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France - Ménopause et risques liés au THS : l’AFSSAPS appelle à une information ‘objective’


Dans un rapport du 11 mai, l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits
de santé) et l’Anaes (Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé) incitent les praticiens de santé à faire preuves de précaution lors de la prescription de THS (traitement hormonal substitutifl) et à avertir les femmes ménopausées de ses dangers potentiels.

« Une information objective sur les bénéfices escomptés et les risques encourus lors de la prise du THS doit être fournie à la patiente », préconise ainsi la commission de professionnels de santé qui a travaillé au dossier. « De plus, dans le cas où de nouveaux risques seraient identifiés, chaque femme concernée doit en être informée y compris a posteriori ».

Les THS sont en effet mis en cause dans le développement de cancers du sein et de l’endomètre (utérus) et de troubles cardio-vasculaires, à la lumière d’études anglaises et américaines récentes. Même si le sur-risque encouru n’est pas spectaculaire, l’AFSSAPS estime par précaution « qu’il n’est pas recommandé de prescrire de manière systématique un THS à la survenue de la ménopause ».

En particulier selon les deux organismes de santé, le traitement ne doit pas être envisagé pour des femmes de moins de 60 ans si le seul but poursuivi est de lutter contre l’ostéoporose. Le THS est bien « le seul traitement dont l’efficacité dans la prévention du risque fracturaire est démontrée » dénote le rapport. Mais le papier appelle à modérer les bénéfices escomptés avant un certain âge : « les fractures osseuses liées à cette maladie interviennent rarement avant la soixantaine ».

L’AFSSAPS et l’ANAES ne remettent en revanche pas en cause la prescription « en première intention » du THS dans le traitement des troubles du climatère (sudations, bouffées de chaleur, sécheresse vaginale), même dès la survenue de la ménopause. L’efficacité du traitement en la matière est prouvée.

Les deux agences rappellent qu’il est fortement contre-indiqué de prescrire un THS à des femmes présentant des antécédents de cancers du sein ou de l’endomètre, et à celles ayant déjà souffert de troubles cardio-vasculaires.

Le rapport s’étonne par ailleurs du faible nombre d’études réalisées en France sur un sujet pourtant d’actualité, en comparaison du foisonnement constaté dans les pays anglo-saxons. La commission engage ainsi « les autorités sanitaires à demander ou à promouvoir des études médico-économiques sur le THS ».

Jérémie Lengrais © Senioractu.com 2004


Publié le Lundi 24 Mai 2004 dans la rubrique Santé | Lu 1882 fois