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Senior Actu

France – Le suicide des personnes âgées reste mésestimé et encore tabou


Le 3ème forum sur la prévention du suicide chez les personnes âgées, organisé par le « Comité permanent de prévention de la souffrance psychique et des phénomènes suicidaires du bassin de Brest » a eu lieu le 23 septembre dernier, à Brest (29) au Quartz Congrès.

Comme l’ont souligné les organisateurs de ce forum, les décès volontaires chez les seniors sont largement plus nombreux que dans les autres tranches d’âge, notamment chez les hommes de plus de 75 ans. Ces derniers connaissent en effet, un taux de mortalité de 150 pour 100.000 habitants, ce qui en fait le chiffre le plus élevé d’Europe, expliquait un professeur du centre hospitalier universitaire (CHU) de Brest, organisateur du forum. « La probabilité de se suicider à 20 ans est environ cinq fois moins élevée qu'à 75 ans, pour les hommes comme pour les femmes », remarque par ailleurs Florence Douguet, sociologue. Rappelons, que toutes tranches d’âge confondues, les décès par suicide représentent environ 20 pour 100.000 habitants. Le taux de suicide chez les hommes de 75 ans et plus, est donc 7.5 fois plus fort que la moyenne.

Les raisons qui conduisent un individu à mettre un terme à sa vie sont multiples, mais les statistiques laissent penser que le veuvage, les traumatismes liés à la guerre, une maladie de longue durée et la solitude sont des facteurs aggravants d’un mal-être pouvant mener au suicide. Or, les signes de la dépression sont souvent masqués chez les personnes âgées, ou considérés comme de simples corollaires de la vieillesse. « On parle très souvent pour la personne âgée de suicide légitime, ou de suicide rationnel. Comme si le suicide était la simple précipitation d'une fin de vie de toute façon inéluctable. Mais raisonner ainsi, c'est faire totalement abstraction de la souffrance de la personne alors que, quel que soit l'âge, toute tentative de suicide est une tentative pour ne plus souffrir », fait remarquer M. Walter à l’AFP. La dépression est donc souvent mal détectée et par conséquent peu traitée, ce qui pourrait expliquer cette surmortalité.

« Il faut en parler parce que c'est la catégorie qui se suicide le plus. Le tabou du suicide chez l'adolescent ou le jeune adulte est tombé, alors qu'il persiste vis-à-vis des personnes âgées », souligne le professeur Michel Walter, chef du service psychiatrie au CHU de Brest.

Le choix de la Bretagne pour organiser ce genre de colloque n’est pas un hasard. Il s’agit de la région française ayant la plus forte mortalité par suicide : +60% tous âges confondus selon l'Observatoire régional de la santé de Bretagne. D'où la mobilisation de cette région en matière de prévention du suicide, dans le cadre notamment du programme régional de santé.

Le « comité permanent de prévention de la souffrance psychique et des phénomènes suicidaires » a été crée en 2002.

Contact : Forum prévention – Service Santé publique Ville de Brest - Tél. 02 98 80 86 60





Publié le Mardi 28 Septembre 2004 dans la rubrique Social | Lu 9256 fois