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France - Une récente association lance l'opération 'Cafés des âges'

Une association créée en début d’années, « Vieillir, c’est vivre ! » dirigée par l’ancienne secrétaire d’Etat aux personnes Âgées, Mme Paulette Guinchard-Kunstler, lance l’opération « Cafés des âges » qui vise à mettre en place un dialogue « entre et sur » les générations, avec les différents acteurs concernés. Entretien avec Jean-Michel Caudron-Callewaert, secrétaire général de cette nouvelle structure.


Pouvez-vous nous présenter cette nouvelle association « Vieillir, c’est vivre ! » et votre opération « Cafés des âges » ?

Créée début 2005, l’association loi 1901 « Vieillir, c’est vivre ! », est présidée par Paulette Guinchard-Kunstler, ancienne secrétaire d’Etat chargée des Personnes âgées du Gouvernement Jospin et vice-présidente de l’Assemblée nationale, et vice-présidée par Denis Jacquat, député UMP de la Moselle. Elle a pour but de créer un mouvement citoyen visant à mettre en valeur les rapports entre générations, à changer notre regard sur la société et son organisation.

D’une manière générale, elle vise à initier, soutenir et développer toute action permettant d’ ouvrir notre société à tous les âges. Pour ce faire, elle porte notamment l'appel intitulé « Vieillir, c'est vivre : dites-le ! » (déjà signé par plus de 50 représentants de la société civile) et organise l'opération « Cafés des âges ».

Un comité d’animation, constitué des créateurs de l’association (élus, opérateurs de terrain, experts, retraités, représentants de familles de résidents, jeunes citoyens), auxquels sont associés Agevillage et Accordages, conduit l'Opération « Cafés des âges ».
Mme Paulette Guinchard-Kunstler

A qui s’adressent l’opération « Cafés des âges » ? Quelle est l’enjeu de cette démarche ?

Le « café des âges » est un lieu de débats -ponctuel et non continu- entre les générations, sur les relations entre les générations. Il offre un cadre interactif aux différents acteurs concernés (citoyens, élus, opérateurs de terrain, universitaires, retraités, associations, familles).

L’enjeu de ces rencontres est de dégager des paroles, voire une parole commune, car, rappelons-le, le mouvement de fond porté par l’appel est un mouvement citoyen : l’objectif est d’associer directement les personnes concernées ainsi que leurs familles, de même que tous ceux qui s’interrogent ou veulent réfléchir et agir. Il y a donc bien là, un véritable projet de société qui permettra de transcrire cette(ces) parole(s) : travailler sur les générations et les liens entre elles.

La démarche est transversale. Par conséquent, elle n’est pas redondante par rapport aux opérations existant déjà localement (comme les lieux d’animation des relations entre les générations, par exemple) ; elle tend à dégager des thématiques communes, à rassembler tant les retraités et les acteurs de terrain que l’ensemble des citoyens. C’est un mouvement national, même s’il peut se traduire différemment localement.

Cette opération offrira à tous les acteurs une meilleure connaissance mutuelle, ce qui pourra faciliter les actions et dégager des synergies, ainsi qu’influer sur les politiques publiques.

Parlez nous de votre label « Café des âges ». A quoi sert-il ?

Le comité d’animation de l'association « Vieillir, c'est vivre ! » accordera un label « Café des âges » aux projets déposés répondant à la totalité des critères ci-dessous. Seuls les sites engagés avec notre association pourront prétendre organiser un tel évènement.

Les organisateurs d’un café des âges doivent :

· ne pas exercer de responsabilités dans une association syndicale, politique, religieuse, philosophique dont l’idéologie ou les buts sont manifestement contraires aux droits de l’homme et aux principes républicains,
· signer l’appel « Vieillir, c’est vivre : dites-le ! », en donnant leur avis et leurs témoignages sur son contenu,
· adhérer à l’association, moyennant une cotisation d’au moins 20 euros, pour participer au développement d’un mouvement citoyen visant à mettre en valeur les rapports entre générations, à changer notre regard sur la société et son organisation,
· organiser le café des âges dans une logique territoriale, voire de développement territorial,
· respecter, dans le cadre des débats du café des âges, le principe de « neutralité » vis-à-vis de leurs éventuels intérêts personnels, catégoriels, professionnels ou autres, en particulier s’ils sont gestionnaires d’établissement d’hébergement ou de service d’aide et de soin à domicile,
· se mobiliser pour trouver des prises en charge, au moins en partie, des faux-frais d’organisation du café des âges auprès d’organismes locaux,
· proposer un animateur pour conduire le café des âges capable de gérer des débats, ce qui semble être une condition de réussite du café des âges plus qu’incontournable,
· organiser le café des âges dans un cadre convivial, facilitant les échanges,
· inviter l’ensemble des personnes et organismes concernés par le café des âges,
· s’engager à proposer à signer l’appel « Vieillir, c’est vivre : dites-le ! » aux participants du café des âges,
· s’engager à transmettre au comité d’animation de l’association « Vieillir, c'est vivre ! » un rapport suivant un cadre préétabli par celui-ci,
· soutenir, à leur niveau, la rediffusion par l’association « Vieillir, c’est vivre ! » des conclusions des différents cafés des âges organisés sur l’ensemble du territoire français.

A quel stade en êtes-vous de la mise en place des « Cafés des âges » ?

Le concept de « Café des âges » s’inspire des cafés géronto belges* de l’association Perspective, centre francophone d’expertise en ingénierie gérontologique en Belgique. L’exemple des cafés géronto peut être intéressant pour illustrer ce que pourraient être les débats des cafés des âges -même si ces derniers seront plus centrés sur la dimension du lien social et les relations humaines intergénérationnelles, ce qui peut leur conférer une portée moins directement opératoire.

Un test, afin de déterminer l’intérêt des acteurs du terrain en France au projet de cafés des âges, a été réalisé du 3 à 14 juin dernier, en diffusant l’information via les réseaux des différents membres du comité d’animation de l’association « Vieillir, c’est vivre ! ».

Le résultat de cet essai a été très positif, au delà de la mobilisation des membres du comité d’animation de l’association « Vieillir, c’est vivre ! » sur leurs terrains respectifs.

En effet, en douze jours, rien qu’en mobilisant les réseaux des membres du comité d’animation de notre association, au moins 150 sites se sont déclarés opérationnels (sur 37 départements) et une centaine d'autres sont actuellement en réflexion (dont huit départements supplémentaires), ce qui conduirait à toucher au moins 45 départements.

Ainsi, en date du 23 avril 2005, on envisage déjà 165 cafés des âges dans 50 % des départements français. Avec une communication plus large, le nombre de cafés devrait donc être encore plus important. Il nous semble que 400 cafés des âges soit un objectif atteignable.

Durant ce test, de nombreux réseaux ou de « simples » citoyens se sont proposés pour rediffuser l’information autour d’eux, voire l’on déjà fait. De même, déjà plus d’une vingtaine d’expériences de relations entre les générations (lieux ou actions d’animation, lieux d’expression, habitat, mouvement national, blogs, etc.) nous ont été renseignées, dont certaines encore inconnues au niveau national.

* Pour en savoir plus, les rapports des cafés géronto de 2004 peuvent être demandés à Perpective


Publié le Lundi 2 Mai 2005 dans la rubrique Social | Lu 8987 fois