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Senior Actu

France – Observatoire Caisse d’Épargne 2004 : « Seniors, parcours de vies, parcours d’épargne »


Fin 2003 : la confiance des ménages français est à son point le plus bas depuis huit ans. L’un des seuls secteurs plein de vitalité : l’immobilier, qui reste un des moyens privilégiés des Français pour s’émanciper de la crise. Parallèlement, la société française doit faire face à un vieillissement rapide de la population, qui à son tour influe directement sur les comportements économiques et sociaux. C’est dans ce contexte que s’est tenu à Paris le 27 janvier le troisième Observatoire Caisse d’Épargne, autour du thème « Seniors, parcours de vies, parcours d’épargne ».

L’étude s’appuie sur une enquête qualitative réalisée en juin/juillet 2003 (50 entretiens individuels approfondis) et une enquête quantitative, menée en octobre/novembre de la même année (6 009 personnes de plus de 50 ans interrogées). L’ Observatoire distingue tout d’abord trois générations seniors : les baby-boomers, contemporains de mai 68 et de la société de consommation, les "bâtisseurs", nés un peu avant la deuxième guerre mondiale, artisans de la reconstruction du pays, et enfin les "aînés", qui ont connu la guerre et les Trente Glorieuses.

L’Observatoire analyse ensuite quels sont les nouveaux comportement de tous ces seniors. Pour commencer, la retraite n’est plus une période de repli ou d’exclusion mais un moment d’épanouissement personnel, d’ouverture aux autres et d’implication familiale. En effet, les seniors cumulent les activités, surtout entre 50 et 70 ans : jardinage, bricolage, sorties, voyages, sport, activités artistiques, engagement bénévole…

Quant au lieu de vie, l’avancée en âge se caractérise finalement par une mobilité résidentielle assez élevée : 22% des plus de 60 ans ont ainsi déménagé entre 1990 et 1999. Derrière ces chiffres, deux tendances semblent s’opposer : les jeunes seniors qui recherchent un cadre de vie agréable et les plus âgés qui souhaitent se rapprocher de la famille et des services s’installant davantage en périphérie des zones urbaines.

Socialement parlant, la vieillesse s’accompagne également de bouleversements : ruptures conjugales tardives plus fréquentes, nouveaux schémas de couples, lignées plus longues. Ainsi, 40% des plus de 75 ans sont les aînés de quatre générations. Les jeunes seniors jouent souvent un rôle pivot, se sentant à la fois responsables de leurs parents âgés, de leurs enfants, voire de leurs petits-enfants. Chacun de ces événements influant sur la situation financière et patrimoniale des plus de 50 ans.

D’ailleurs, au niveau financier les seniors français ont un comportement assez spécifique, avec un niveau d’épargne qui reste très élevé : celui des plus de 65 ans est supérieur à la moyenne nationale, avec 16,5% contre 15,7% en 2000. L’on peut remarquer deux étapes dans leurs comportements de consommation : avant 75 ans, ils privilégient davantage les postes loisirs/voyages et les dépenses d’équipement. Après 75 ans, les dépenses sont plus autocentrées : santé, maintien en forme, alimentation, dépenses consacrées au cercle familial. La principale motivation d’épargne reste aujourd’hui la volonté de se maintenir autonome jusqu’à la fin de sa vie, être à la charge de ses descendants étant leur principale crainte.

Placement : les seniors investissent avant tout leur argent dans l’immobilier et les placements financiers peu risqués. L’immobilier reste un gage de sécurité et le "premier pilier" de la préparation individuelle de la retraite : les deux-tiers des 50-59 ans disent la préparer spécifiquement par l’achat de leur résidence principale. 73% des plus de 50 ans déclarent être propriétaires de leur logement. Reste que l’immobilier peut également devenir une contrainte pour les plus âgés. Parmi les placements financiers, ce sont les placements sécurisés comme les livrets et l’assurance-vie qui sont privilégiés.

Enfin, dernier comportements financier nouveau, cette fois envers les descendants : l’orientation vers un schéma de transmission anticipée, et non plus de succession. La pratique des dons illustre cette mutation : 60% des seniors déclarent aider ou avoir aidé financièrement un membre de leur famille.
Pour l’ Observatoire Caisse d’Épargne 2004, lorsque, dans les années à venir, les retraités verront leur pouvoir d’achat se dégrader par rapport à celui des salariés, ce sera leur volonté d’autonomie qui restera alors déterminante. Or, l’autonomie doit s’entendre au regard d’un double risque : celui de pensions insuffisantes et celui de dépenses importantes liées à la dépendance. Plus le risque est perçu comme sérieux, plus l’effort d’épargne sera grand. Mieux rassurés sur les formes et les limites de la prévoyance collective, les seniors pourraient davantage consommer et donner, conclut l’étude.
France – Observatoire Caisse d’Épargne 2004 : « Seniors, parcours de vies, parcours d’épargne »


Publié le Mercredi 28 Janvier 2004 dans la rubrique Finances | Lu 1343 fois