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France – L’Unassad analyse les conséquences de la canicule et le financement de l'aide à domicile


André Flageul et Emmanuel Verny, respectivement président et directeur général de l’Union nationale des associations de soins et services à domicile –Unassad- ont donné hier une conférence de presse au siège de l’organisation à Paris. Ils y ont présenté leur analyse de l’hécatombe provoquée par la canicule chez les seniors et y ont exposé les problèmes qui touchent le secteur de l’aide à domicile. Selon la direction de l’Unassad, il y a eu une grande mobilisation des services d’aide et de soins à domicile pendant la première quinzaine d’août. Elle a estimé que, malgré les difficultés inhérentes aux remplacements des congés d’été, les professionnels ont su s’adapter à la situation en renforçant le suivi des personnes aidées, mais que, sur les 11,5 millions de personnes âgées vivant à leur domicile, un tiers d'entre-elles ne sont absolument pas suivies. Selon ses informations, ce sont ces personnes isolées qui ont été les principales victimes de la vague de chaleur. L’Unassad a donc rappelé que des besoin de financements supplémentaires sont nécessaires pour assurer le suivi à domicile de toutes les personnes qui en ont besoin. Elle propose ainsi de doubler, en cinq ans, le nombre de personnes âgées prises en charge à domicile, décision indispensable selon elle pour éviter qu’une hécatombe similaire ne se reproduise à l'avenir.

La direction de l’Unassad a également profité de cette conférence pour dénoncer la complexité du mode de fonctionnement du secteur qui susciterait une perte d’énergie et d’efficacité. Selon Messieurs Flageul et Verny, la démarche de modernisation entamée il y quelques années ne saurait aboutir sans une simplification du fonctionnement de l’aide à domicile. Pour illustrer ces propos, Emmanuel Verny donne l’exemple de « l’embrouillamini du financement » : les services de l’Unassad sont financés sur la base d’un coût horaire unique, décidé par chaque financeur –102 Conseils généraux, plusieurs dizaines de régimes de retraite- se qui entraîne des tarifs totalement différents selon les régions. En second lieu, ce coût horaire unique, valable pour toutes les situations, conduirait à une iniquité entre les structures :la tarification resterait la même, quelque soit le service offert, la qualification, l’ancienneté du personnel, la qualités des prestations, le niveau d’encadrement, etc. L’Unassad réclame donc que l’ensemble des dispositifs existants soient coordonnés, unifiés et qu'ils s’inscrivent dans une démarche commune et partagée.

L’organisation estime enfin qu’il est urgent de fixer le budget du Fond de modernisation du secteur pour 2003 , de recruter du personnel supplémentaire et de concevoir puis financer un plan de communication sur les professions de l’aide à domicile. Selon M. Verny, il faut relancer la logique d’embauche pour faire face au vieillissement de la population française. Le directeur général de l’Unassad admet que l’accord de branche du 29 mars 2002 va dans le sens d’une modernisation et d’une plus grande attractivité de la profession. Mais il tempère cette avancée en rappelant que l'accord doit bénéficier d’un financement plus concret et plus simple pour avoir une réelle portée. D'après un sondage réalisé par l’Unassad dans 30 % des départements français, aucune décision n’aurait été prise en la matière. Emmanuel Verny déplore l'inertie des pouvoirs publics face à la complexité du financement du secteur et l’absurdité du taux unique qui provoqueraient des situations de déficit pour 50 % des structures de l’Unassad, certaines risquant même de fermer leurs portes. Or, M.Verny rappelle que l’Unassad est l’acteur le plus important du marché de l’aide à domicile, avec 1 104 structures juridiquement déclarées, représentant 1 860 services sur l'ensemble du territoire.


Publié le Vendredi 5 Septembre 2003 dans la rubrique Aides à domicile | Lu 1322 fois