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Senior Actu

France - Passé les 65 ans, les seniors mangent moins de viande

Le Centre d’information des Viandes (CIV) présentera la semaine prochaine une enquête réalisée par le Crédoc, intitulée « L’alimentation des Français : quelle place pour la viande ? » indiquant une baisse de la consommation des produits carnés chez les seniors après 65 ans.


Selon cette étude, il semblerait donc que l’âge ait un effet important sur les achats de produits carnés. En fait, la consommation moyenne quotidienne croît régulièrement avec l’âge, puis diminue sensiblement à partir de 65 ans. « La viande a mauvaise réputation chez les seniors » nous explique Claire Bouc du CIV. « Les personnes âgées pensent qu’elle est grasse et qu’elle entraîne des risques de problèmes cardiovasculaires » ajoute-t-elle. Il ne faut pas oublier, en effet, que les personnes de 50 ans et plus sont devenues extrêmement soucieuses de leur capital santé. Pour cette population, bien manger est un moyen de préserver leur jeunesse. Ils affichent de fortes préoccupations nutritionnelles et sont férus de produits bio indique le Scanner 2005 Interdeco.

Et le CIV de préciser que selon cette enquête « cette tendance [à la baisse] est particulièrement visible dans le cas de la viande de bœuf : les personnes âgées en consomment une quantité nettement inférieure –presque 30%- à celle de la moyenne de l’échantillon (21 g/j contre 27 g/j) ». « Mais structurellement, les personnes âgées se distinguent également en ce qu’elles consomment plus de produits tripiers et de veau. En fait, les jeunes générations consomment moins de ces produits que les générations les plus âgées » ajoute le Centre d’information des Viandes. Toujours est-il qu’avec le vieillissement des populations, la filière carnée a tout intérêt à se pencher sur ce phénomène si elle ne souhaite pas voir ses ventes dégringoler d’ici quelques années.

En septembre 2003, l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) avait examiné les effets du vieillissement sur les habitudes alimentaires» par le biais d’une étude intitulé « Monotonie ou diversité de l’alimentation : les effets du vieillissement », qui faisait le point sur les comportements alimentaires des plus de 60 ans.

Cette étude avait révélé que la quantité de produits achetés diminuait avec l’âge : au fur et à mesure qu’elles vieillissent, les personnes âgées cuisinent de moins en moins. Ce phénomène est accompagné d’une diminution de la diversité alimentaire. Ceci s’explique par des modifications physiologiques, mais aussi par des changements sociaux. Ainsi, les différentes étapes de la vieillesse (retraite, veuvage, relogement, maladie) sont autant de facteurs qui affectent les habitudes alimentaires des personnes âgées. On constatait alors, que les personnes seules connaissaient l’alimentation la moins diversifiée, tandis que la vie en couple ou en cohabitation favorisait la préparation culinaire et l’approvisionnement en produits variés.

Enfin, il faut souligner que les personnes âgées ne constituent pas un groupe homogène. Cette enquête soulignait ainsi l’influence de la région de résidence et de l’appartenance sociale sur la consommation alimentaire. Ainsi, les habitants du Nord et de l’Est se caractérisent par une plus faible diversité dans leur alimentation. Ils consomment plus de charcuterie, se distinguant des habitants de la Méditerranée ou de l’Ouest, amateurs de légumes frais, de pâtes et de farine pour les premiers, gros consommateurs de poissons pour les seconds. De même, les habitudes alimentaires diffèrent selon les professions : la diversité alimentaire augmente quand on s’élève dans l’échelle sociale.
France - Passé les 65 ans, les seniors mangent moins de viande


Publié le Mercredi 9 Mars 2005 dans la rubrique Nutrition | Lu 6020 fois