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France – Pas de vacances pour le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy


Au mois d'août, le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy va se rendre aux cotés des personnes les plus exposées aux conséquences des fortes chaleurs, indique un récent communiqué du ministère.

Il effectuera donc plusieurs déplacements en région pour rassurer la population et vérifier la mobilisation sur le terrain des acteurs locaux.

Le premier déplacement s’est déroulé le week-end dernier à Marseille, la région PACA étant la seule où le niveau 3 –dit d’intervention- du plan canicule avait été déclenché le mois dernier. Et de souligner, que cette alerte a permis « de vérifier grandeur nature, à quel point la mobilisation de tous était forte et la coordination facilitée par l'engagement de chacun. » Le ministre a par ailleurs profité de ce déplacement pour rendre hommage au professeur San Marco « responsable du niveau 1 d'alerte du plan canicule du ministère de la santé sur la prévention systématique auprès des personnes fragiles du mois de juin au mois de septembre. »

Ce troisième niveau avait été déclenché en région PACA le lundi 28 juin 2004 suite aux recommandations de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) et de Météo France. Les deux organismes, au vu des données dont ils disposaient, avaient prévenu le ministre de la Santé de risques de fortes chaleurs (33 degrés le jour et 22 la nuit) durant trois jours d’affilés. Et de rappeler que « si ces températures avaient été constatées, les personnes sensibles n'auraient pas bénéficié d'un refroidissement du corps suffisant pendant la nuit, pour permettre à leur organisme de récupérer de la chaleur du jour. » D’où l'effet « canicule ». Les températures ayant été finalement moins fortes que prévues, le niveau 3 n’a pas été utilisé.

Le ministère souligne cependant que cette première mobilisation en PACA a permis d’apporter quelques correctifs au plan canicule. Ainsi, par exemple « quand un département déclenche un niveau d'alerte, le dispositif de crise est désormais étendu aux seuls départements limitrophes, alors qu'il l'était auparavant à l'ensemble de la région, ce qui n'était pas opérationnel. »

En ce qui concerne la disponibilité des lits durant l'été, le ministère de la Santé, informe que dans la France entière (sauf dans la région parisienne), les objectifs d'ouverture de lits d'hôpitaux ont été atteints voire dépasser. » Ainsi, l'Assistance Publique- Hôpitaux de Paris (AP-HP) « indique que dans les services de chirurgie, les prévisions ne mentionnent que 62 % de disponibilité des lits et 70 % dans les services de néonatologie. » Le ministre a donc signé la semaine dernière, avec le secrétaire d'Etat au Budget, « un courrier autorisant l'AP-HP et tous les établissements publics d'Ile de France à recourir aux heures supplémentaires pour les personnels hospitaliers non-médicaux volontaires au-delà du plafond réglementaire de 15 heures par mois. » Et de rappeler qu’il avait « également été décidé de supprimer définitivement l'obligation d'une entente préalable pour une admission en soins de suite. » Ce qui devrait faciliter la sortie des urgences notamment pour les personnes âgées. Pour ce qui concerne la région PACA, le taux de lit disponible « est de 99% pour les mois de juillet et août » selon le ministère.

Toujours dans l'optique d’éviter le drame de l’année dernière, le ministère de la santé avait recommandé l'équipement de pièces rafraîchies dans les établissements de santé et les maisons de retraites. Suite à cette décision, les taux d’équipement relevés en avril 2004 indiquaient 58% dans les établissements de soins et 18.5% dans les maisons de retraites, qui avaient respectivement bénéficiés d’une enveloppe d’aide de 20 millions d’euros pour les premiers et de 40 pour les seconds. Les derniers chiffres, ceux du 31 juillet 2004, indiquent que désormais 76% des établissements son effectivement équipés. Ainsi, sur les quelques 11 500 maisons de retraite en France, le ministère estime « à 74 % le nombre de maisons de retraite équipées d'une pièce rafraîchie sachant que 15 % d’entre elles n'en ont pas besoin. » Toutefois, il reste 11% qui ne le sont pas, mais devraient l'être. Parmi les raisons évoquées : les commandes sont en cours, les établissements sont à la limite du besoin ou encore des retards de livraison. Dans ce dernier cas, le niveau de vigilance devra être renforcé. Le ministère enverra donc prochainement « une lettre à tous les ARH et à tous les DDASS, en insistant tout particulièrement auprès de ceux dont les départements seraient à la fois les moins bien équipés tout en ayant connu une surmortalité particulièrement forte l'an dernier. »

Et de conclure que l’équipement en région PACA en pièces rafraîchies « est largement supérieur à la moyenne nationale. » Fin juillet, 78,3% des maisons de retraites étaient équipées et 88,4% des hôpitaux et cliniques. Les Hautes-Alpes détiennent le record avec 100% des établissements équipées et le département du Var –celui de M. Falco, ministre délégué aux Personnes Âgées et maire de Toulon-, fait office de mauvais élève avec 61,4% d'équipement pour les maisons de retraites. »


Publié le Jeudi 5 Août 2004 dans la rubrique Société | Lu 1418 fois