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France – L’OCDE présente les mesures à prendre pour lutter contre les effets du vieillissement


Il faut repenser les politiques publiques à l’égard du travail pour freiner la chute de la population active, conséquence du vieillissement démographique des pays de l’OCDE, selon Jean-Philippe Cotis, économiste en chef de l’OCDE. Il propose diverses solutions à ce problème dans un article publié le 4 novembre dans « L’Observateur de l’OCDE ». En effet, ce phénomène va mettre à rude épreuve les budgets publics, à la fois par la baisse du nombre de contribuables et de cotisants et par la hausse du nombre de pensionnés et de bénéficiaires de coûteux services de santé.

Pour maîtriser cette pression fiscale sans appauvrir les retraités, il faudra que les pays mettent fin aux politiques erronées du passé, estime M. Cotis. Celles-ci ont tenté de combattre le chômage par une réduction artificielle de la population active. Aujourd’hui, le taux d’activité des plus de 15 ans au sein de l’OCDE varie fortement selon les pays, allant de 50% en Italie à plus de 70% dans certains pays nordiques. L’économiste remarque que les pays où le taux de participation est le plus élevé seraient aussi ceux où les politiques poursuivies étaient les plus saines.

Pour augmenter la population active, M. Cotis recommande tout d’abord d’encourager le taux d’activité féminine, notamment en supprimant les discriminations fiscales, comme en France ou en Allemagne, mais aussi en apportant des aides financières à la garde des enfants, comme dans les pays nordiques. Quant aux hommes de plus de 55 ans, s’ils ont partout réduit leur taux d’activité ces 30 dernières années, cela tient en partie à un goût plus prononcé pour les loisirs, mais aussi aux mesures prises par les pouvoirs publics. Pour lutter contre cette tendance, l’économiste préconise la suppression des régimes de préretraite, le relèvement de l’âge normal de départ en retraite et une neutralité actuarielle des régimes de retraite afin de mieux refléter le temps passé au travail, pour que chacun puisse opter librement pour un « vieillissement actif ».

Enfin, il faudrait aussi encourager le travail à temps partiel, et éventuellement, pour soutenir ces mesures, faciliter le passage de l’école à la vie active. L’OCDE estime que si les politiques actuelles restent inchangées, le pourcentage des plus de 15 ans exerçant une activité pourrait diminuer en moyenne de 4 à 5 points d’ici 2025 au sein de la zone. Une réforme d’envergure pourrait interrompre cette baisse, voire rendre possible une élévation modérée des taux d’activité.


Publié le Jeudi 6 Novembre 2003 dans la rubrique Divers | Lu 636 fois