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France – Présentation du plan canicule du ministère de la Santé


Le ministre de la Santé et de la Protection Sociale Philippe Douste-Blazy et le ministre délégué aux Personnes Agées Hubert Falco ont présenté mercredi 5 mai 2004 à la presse le plan canicule du gouvernement, qui définit quatre niveaux d’alerte et de mobilisation pour l’été ; le but est de venir en aide aux personnes âgées, handicapées et aux nourrissons en cas de forte vague de chaleur.

Le plan, ou « dispositif national de prévention et de soins » comme le présente le ministère, sera opérationnel du 1er juin au 1er octobre de chaque année.

La base du système est une échelle d’alerte à quatre paliers. C’est l’institut de Veille Sanitaire (inVS) qui aura la responsabilité d’en fixer le niveau, à partir de prévisions de températures sur trois jours de Météo France et d’avis de professionnels (urgentistes, pompiers).

Quand il n’existe pas de risque avéré de canicule, le niveau 1, surnommé « Vigilance », est le niveau de référence. Les instances nationales et départementales s’assurent de l’efficacité et de la réactivité des intervenants médicaux, en cas de passage à un niveau de danger supérieur. Un Comité Interministériel Canicule (CIC), rassemblant les responsables des principaux ministères se charge de la prévention à l’échelle nationale. Le mot d’ordre : « La chaleur est dangereuse. Nous pouvons nous en protéger ».

Au niveau local, un Comité Départemental Canicule (CDC), regroupera, sous la direction du préfet de région, les instances du département et les acteurs du terrain (SAMU, services d’aide à domicile, DDASS…).

A ce stade l’accent sera mis sur la prévention. Le plan prévoit la distribution d’un dépliant à 3 millions d’exemplaires intitulé « Canicule : Santé en danger ». La presse quotidienne régionale et celle pour personnes âgées seront également mises à contribution pour relayer les appels à la précaution du ministère.

Le 2ème niveau –« Alerte »- sera activé en cas de signes avant-coureurs d’une catastrophe. Une cellule de crise nationale, et une par département seront alors constituées afin de mobiliser les secours et de coordonner leurs actions, pour des cas d’hyperthermie encore isolés. Les médias publics diffuseront les messages du ministère de la Santé.

La phase d’ « intervention » se situe à partir du seuil d’alerte 3. Elle est déclenchée en cas de risque sanitaire à grande échelle, similaire à celui de l’année dernière. Le plan canicule se décline alors en bleu, blanc et… vermeil.

Le plan Bleu mobilise les maisons de retraite et autres sites d’accueil pour personnes âgées. Ces établissements doivent s’assurer que leurs pensionnaires peuvent venir s’abriter dans des endroits frais. Plusieurs rapports parlementaires ont en effet souligné le fait qu’un séjour de 2 à 3 heures dans une pièce à 25° permettait à une personne fragile de récupérer des effets d’une chaleur exacerbée. M. Hubert Falco a ainsi rappelé la nécessité de rafraîchir « une pièce au moins dans chaque établissement ». Le ministère de la Santé a pris des engagements pour dissiper les doutes de l’ADEHPA (Association des Directeurs d’Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées) : un accord a été obtenu avec les professionnels de la climatisation pour qu’ils traitent en priorité les commandes estampillées « ministère de la Santé ». Des craintes quant à la capacité d’offre du marché des climatiseurs étaient en effet apparues (voir notre article « France – Selon l’ADEHPA, la climatisation des établissements est « impossible » d’ici juin).

Le plan Blanc quant à lui définit l’instauration d’une cellule de crise dans tous les établissements hospitaliers et les services d’urgence. M. Douste-Blazy a rappelé à cet effet que les pouvoirs publics avaient débloqué 486 millions d’euros sur 5 ans dans le cadre du plan « Urgences », censé désengorger les urgences, et notamment les urgences gériatriques. 150 millions d’euros seront distribués dès cette année.

Le plan Vermeil, enfin, s’appuie sur le recensement des personnes âgées ou handicapées habitant seules. On sait qu’elles ont été les victimes principales de la canicule de 2003. Les conseils généraux devront organiser un fusionnement des listes déjà établies par les différents organismes sociaux du département. Pour le reste, le recensement sera organisé par les communes sur la base du volontariat. Les personnes âgées devront pouvoir se signaler auprès des services municipaux – la Mairie de Paris a ouvert la voie mercredi en annonçant la mise en place d’un numéro vert à partir du 17 mai 2004 (voir par ailleurs).

Enfin, conscient des critiques adressées à son prédécesseur Jean-François Mattéi lors de la crise de 2003, M. Douste-Blazy a souligné qu’à partir du seuil d’alerte 3, la cellule de crise nationale se tiendra prête à fonctionner 24h/24.

Un 4ème niveau pourra être atteint, en cas de risque « susceptible de troubler l’ordre social ». Il sera déclenché conjointement par les ministères de la Santé, de l’Intérieur et de la Défense, s’ils estiment que les effectifs sanitaires et sociaux sont débordés par les évènements. Le Premier ministre prendra alors directement le dossier en charge. Les services de l’armée, de la sécurité civile ainsi que les transports pourront être réquisitionnés.

M. Douste-Blazy a par ailleurs estimé qu’il était de « la responsabilité de tous » que la catastrophe de 2003 ne se reproduise pas. Le plan fait de la « solidarité » l’un des axes principaux de sa réussite (notamment par le biais des associations bénévoles).

Côté réaction, l’ADEHPA a porté un jugement « plutôt favorable » sur le plan du ministère. L’annonce faite de subventionner à hauteur de 40% la climatisation des établissements n’y est cependant pas pour grand-chose. L’association s’est plutôt félicitée dans un communiqué de presse que le gouvernement « rompe avec l’idée du ‘tout climatisation’ présenté comme le seul moyen de lutter contre une éventuelle canicule». C’est la « possibilité de financer des recrutements de personnels saisonniers ou intérimaires » évoquée par le ministre de la Santé qui réjouit l’organisation. L’ADEHPA, par la voix de son directeur Pascal Champvert, s’était en effet plainte à de multiples reprises du manque d’effectifs des centres d’hébergement pour personnes âgées, selon elle, véritable responsable du drame de l’été dernier.
France – Présentation du plan canicule du ministère de la Santé


Publié le Vendredi 7 Mai 2004 dans la rubrique Social | Lu 1846 fois