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Glaucome : 10% des 40 ans et plus sont à risque de développer cette pathologie de l'oeil

Santéclair a récemment présenté, en collaboration avec l'Association des Optométristes de France (AOF), les résultats d'une étude (1) sur la mesure de la Pression Intraoculaire (PIO), afin de déterminer la prévalence de l'hypertension intraoculaire chez les plus de 40 ans et le rôle potentiel des opticiens-optométristes dans le dépistage d'un facteur de risque du glaucome. « Il s'agit, selon les organisateurs de cette étude, de la première expérimentation faite en magasin d'optique dans ce domaine en France ».


La PIO est la pression à l'intérieur du globe oculaire qui maintient la forme sphérique de l'oeil. Une PIO trop élevée est le principal facteur de risque du glaucome, grave maladie, fréquente chez les sujets âgés de plus de 40 ans et longtemps asymptomatique, ce qui explique en partie le sous dépistage. Or, il faut bien savoir qu'en l'absence de traitement, le glaucome évolue vers la cécité.

Aujourd'hui, en France, on estime à près de 650.000 le nombre de personnes atteintes de glaucome, dont seule la moitié est est prise en charge (2).

Globalement, les résultats de cette expérimentation montrent que les personnes présentant un risque accru de glaucome et qui l'ignorent, ont une chance supplémentaire de préserver leur capital visuel grâce à l'opticien-optométriste, acteur de santé visuelle de proximité.

Ainsi, pendant trois mois, toutes les personnes de 40 ans et plus entrant dans un magasin se sont vues proposer une mesure de la PIO, après avoir reçu une information sur les modalités de l'expérimentation. Les résultats portent sur 1.020 tests et une seule personne a refusé, précise le communiqué. .../...
Glaucome : 10% des 40 ans et plus sont à risque de développer cette pathologie de l'oeil

L'étude révèle que près d'une personne sur deux n'est pas suivie par un ophtalmologiste. Ainsi, près de 37% des personnes testées n'ont pas consulté un spécialiste depuis plus de trois ans et 11% des personnes n'en ont jamais consulté, et cela quels que soient la tranche d'âge et les antécédents.

Près de 10% des personnes testées présentent un risque accru de développer un glaucome. Dans cette étude, une personne sur dix (9,7%) des personnes testées a une hypertension intraoculaire (valeur > 21 mm Hg) sur au moins un des deux yeux et présente donc un risque accru de développer un glaucome.

Des facteurs prédisposant : cette étude confirme que les sujets ayant des antécédents familiaux de glaucome ont statistiquement plus de risques d'avoir une PIO anormale. Ainsi, parmi les sujets présentant une hypertension intraoculaire, un quart d'entre eux avaient un membre de leur famille proche atteinte de glaucome, contre seulement 8,1% pour les sujets ayant une valeur de PIO inférieure à 17 mm Hg. Important : plus de 70% des sujets « à risque » ont pris conscience de la nécessité de consulter un ophtalmologiste.

Cette expérimentation, considèrent les auteurs de ce rapport, a sensibilisé les personnes à la nécessité d'un suivi ophtalmologique régulier alors que les résultats de l'étude ont montré qu'une personne sur deux n'était pas suivie par un ophtalmologiste. Parmi les sujets présentant une hypertension intraoculaire, 70% ont décidé d'aller consulter un ophtalmologiste dont plus de la moitié (53%) dans les prochaines semaines

Les résultats de cette expérimentation commune Santéclair-AOF souhaitent montrer qu'une action de dépistage dans un magasin d'optique est remarquablement acceptée. De plus, les auteurs estiment que « la facilité avec laquelle cette étude s'est déroulée confirme que l'opticien-optométriste est un acteur de proximité clef pour dépister un risque de glaucome, informer sur cette maladie et inciter à consulter un spécialiste ».

« Face à une maladie dont la prévalence ne peut qu'augmenter, en raison du vieillissement de la population dans un environnement critique lié à la diminution du nombre d'ophtalmologistes, n'y a-t-il pas là un rôle essentiel pour l'opticien-optométriste ? » s’interrogent les responsables de cette étude en conclusion.

Les dix conseils du Comité de Lutte contre le Glaucome :

Par ailleurs, le CLG présente lors de cette campagne de dépistage et d'information, ses dix conseils sur le glaucome.

1 : Faites contrôler votre vue régulièrement après 45 ans.
2 : Consultez dès 40 ans, si un membre de votre famille a un glaucome.
3 : Effectuez, après votre première visite, une visite tous les deux ans.
4 : Prenez le traitement prescrit par votre médecin, même si vous ne ressentez aucune douleur, et respectez les horaires recommandés par votre médecin.
5 : Respectez le nombre des instillations de collyre indiqué sur votre ordonnance.
6 : Lisez attentivement les notices explicatives, car certains médicaments peuvent être contre indiqués en cas de glaucome,
7 : Evitez le tabac qui aggrave le risque d'évolution du glaucome vers la cécité,
8 : Renseignez vous auprès de votre médecin sur votre handicap visuel et les risques encourus par la conduite automobile.
9 : Faites-vous dépister à temps ! L'évolution du glaucome n'est pas inéluctable.
10 : Consultez un ophtalmologue. Lui seul peut dépister, préciser le type de glaucome et prescrire un traitement.

(1) 1020 personnes âgées de 40 ans et plus ont été testées de novembre 2005 à mars 2006. Les tests ont été réalisés avec un tonomètre à air ou à rebond cornéen par 10 opticiens-optométristes certifiés.
(2) Rapport CNAM 2004


Pour aller plus loin, lire aussi :
Restor, un implant intraoculaire pour voir aussi bien de près que de loin sans lunettes
Glaucome : le dépistage part en campagne dans toute la France à partir du 12 mai 2006

2 octobre 2006 : Droit de réponse du Syndicat National des Opthalmologistes de France

"Dans son numéro du 3 juillet 2006, Senioractu.com a publié un article relatif à une étude sur la mesure de la pression intraoculaire qui aurait été réalisée par la société Santéclair, une filiale d'AGF et de MAAF-MMA.

Le Syndicat National des Opthalmologistes de France entend rappeler que la mesure de la pression intraoculaire est un acte médical, et que dès lors, les magasins d'optique ne sont pas qualifiés pour effectuer de telles mesures.

Le Syndicat National des Opthalmologistes de France a demandé aux autorités et aux institutions chargées de veiller à la santé publique et à la qualité des soins de le soutenir dans leur action, afin de faire respecter le Code de Santé Publique et la jurisprudence de la Cour de Cassation.

Le Syndicat a chargé son Conseil de saisir la justice, afin de mettre fin à pareille opération promotionnelle, accomplissant à des fins commerciales des actes médicaux, en violation des droits que la loi garantit en matière de qualité des soins et de confidentialité des données de santé"


Publié le Lundi 3 Juillet 2006 dans la rubrique Santé | Lu 3545 fois