Sommaire
Senior Actu

France – La polémique sur la gestion de la canicule relance les critiques sur les coupes budgétaires


Alors que l’opposition accuse le gouvernement de ne pas avoir su gérer la crise sanitaire due à la canicule exceptionnelle que la France a connu ces derniers jours, les coupes budgétaires opérées par l’équipe de Raffarin refont surface. Quelles en sont les conséquences dans l’hécatombe provoquée chez les personnes âgées par les températures caniculaires ? Les réductions ont conduit d’une part à la remise en cause du plan de modernisation et d’amélioration des maisons de retraite, d’autre part à la diminution de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Selon les organisations professionnelles fédérant les maisons de retraite, ces décisions ont eu pour résultat « l’impossibilité d’embauches supplémentaires ». En France, on compte actuellement 0,4 employé par résident de maisons de retraite, contre 0,8 en Grande-Bretagne et 1,2 en Suisse. Le plan 2001-2005 pour l’assurance maladie, décidé par le gouvernement Jospin, prévoyait un financement à hauteur de 183 millions d’euros par an. Il concernait à la fois l’embauche de personnels soignants nouveaux et la prise en charge des personnels soignants existants, actuellement assurée par la personne âgée elle-même. Ce budget a diminué de plus de la moitié cette année.

Par ailleurs, le gouvernement Raffarin a réformée l’allocation personnalisée d’autonomie –APA-, victime de son succès, jugée « trop chère ». Cette allocation, mise en place par la gauche en 2001, permet aux personnes âgées ne pouvant plus se déplacer, d’obtenir une aide à domicile ou d’avoir une partie des soins pris en charge quand elles vivent en résidence. Les personnes touchant moins de 949 euros par mois étaient initialement exonérées de participation à l’APA. Avec la réforme, ce plafond est tombé à 623 euros. De plus, les bénéficiaires vivant chez eux doivent maintenant financer 12 % du montant de leur maintien à domicile, contre 5 % précédemment. En outre, les délais d’ouverture ont été allongés. A l’origine, l’APA était versée dès le dépôt de la demande. Désormais, elle ne l’est qu’à la notification de la décision du conseil général, soit deux mois plus tard. Enfin, les contrôles se sont accrus : les seniors doivent en effet fournir des justificatifs du bon usage de leur allocation.

De là à dire que ces coupes budgétaires ont une part de responsabilité dans le drame qu’ont vécu les personnes âgées pendant la canicule, il n’y a qu’un pas, que l’opposition a franchi. Ces réformes ont certainement eu pour effet d’augmenter la précarisation des personnes âgées, et en premier lieu celles qui vivaient déjà en situation difficile. Selon François Hollande, chef de file du Parti Socialiste, « une nouvelle fois, ce sont les plus modestes qui ont subi les conséquences de la canicule ».


Publié le Mercredi 20 Août 2003 dans la rubrique Divers | Lu 310 fois