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France – La canicule : une catastrophe qui aurait pu être évitée, selon des chercheurs


La surmortalité liée à la canicule aurait pu être évitée, selon Denis Hémon, auditionné mercredi 21 janvier par la commission d’enquête parlementaire, rapporte l’agence de presse AFP. Denis Hémon est le co-auteur, avec Éric Jougla, du rapport Inserm sur les 15 000 morts supplémentaires d’août 2003, ainsi que le directeur de l’unité 170 d’épidémiologie environnementale et sanitaire de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Sans la canicule, les décès du mois d’août ne seraient sans doute pas intervenus en septembre, a-t-il expliqué à la commission, puisque aucune sous-mortalité n’a été enregistrée ce mois-ci. En d’autres termes, la canicule n’a pas avancé la mort des personnes disparues en août de quelques semaines, mais l’a provoqué. Quant au nombre total de décès en France en 2003, qui permettra d'observer un éventuel effet de la canicule jusqu'en décembre, il ne devrait être connu que fin mars, début avril. Pour Denis Hémon, cet épisode relève clairement de la « catastrophe sanitaire » et non d’une catastrophe naturelle, même s’il a eu une origine météorologique.

Le directeur scientifique de l’Agence française de sécurité sanitaire et environnementale (AFSSE), Denis Zmirou, a également été entendu par la commission. « Si l’événement est d’origine naturelle, les conséquences sont sans doute pour une bonne part d’origine humaine », a-t-il déclaré. La directrice de l'AFSSE, Michèle Fromet-Vedrine, a précisé que cette "très jeune agence dotée de faibles moyens n'avait pas de fonction d'alerte immédiate" et qu'elle n'avait pas reçu "entre fin juillet et le 14 août de messages alarmants l'orientant vers des travaux spécifiques", rapporte l’AFP.


Publié le Jeudi 22 Janvier 2004 dans la rubrique Divers | Lu 358 fois