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Senior Actu

France - La téléassistance : une alternative prometteuse pour rompre l'isolement des plus âgés


Le marché français de la téléassistance reste à conquérir : il ne représente actuellement que 160 000 raccordements alors que plus d'un million d'exemplaire a déjà été mis en place en Grande Bretagne. Le directeur de « CWS Biotel » insistait d’ailleurs ces derniers jours, à l'occasion du salon parisien « Alarmes Protection Sécurité », sur les causes du retard français. Si ce type de services est déjà largement adopté dans les pays anglo-saxons, il souffre encore dans notre pays d’une image plutôt négative : le système est proposé par les Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS) aux personnes à faibles revenus et dépendantes, ce qui lui confère une « connotation péjorative qui n’incite pas les seniors de classes moyenne ou supérieure à y adhérer ». Il souffrirait également du « désintérêt » des pouvoirs publics et du peu de moyens alloués par les départements chargés de sa diffusion.

Existant depuis plus de 20 ans, la téléassistance a pourtant déjà fait ses preuves : elle consiste à mettre en relation, par le biais d’un dispositif d’urgence, une personne âgée, handicapée ou dépendante -victime d’un accident domestique, d’une chute ou d’un malaise-, avec un service d’assistance à distance. Le central de secours transmet ensuite la demande au service adéquat : un membre du « comité de parrainage » (familles, amis, association), ou dans les cas graves, un médecin, le SAMU, les pompiers ou la police. Dans le département des Hauts de Seine, où le service existe depuis 1987, 420 000 appels ont déjà été enregistrés, donnant lieu à une résolution du problème à distance dans 90% des cas.

Si « CWS Biotel » bénéficie du soutien du département, la société souhaite aussi revaloriser l’image de ses produits : le marché de la téléassistance doit évoluer pour se pérenniser. « CWS Biotel » cherche ainsi à se développer en proposant des services « interphoniques » de plus en plus complets : le dispositif de téléassistance « Biotel Millenium » est ainsi relié au téléphone, commandé à distance par un médaillon radio toujours plus compact. Son déclenchement peut désormais s’adapter à différents types de handicaps (par pression d’un bouton, au souffle, à la voix, etc.). Un microphone puissant permet ensuite à la personne de communiquer aisément de n’importe quel endroit du logement avec le service de téléassistance. A l’autre bout du fil, les prestataires sont aussi bien des « assisteurs » (du type Europ Assistance), que des associations ou des sociétés privées. Soucieux de valoriser l’image de la téléassistance, le directeur explique que le « design soigné » et le choix de la couleur sont étudiés « pour que l’appareil de couleur blanche médicalisée ne souligne pas l’état de dépendance ou de maladie ». L’autre stratégie adoptée est l’élargissement de la gamme des services proposés : de la télésurveillance aux « téléservices » quotidiens améliorant le confort des personnes âgées.

Le service de téléassistance peut être demandé aux CCAS. « Les prix varient selon des conditions d’âge et de ressources », explique Xavier Corbin, l’un des directeurs de Biotel. A noter cependant que des associations comme « Présence Verte », proposent des services de « téléconfort » très complets pour un abonnement mensuel d’environ 30 euros.

La réaction politique consécutive à la crise de la canicule contribuera certainement au développement de ce marché : le « plan vermeil 92 » en faveur des personnes âgées, mis en place par le Conseil général des Hauts de Seine, prévoit justement la généralisation du dispositif de téléassistance « Biotel » pour tous les bénéficiaires de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie). Toutefois, Xavier Corbin relativise en affirmant qu’il est « encore trop tôt pour mesurer les conséquences de la canicule » sur ce marché. Mais il garde espoir et ne craint pas la concurrence éventuelle du « soliphone » sponsorisé par le gouvernement, qui est selon lui « complètement inadapté et peu pratique » face à un système de téléassistance, fort de ses 20 ans de maturation.



Publié le Lundi 29 Septembre 2003 dans la rubrique Habitat | Lu 3102 fois