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France – Une grande enquête sur la sexualité des Français après 35 ans vient de sortir 1/2


1ère partie : Les points cardinaux de la sexualité des Français

Les résultats d’une nouvelle étude « Les points cardinaux de la sexualité des Français après l’âge de 35 ans », menée par l’institut Ipsos Santé pour le compte des laboratoires pharmaceutiques Lilly-ICOS France*, ont été dévoilés lundi dernier lors d’une conférence de presse, en présence de Patrick Klein, directeur général d’IPSOS Santé, du Dr Marie Hélène Colson, sexologue, du Dr Antoine Lemaire, andrologue et du Dr Karim Hamidi de chez Lilly ICOS.

Cette enquête fait apparaître que la sexualité reste un sujet d’importance, puisque près de la moitié des Français (47%) avouent qu’il s’agit d’une question qui leur vient souvent à l’esprit, avec toutefois une forte prévalence pour les hommes 61% contre 35% pour les femmes.

Pour 44% des Français, la sexualité, c’est d’abord le plaisir et la sensualité. Puis, spontanément ils évoquent l’amour (42%). Ils ne sont que 6% à associer sexualité et fonction reproductrice. Cependant il faut préciser que l’âge moyen des personnes sondées s’élevait à 52 ans, il se peut que passer la cinquantaine, la première préoccupation qui vienne à l’esprit à l’évocation des rapports sexuels, ne soit effectivement plus la reproduction.

Les français déclarent faire l’amour 1.8 fois par semaine en moyenne (2 fois pour les hommes et 1.6 fois pour les femmes). « On sait que les gens interrogés dans les enquêtes ne disent pas toujours toute la vérité » indique Patrick Klein, directeur général d’Ipsos Santé, ce qui peut expliquer cette différence de fréquence constatée entre hommes et femmes. Les hommes indiquent faire l’amour plus souvent que les femmes et avec plus de partenaires (sont-elles imaginaires ?). La vérité se situe probablement quelque part entre les deux, ajoute Mr Klein. En ce qui concerne l’âge, c’est la tranche des 50-54 ans qui fait le plus souvent l’amour (2 fois par semaine). Puis la fréquence diminue régulièrement : 1.9 fois pour les 45-49 ans, 1.8 pour les 55-59 ans, 1.2 pour les 60-64 et enfin 1.1 pour les 65 et plus… Il est important de souligner, que passé l’âge de 65 ans, l’activité sexuelle subit une rupture assez forte, puisque la fréquence est divisée par deux, mais il subsiste en moyenne un rapport par semaine. L’activité sexuelle est donc certes réduite, mais elle ne s’arrête pas, contrairement à ce que les gens imaginent généralement. La sexologue, Marie Hélène Colson souligne d’ailleurs que « ce sont là des données nouvelles », le rapport Spira** n’avait en effet pas étudié les tranches d’âges au dessus de 70 ans. Et d’ajouter qu’ « il nous a semblé inconcevable de ne pas leur poser la question »

Le lit et la nuit sont toujours privilégiés pour faire l’amour, respectivement 75% et 60%. Seule une personne sur cinq préfère le matin et une sur dix –à peine- la sieste. Toutefois, ce n’est pas parce que les Français font l’amour de préférence la nuit qu’ils jugent pour autant que c’est le meilleur moment (38% seulement). En revanche les Français aiment faire l’amour toute l’année (42%) avec tout de même un net penchant pour l’été (1 personne sur 3) et seulement 1% pour l’automne. « Le soir, le lit, l’été, on est quand même dans un joli conformisme » souligne le directeur général d’Ipsos Santé Patrick Klein.

Lorsqu’on demande aux Français de citer parmi les cinq sens, celui qu’ils jugent comme étant le plus important quand ils font l’amour, c’est le toucher qui arrive largement en tête avec 93%, puis vient la vue (50%) et l’odorat (22%). Cela bouscule un peu les idées reçues, qui associaient la vue à l’homme et le toucher à la femme. Assiste-t-on à une évolution des normes sexuelles ? s’interroge Marie Hélène Colson. Toutefois le toucher n’est pas le seul à faire l’unanimité. Ainsi les préliminaires sont une phase importante des rapports sexuels pour 90% des Français, hommes et femmes confondus. Plus d’un sur trois juge même ne pas pouvoir s’en passer. Il s’agit « d’une phase initiatique, d’une exploration mutuelle où l’on s’apprivoise, dans le but d’un plaisir commun. »

Un gros tiers des Français estiment que le plus important lorsqu’ils font l’amour, sont les émotions et les sentiments. Seule une personne sur 5 met en avant le plaisir physique. Pour la moitié de nos compatriotes, il s’agit avant tout de donner le plus de plaisir à son partenaire, même si un tiers affirme avec franchise le contraire. Faire l’amour représente donc davantage un acte de communion amoureuse plus qu’un simple accouplement physique.

Toutefois tout n’est pas rose. Les relations amoureuses sont victimes de la vie urbaine et moderne. Le désir sexuel est ainsi très sujet au stress. Particulièrement chez les femmes, qui affirment ne pas conserver le même désir lorsqu’elles traversent une période professionnelle difficile. Tous sexes confondus, seulement 35% des Français déclarent conserver le même appétit sexuel dans les moments délicats. Et le chiffre est encore pire chez les personnes proches de la retraite, les 55/59 ans, puisqu’il descend à 28%. La fatigue et le manque de temps sont aussi deux des principaux motifs d’abstinence sexuelle.

En revanche lorsque l’on demande aux Français quels sont les facteurs déclencheurs de l'acte sexuel, on note un certain romantisme puisque vient en premier le fait de partager « un moment privilégié avec le partenaire » pour 56% des sondés. Puis vient l’absence prolongée avec 15% des citations. Toutefois le romantisme a ses limites puisque même en couple, 70% des hommes se sentent attirer ou éprouver du désir pour une autre personne que leur conjointe contre 36% des femmes.

Cette enquête a été réalisée entre le 4 et le 15 novembre 2003 sur 1000 Français âgés de plus de 35 ans (48% d’hommes et 52% de femmes) interrogés par téléphone, repartis selon cinq points cardinaux : nord, sud, est, ouest et Paris IdF*** (méthode des quotas). L’âge moyen de l’échantillon est de 52 ans. Sur ces 1000 personnes, 8 sur 10 ont un partenaire sexuel et 75% vit en couple.

2ème partie à suivre dans l’édition de demain : Les troubles sexuels et notamment la dysfonction érectile

*Depuis 1998 les deux laboratoires Lilly et Icos sont associés dans le traitement des troubles de l’érection. Le 14 Février 2003 un médicament contre la dysfonction érectile, le Cialis (tadalafil), était lancé sur le marché français, en concurrence avec le fameux Viagra et le Lévitra.
** Rapport Spira A, Bajos N et le groupe ACSF. Les comportements sexuels en France. Paris : La Documentation Française, 1993 (352 p.).
***Les résultats par région seront disponibles à la rentrée.


France – Une grande enquête sur la sexualité des Français après 35 ans vient de sortir 1/2


Publié le Jeudi 1 Juillet 2004 dans la rubrique Bien-être | Lu 14974 fois