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France - Personnes âgées : 'La réforme s'impose' mais les mesures concrètes se font attendre


Le Premier ministre a reçu hier soir les professionnels de l’aide aux personnes âgées afin de discuter des moyens à mettre en œuvre au lendemain de la crise sanitaire liée à la canicule. Cette réunion ouvre le travail de préparation du plan interministériel « Vieillissement et Solidarités » qui sera présenté au mois d’octobre prochain. Le gouvernement souhaite proposer des « réponses rapides et concrètes » après avoir établi un « diagnostic partagé par tous sur les modes d’organisation et de fonctionnement des dispositifs et des structures d’accueil de personnes âgées ».

M. Raffarin a donc commandé un audit des dispositifs et des établissements d’accueil, que réaliseront des groupes de travail sous la direction de François Fillon et d’Hubert Falco. Ils devront se concentrer sur des sujets tels que « l’amélioration de l’accompagnement et de la prise en charge des personnes âgées à domicile et en établissement », la question de la « simplification des dispositifs », la « coordination des intervenants », et enfin les « difficultés liées à la faible attractivité du secteur » de la gérontologie. « La réforme s’impose » a déclaré M. Raffarin, souhaitant s’engager « avec énergie » et généraliser une « véritable politique du lien entre générations afin de lutter contre l’isolement ». Toutefois, il a refusé d’aborder la question du déblocage de moyens financiers –100 millions d’euros environ- réclamés par de nombreux professionnels du secteur. « Il faut envisager les difficultés dans toutes ses dimensions, et d’abord sa dimension humaine » a-t-il précisé.

Les réactions après la réunion sont mitigées, les professionnels se félicitent de l’amorce du dialogue, mais se déclarent déçus de l’absence de mesures concrètes. Les directeurs de maisons de retraite souhaitent en effet une aide de 7 milliards d’euros d’ici à 7 ans, alertant sur le déficit d’encadrement dans leurs établissements : en France, la proportion est de 0,4 employé pour un résident, alors qu’elle est de 0,8 en Grande-Bretagne et de 1,2 en Suisse. Quant à l’Union nationale des associations de soins et services à domicile, elle réclame un doublement de la capacité de prise en charge des personnes âgées. M. Falco a annoncé mardi soir sur Europe 1 que le gouvernement avait pour objectif de construire un « véritable programme pluriannuel de la prise en charge globale des personnes âgées », souhaitant faire du vieillissement « une cause nationale ». Parmi l’une des mesures concrètes envisagées, le secrétaire d’Etat aux personnes âgées a évoqué la possibilité de supprimer un jour férié pour financer les mesures en faveur des personnes âgées, « un jour chômé qui serait travaillé au profit de la solidarité nationale » sur le modèle déjà mis en place en Allemagne. Depuis 1995, les Allemands ont en effet renoncé au « Jour du repentir » comme jour férié afin de financer l’aide à la dépendance des personnes âgées. Les augmentations de chiffre d’affaires et de salaire représentées par ce jour de travail supplémentaire permettent de financer les nouvelles charges sans affecter le pouvoir d’achat des entreprises et des employés.

A noter enfin que le ministre de la santé Jean-François Mattei a reçu le professeur Françoise Forette, présidente de la société française de gériatrie et de gérontologie. Ils ont évoqué ensemble la nécessité d’accroître le nombre de lits consacrés à la médecine gériatrique en milieu hospitalier, d’améliorer la formation professionnelle à la prise en charge des personnes âgées, et d’une meilleure coordination entre services hospitaliers et soins à domicile pour une prise en charge plus complète.


Publié le Mercredi 27 Août 2003 dans la rubrique Divers | Lu 457 fois