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France - Signature hier du Plan de gestion de canicule par le maire de Paris & le préfet de police


Bertrand Delanoë maire et président du Conseil général de Paris et Jean Paul Proust préfet de police, ont officiellement signé hier midi dans les salons de l’hôtel de Ville le « Plan de gestion d’une canicule » définissant « les actions à mettre en œuvre pour détecter, prévenir et lutter contre les conséquences sanitaires » en cas chaleurs extrêmes dans la capitale qui compte 180 000 personnes de plus de 75 ans.

Ce plan de gestion, qui comporte quatre niveaux progressifs d’alerte, constitue une déclinaison du « Plan National Canicule » décidé par le ministère de la Santé en date du 12 mai dernier à l’échelon du département de Paris* d’une part, et « s’inscrit dans le cadre zonal en assurant la cohérence de l’ensemble des plans départementaux de gestion d’une canicule de la région d’Île-de-France » d’autre part. Suite à la crise de l’année dernière, particulièrement virulente à Paris (1 154 morts supplémentaires, soit + 127% par rapport à la même période les années précédentes) ce plan a été pensé avec de très nombreux spécialistes et acteurs des services sanitaires et sociaux dont le médecin urgentiste Patrick Pelloux, qui assistait à la signature.

Comme indiqué précédemment, ce plan comporte quatre niveaux d’intervention : le niveau 1, correspond à l’activation de la vigilance, le niveau 2 mobilise les acteurs parisiens du secteur sanitaire et social, le niveau 3 met en œuvre des mesures visant à protéger et à secourir les personnes à risque et enfin, le dernier niveau prévoit l’intervention, y compris par voie de réquisition, de tous les moyens adaptés à la gestion d’une crise.

Chacune de ces cotes d’alerte se déclenche en fonction de paramètres bien précis et entraîne la mise en place de systèmes et d’acteurs adaptés à chaque situation. Le niveau 1 entrera désormais automatiquement en vigueur tous les 1er juin de chaque année, afin que le préfet de police puisse vérifier que l’ensemble des dispositifs de prévention et d’alerte soient opérationnels. Il sera désactivé le 1er octobre de chaque année. Mais le préfet se doit aussi de réunir le « comité départemental canicule de Paris » qui est chargé d’assurer les mesures préparatoires à la gestion des fortes chaleurs dans la capitale. Il doit aussi confirmer que tous les partenaires concernés sont en état de vigilance. Ainsi dès le 1er juin il active en liaison avec la ville de Paris, une cellule de veille permanente qui devra assurer un suivi quotidien de l’évolution climatique et de la situation sanitaire. Un « bulletin de veille et d’alerte » en deux parties (une prévisionnelle et une récapitulative) sera d’ailleurs établi tous les jours à 17 heures et diffusé à toutes les institutions participantes.

De son côté la ville de Paris doit assurer la mise en œuvre effective des plans bleus dans les Centres d’Action Sociale de la Ville de Paris (CASVP) ainsi que dans l’ensemble des établissements de personnes âgées. La mairie établit par ailleurs une liste des personnes vulnérables, via un centre de réception téléphonique permettant aux personnes qui le souhaitent de s’inscrire et d’être contactées en cas de canicule (cf notre article du 05/05/04). Ces personnes devront laisser leur nom et leurs coordonnées ainsi que celui d’un proche ou d’un voisin. Cette liste, qui restera confidentielle, sera tenue à jour et intégrera « les inscriptions complémentaires arrivant à l’occasion d’une canicule annoncée ». Le numéro vert 08 2000 75 75 permettant l’inscription est en service de 8h à 19h depuis le 17 mai dernier. Une trentaine de personnes y travaillent.

Le niveau 2, est une phase d’alerte correspondant à la mobilisation des services publics. Il est activé par le ministre de la Santé lorsque météo France prévoît dans une région donnée, trois jours à l’avance, le dépassement des seuils biométéorologiques pendant trois jours consécutifs (31° en journée et 21° la nuit pour Paris, le 92, le 93 et le 94 et 34° en journée pour le Val d’Oise et 19° la nuit). Rappelons que ces seuils biométéorologiques sont différents en fonction des villes ou des départements ; Météo France transmet quotidiennement à l’InVS le signal météorologique permettant d’évaluer l’atteinte ou le dépassement de ces seuils.

A partir de ce deuxième niveau, le préfet de molice et la mairie de Paris doivent collaborer pour diffuser très largement les conseils pratiques de prévention en cas de fortes chaleurs (conformément aux dispositions du Plan National Canicule). Après instruction du ministre, le préfet de police active la cellule de veille renforcée de l’état-major de zone (EMZ) comprenant militaires et policiers et demande à la direction de l’action sanitaire et sociale de Paris de mobiliser les institutions concernées. Dès le passage au niveau 2, le préfet de police doit tenir le cabinet du ministre de l’Intérieur, celui du ministre de la Santé, celui des Personnes âgées ainsi que le maire de Paris informé de l’évolution de la situation.

Quant à la ville de Paris, elle met en état d’alerte les institutions de son ressort et prépare la mise en place du centre d’appels téléphoniques, afin de pouvoir, le cas échéant, contacter les personnes fragilisées s’étant inscrites. Ce central doit pouvoir être activé au premier jour de la canicule annoncée, soit au niveau 3.

C’est encore une fois le ministre de la Santé qui décide l’activation de ce troisième niveau. Il est déclenché sur la base du bulletin d’alerte de l’InVS ou d’autres éléments disponibles. C’est le centre opérationnel zonal, qui informe du déclenchement de ce niveau, les organismes concernés dont les préfectures de police, de région et de Paris, la brigade des sapeurs pompiers, le SAMU mais aussi EDF-GDF, la RATP ou encore la SNCF… Les services sanitaires et sociaux mettent alors en œuvre les mesures visant à informer, à protéger ou à secourir les personnes à risques. Une synthèse quotidienne sur la situation parisienne doit être transmise à 17h au préfet de police. Elle détaille l’évolution des interventions, celle de l’activité hospitalière, celle du nombre de décès…

De plus un certain nombre de mesures sont susceptibles d’être activées par le préfet de police si besoin est : fonctionnement de l’EMZ 24h/24, diffusion de messages de recommandations, extension des horaires d’ouverture des piscines municipales, locaux rafraîchis pour les personnes à risques valides puis ouverture des locaux rafraîchis spécialement aménagés… et activation du centre d’appels téléphoniques qui entre en contact avec les personnes inscrites afin des les aider voire de les secourir. C’est au préfet de police de lever ce troisième niveau.

Enfin le dernier niveau. C’est un niveau de crise, d’intervention majeure, activé par le Premier ministre et par le préfet de police qui déclenche alors le plan de secours spécialisé « canicule ». Le mêmes organismes qu’au niveau trois sont informés de la mise en place de cet ultime niveau qui est décidé lorsque « les indicateurs biométéorologiques prévus dépassent les seuils dans plusieurs régions, sur une longue durée, avec apparition d’effets collatéraux (coupure d’électricité, sécheresse, saturation des hôpitaux…) ou si la canicule provoque une crise dont les conséquences dépassent les champs sanitaires et sociaux. »

Le préfet de police prend toute mesure utile y compris par la réquisition pour répondre à la situation de crise, les mesures figurant déjà au niveau 3 sont mises en œuvre de plein droit et renforcées notamment en ce qui concerne : le fonctionnement systématique du centre d’appels téléphoniques, l’implantation de postes de secours, le nombre de patrouilles mixtes (constituées de policiers, de secouristes ou de bénévoles), l’ouverture de salles rafraîchies. A ce propos le préfet Proust souligne qu’un référencement précis de 500 lieux climatisés (hôtels, cinéma, salles de conférences…) présents dans la capitale française avait été effectué, et que ces derniers pouvaient être réquisitionnés en cas d’extrême nécessité.

Pour M. Delanoë, ce plan de gestion de la canicule est « un filet pacifique de solidarité » impliquant de nombreux acteurs : AP-HP, services d'urgence, ordre des médecins, infirmiers, secouristes, associations de soins à domicile. Il a par ailleurs assuré que toutes les maisons de retraite parisiennes auraient une pièce rafraîchie au 1er juillet. Quant à Patrick Pelloux, il a qualifié ce plan d’ « historique » tout en émettant les mêmes craintes qu’au niveau national, à savoir la pénurie de lits et de personnels hospitaliers.

*La ville de Paris est considérée comme un département à part entière.

Voir aussi notre article du 5 mai 2004 « La Mairie de Paris a présenté ses mesures préventives pour les seniors en cas de canicule »
France - Signature hier du Plan de gestion de canicule par le maire de Paris & le préfet de police


Publié le Jeudi 3 Juin 2004 dans la rubrique Divers | Lu 829 fois