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France – Les femmes perçoivent une retraite deux fois moins importante que celle des hommes


Selon une enquête statistique de l’INED (Institut National d’Etudes Démographiques) parue ce mois-ci, les femmes à la retraite perçoivent des pensions inférieures de 44% à celles des hommes du fait de leur plus faible nombre d’années de cotisation et des inégalités salariales.

L’écart est plus important encore si l’on néglige les pensions de réversion (prenant en compte les enfants à charge ou le veuvage par exemple) qui bénéficient surtout aux femmes. Ainsi d’après Carole Bonnet (INED), Sophie Buffeteau et Pascal Godefroy (INSEE) -les auteurs de l’étude- « les retraitées âgées de 65 ans et plus percevaient en 2001 une pension mensuelle moyenne [avant avantages] de 606 € contre 1 372 € pour les hommes ». Une retraitée sur deux voit ainsi sa pension-retraite revalorisée par les minimas ; ce qui n’est le cas que de 20% des hommes.

Ce constat est d’abord le fait de la durée moindre des carrières féminines. En 2001, les femmes à la retraite avaient travaillé en moyenne 29,75 ans (après majoration due aux avantages familiaux) contre 42,5 ans pour les hommes. Sur 10 femmes âgées de 65 ans et plus, quatre avaient achevé une carrière complète - en terme d’années de cotisation- pour un rapport de 8 sur 10 chez leurs homologues masculins.

Il existe aussi les inégalités au niveau salarial. Encore aujourd’hui, les femmes touchent un salaire inférieur de 7% à compétences et responsabilités égales. La tendance s'améliore néanmoins : en 1960 le salaire moyen féminin représentait 60% de celui des hommes ; ce pourcentage est passé à 74% en 85 et à 81% en 2001.

Selon l’étude, intitulée « Vers moins d’inégalités entre hommes et femmes ? », l’écart devrait se résorber petit à petit, du fait du plus fort taux d’activité féminin actuel. Entre 25 ans et 50 ans, celui-ci avoisine désormais les 80 %. La différence de taux d’activité entre les sexes, qui était de 27 points en faveur des hommes dans les années 80, n’est plus que de 13 points en 2002. En 2025, les projections de l’Institut font état d’un allongement de la durée de cotisation féminine à 32,5 ans (et 38,4 ans si on prend en compte les avantages familiaux), pour 40,2 ans pour les hommes.

Pour les auteurs cependant, les inégalités ne diminueront que lentement; notamment parce que le travail à temps partiel –qui donne lieu à moins de droits pour la retraite- est plus généralisé chez les femmes que chez les hommes. La gente féminine peut néanmoins tirer du réconfort d’une autre inégalité, bien marquée elle aussi : à 60 ans, elles peuvent espérer vivre encore 24,5 ans, soit 6,3 ans de plus que leurs « riches » conjoints (données 2000).


Publié le Lundi 10 Mai 2004 dans la rubrique Retraite | Lu 608 fois