale, elle, sera toujours aussi nette.

Le glaucome peut-il rendre aveugle ?
Oui, si la maladie n’est pas traitée. Mais ces cas sont très rares. Les pertes de vision peuvent devenir de plus en plus nombreuses. Des taches noires, des scotomes, vont apparaître. Avec le temps et sans traitement, ces taches se rejoignent et font perdre la vue. Aujourd’hui, l’amélioration des traitements fait que les risques de cécité sont minimes.

Le glaucome peut-il devenir cancéreux ou contagieux ?
Non, le glaucome est du à un dysfonctionnement entre la production et l’élimination du liquide. Il n’y a donc aucun risque de se transformer en cancer.

Les enfants peuvent-ils être atteints ?
Oui, dans de rares cas, le glaucome peut toucher les enfants. C’est le glaucome congénital. Il se traduit par un œil trop gros et doit être opéré le plus tôt possible.

Une pression oculaire élevée est-elle toujours synonyme de glaucome ?
Non, l’élévation de la pression oculaire est le principal facteur de développement de glaucome, mais il peut arriver que dans certains cas cette pression oculaire élevée n’entraîne pas de lésions au niveau du nerf optique. Il n’y a pas de glaucome dans ce cas.

Le glaucome est-il dû à l’hypertension artérielle ?
Non, la pression oculaire n’a rien à voir avec la pression artérielle : elle est à peu près dix fois plus faible que la pression artérielle. Cependant, il est fréquent que les patients atteints de glaucome aient aussi de l’hypertension artérielle car les mécanismes de régulation des deux pressions ont des points communs.

Une rééducation visuelle va-t-elle freiner la maladie ?
Non, le nerf optique qui est détérioré en cas de glaucome ne peut être soigné par une rééducation visuelle. En revanche elle peut aider à développer au mieux la vision restante.

La télévision, l’ordinateur peuvent-ils entraîner le développement d’un glaucome ?
Non, il n’y a aucun risque de développer la maladie en regardant la télévision. La télévision entraîne une fatigue des yeux, mais un simple repos suffit à retrouver une vision nette.

Est-on invalide quand on a un glaucome ?
Non dans la grande majorité des cas, car même avec un glaucome on peut vivre normalement. Les traitements actuels permettent de freiner efficacement la maladie et donc de prévenir les pertes de vision trop importantes.


Publié le Mercredi 7 Février 2007 dans la rubrique Santé | Lu 9186 fois