Sommaire
Senior Actu

France - L'ostéoporose tue plus que les accidents de voiture


Le samedi 23 octobre dernier a été consacré à l’« Action Nationale contre l’Ostéoporose », maladie des os, encore très mal connue du grand public, « ignorée » par l’Etat et qui atteint principalement les femmes à partir de la cinquantaine.

Malgré une grande campagne lancée en mai dernier par les laboratoires MSD, cette maladie des "os fragiles" reste encore largement méconnue du grand public. Pourtant le nombre de décès annuel après une fracture liée à l’ostéoporose dépasse, en France, le nombre de morts par accident de la route… Il s’agit donc de sensibiliser toutes les femmes ménopausées aux risques que représente cette pathologie, non douloureuse avant la première fracture, qui signifie littéralement, rappelons-le « os poreux ».

Quelques chiffres : l’ostéoporose est responsable, en France, de plus de 130 000 fractures annuelles : 35.000 touchent le poignet, 50.000 les vertèbres et 50.000 la hanche. Le milieu médical ne cesse d’alerter les pouvoirs publics. Pourtant, jusqu’à maintenant, ni les tests de diagnostics ni les traitements –pourtant efficaces- ne sont remboursés, du moins jusqu’à la survenue de la première fracture. Il est pourtant indispensable d’informer les Français sur cette maladie. On estime que près d’une femme sur deux de plus de cinquante ans sera victime d’une fracture ostéoporotique et près de 15% des hommes de la même tranche d’âge. Au-delà de 80 ans, plus des deux tiers des femmes en souffrent…

Compte tenu du vieillissement de la population et de l’allongement de la durée de vie, il est très important que les femmes, à l’approche de la ménopause, portent une attention particulière à cette maladie des os, directement liée à une carence en œstrogène. Quant aux femmes ménopausées déjà fracturées, il est indispensable qu’elles consultent leur médecin pour un diagnostic. L’ostéoporose est en effet une pathologie simple à détecter, grâce à l’ostéo-densitométrie, qui mesure la densité osseuse par rayons X. Elle permet de déceler la maladie de manière fiable. Seul problème : cette technique s’avère coûteuse et n’est toujours pas remboursée par l’assurance maladie…

Un nouveau projet mondial d’évaluation du risque fracturaire est actuellement en cours de validation par l’OMS, la Fondation Internationale de l’Ostéoporose (IOF) et la Fondation Nationale d’Ostéoporose (USA). Elle devrait permettre de ne plus considérer la Densité Minérale Osseuse (DMO) comme seul indicateur d’un risque de fracture, mais de prendre en compte également d’autres facteurs non osseux (antécédents familiaux, index de masse corporelle, etc) pour parvenir à niveau de prédiction de risque supérieur

Il faut préciser, que même si l’on n’en meurt pas directement, cette pathologie ne doit pas être sous-estimée. Les conséquences des fractures ostéoporotiques sont en effet nombreuses : douleurs, handicap au quotidien, perte de taille, déformation disgracieuses de la silhouette, perte d’autonomie… Bref, une diminution générale de la qualité de vie. Plus grave, les fractures s’accompagnent d’une augmentation du risque de mortalité à 5 ans notamment pour les fractures des vertèbres et le col du fémur, d’une perte d’autonomie et d’un abandon du domicile dans un cas sur deux dans l’année suivant une fracture fémoral.

Les premiers signent apparaissent généralement après la ménopause. La perte de taille ou la survenue d’une fracture sont des signaux qu’il est impératif de prendre en compte : « une femme fracturée se refracturera » indique le chirurgien Michel Philippe, chef de service de chirurgie à Centre Hospitalier de Cavaillon et président de l’association Fracto Sud, qui lutte pour la prévention et la prise en charge des fractures ostéoporotiques dans le Vaucluse.

L’ostéoporose se caractérise par une diminution de la masse osseuse et des anomalies de la qualité du tissu osseux, qui fragilisent le corps. Elle se traduit la plupart du temps par des fractures du poignet ou des vertèbres (appelées communément tassements), et du col du fémur. En fait, une grande majorité des fractures de la femme ménopausée sont des fractures ostéoporotiques. Or on constate un manque d’information latent qui fait que 80% de personnes souffrant de la maladie l’ignorent et ne sont pas orientées vers le dépistage. Le diagnostic joue pourtant un rôle primordial. On peut traiter l’ostéoporose de manière efficace par une meilleure alimentation (supplémentation vitamino-calcique) ; par des exercices physiques ; par des protecteurs de hanche ; par le traitement hormonal substitutif de la ménopause ; par les bisphosphonates (composés pharmacologiques qui ramènent le remodelage osseux à son niveau pré-ménopausique) ; par les SERMS (molécules capables d'induire selon les tissus, via les récepteurs des oestrogènes, des effets pro ou anti-oestrogènes) ; par le tériparatide (hormone qui régule le taux de calcium dans le sang) et enfin par le ranélate de strontium (sel ayant un effet de découplage, qui s’incorpore à la matrice osseuse). « Trop souvent on traite la fracture et on oublie de traiter l’ostéoporose », précise le Dr M. Philippe.

Cette journée du 23 octobre a donné lieu à une série d’évènements visant à sensibiliser le public. Conjointement aux conférences-débats animées par des médecins, les organisateurs avaient prévu des animations plus ludiques à destination des seniors. On a retrouvé lors de ce deuxième édition, « la Maison de Mamie », maquette où sont identifiés les risques de chute à domicile. Le visiteur est invité à déterminer les différentes situations ou conduites à risques à l’aide de fiches de jeux. Le joueur doit y cocher ou entourer ce qu’il a reconnu comme pouvant être responsable des chutes. Dans l’Atelier Gymnastique, le public est invité à pratiquer, encadrés par des kinésithérapeutes, une série d’exercices physiques adaptés à la prévention de l’ostéoporose. Enfin après une série d’animations autour du thème de la diététique, le parcours s’achève par une évaluation des connaissances du visiteur lors des « Questions pour des os béton » ou « le jeu des 1000 mg », avec remise de cadeaux et de diplômes « de bonne santé osseuse ».

Tous les 20 octobre a lieu la Journée Mondiale de l’Ostéoporose. Sous l’égide des Nations Unies et de l’OMS, la décennie 2000-2010 est devenue la « Décennie des Os et des Articulations », afin d’attirer l’attention sur ce fléau de santé publique qu’est l’ostéoporose, d’améliorer la qualité de vie des personnes atteintes et de diminuer la survenue des fractures.

France - L'ostéoporose tue plus que les accidents de voiture


Publié le Lundi 25 Octobre 2004 dans la rubrique Santé | Lu 9968 fois