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Gestion de la canicule : un 'succès' selon le Samu de France

Alors que l’été touche à sa fin, que l’on semble définitivement rassurés quant aux risques éventuels d’une reprise des très fortes chaleurs, Marc Giroud, président du Samu de France, s’est félicité la semaine dernière dans un communiqué de « l’action publique conduite face au risque caniculaire » qu’il a qualifié de « succès ».


« N'en a-t-on pas fait un peu trop, quand même ? Et cet hiver, faudra-t-il, sur les panneaux des autoroutes, qu'on nous dise de nous couvrir ! ». Si pour « certains, la limite du raisonnable a été franchie » et que « la gestion de la dernière canicule a été une occasion de plus de dénoncer le principe de précaution », le Samu de France considère pour sa part dans un récent communiqué que ce n’est pas « le bon raisonnement. C'est même un raisonnement dangereux. Et la conclusion pertinente qui s'impose, c'est que l'action publique qui a été conduite face au risque caniculaire était nécessaire et qu'elle a été un succès ».

Le Samu de France estime donc que l’objectif a été atteint. L’analyse des cas des patients reçus pendant cette période le démontre sans discussion possible, indique l’organisation : 112 décès directement imputables à la chaleur dont 66 personnes âgées de plus de 75 ans (...). Ceci alors que Météo France classe la canicule de ce mois de juillet 2006 juste après celle d’août 2003.

Le communiqué précise également que même s’il est impossible « d’estimer le nombre de morts évitées (…), 100 fois moins de morts qu’en 2003, pour une canicule juste un peu moins forte, c’est indéniablement un succès ».

Pour le Samu de France, plusieurs facteurs expliquent ce succès. « La politique définie depuis 2003 est pertinente et globale, impliquant l’ensemble des maillons d’une longue chaîne, depuis Météo France jusqu’aux hôpitaux. Cette politique a été animée par un ministre de la Santé très présent, à l’écoute, réactif, voire intransigeant. L’hôpital s’est préparé comme jamais il ne l’avait fait. Mais l’essentiel s’est, en fait, joué avant l’hôpital ».

Et le syndicat de poursuivre en soulignant que « la première ligne est celle du contact direct et quotidien avec les personnes âgées. C’est sur ce front-là qu’une bataille de la canicule se gagne ou se perd. Et ce combat, c’est le combat des familles et des collectivités locales ».

« Notre inquiétude, indique Marc Giroud, à un moment, a été que la partie ne soit gagnée que dans les établissements pour personnes âgées – compte tenu des efforts réalisés à travers les plans bleus -, et que l’issue soit, en revanche, beaucoup plus incertaine pour les personnes âgées isolées. Or, la bataille a, bel et bien, été gagnée sur les deux fronts. Le mérite en revient aux acteurs sociaux et aux collectivités territoriales. Et la difficulté, demain, sera de maintenir la mobilisation. En effet, il n’y a rien de plus démobilisateur qu’une prévention qui porte ses fruits, effaçant des esprits la perception intuitive du problème et finissant même par faire douter du risque ».

Le Samu de France estime par ailleurs que « le dossier médical est tout particulièrement important pour la prise en charge des personnes âgées » et souligne que « l’intervention des structures d’urgences hospitalières serait facilitée par l’existence d’un dossier médical accessible de jour comme de nuit, régulièrement mis à jour et comportant, le cas échéant, les indications relatives à la fin de vie ».

Marc Giroud appelle en outre à la création « d'un véritable corps de volontaires » (étudiants ou retraités) qui, « pour être réellement utiles, devront être préparés à la mission qui leur sera confiée ». Il ajoute que cette initiative pourrait s’avérer particulièrement pertinente, « notamment en cas de menace d’une pandémie grippale ».

Samu de France est un syndicat qui regroupe des médecins exerçant dans les Samu.
Gestion de la canicule : un 'succès' selon le Samu de France


Publié le Mardi 22 Août 2006 dans la rubrique Divers | Lu 4446 fois