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France - L’OCDE préconise différentes mesures pour augmenter l’emploi des seniors

Selon un rapport de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) intitulé « Vieillissement et politiques de l’emploi », paru cette semaine, « les réformes apportées au système de retraites il y a deux ans n’ont eu que peu d’effet et les travailleurs âgés continuent de partir tôt ». Dans cette optique cette organisation internationale propose à la France, toute une série de mesures visant à augmenter l’emploi des seniors.


Comparée à de nombreux pays de l’OCDE qui ont déjà pris de nouvelles mesures pour inciter les gens à rester plus longtemps en activité, la France connaît un faible taux d’emploi des salariés âgés*. Et le rapport de souligner qu’en « 2002, le taux d’emploi des hommes de 50/64 ans sans qualification n’était que de 51% en France alors qu’il atteignait 88% en Islande, 80% en Suisse et 78% au Japon ».

Pourtant, « les plus de 50 ans constituent une immense source de richesse potentielle pour les entreprises, l’économie et la société. Malheureusement, l’apport de ces personnes est souvent négligé. De nombreux dispositifs publics ainsi que les pratiques de gestion des ressources humaines dans les entreprises ont érigé de réelles barrières à la poursuite d’un travail, qu’il soit rémunéré ou non » indique ce nouveau rapport.

Et d’ajouter qu’« il est nécessaire aujourd’hui d’aller au-delà de ces clichés sur le vieillissement pour valoriser les plus âgés dont le poids est croissant dans la société. Bon nombre d’entre eux pourraient en fait choisir de travailler plus longtemps si les politiques et les pratiques au travail étaient mieux adaptées ».

L’OCDE a déjà analysé en profondeur les réformes des systèmes de pension et de retraite anticipée pour faire face au vieillissement de la population. Cependant, ces réformes ne seront pas suffisantes pour encourager une retraite plus tardive et pour réduire le risque de pénurie de travailleurs dans l’avenir. Il faut également prendre des mesures dans toute une série de domaines : adapter les pratiques de formation des salaires au vieillissement des travailleurs ; s’attaquer à la discrimination du fait de l’âge et aux attitudes négatives sur la poursuite d’une activité à un âge tardif ; améliorer les qualifications professionnelles des travailleurs âgés ainsi que leurs conditions de travail ; et enfin rendre les demandeurs d’emploi âgés plus « actifs ».

En effet, moins de la moitié des salariés seniors passent directement de l’emploi à la retraite ; les autres entrent dans des « zones grises » telles que les régimes publics ou privés de préretraite ou le chômage indemnisé. Il est rare qu’ils retournent à l’emploi. L’OCDE préconise donc une réforme de la dispense de la recherche d'emploi pour les chômeurs âgés indique l’AFP dans une de ses dépêches. Cette dernière, accordée à partir de 57 ans et demi à tous les chômeurs indemnisés et qui concernait 406.000 personnes en novembre 2004, « valide l'idée que le marché du travail est fermé aux travailleurs âgés », déplore l'OCDE.

Pourtant, selon l’organisme, « l’expérience internationale montre que l’emploi suit les mêmes évolutions pour tous les groupes d’âge : les pays qui ont réussi à relever le taux d’emploi des plus âgés l’ont fait dans un contexte de promotion de l’emploi pour tous et de baisse globale du taux de chômage. C’est le cas de la Finlande où le taux de chômage a baissé entre 1995 et 2003 de 15 à 9 % et où le taux d’emploi des 50-64 ans s’est relevé de 34 à 61 % ».

D’autre part, l'OCDE estime qu'à terme, « il serait également souhaitable de relever l'âge légal minimal » au delà de 60 ans. D'ici là, elle recommande à l'Etat de continuer à réduire les possibilités de préretraites, déjà fortement resserrées depuis la loi sur la réforme des retraites d'août 2003.

Elle préconise également d'assouplir les modalités de départ à la retraite en rendant la retraite progressive « attrayante et plus accessible », en favorisant le cumul emploi-retraite et en « soutenant financièrement » le passage à temps partiel des seniors ayant un faible revenu indique l’AFP.

De plus, l'OCDE recommande aux partenaires sociaux de « traiter en priorité de la question de la progression du salaire selon l'expérience professionnelle », dans la mesure ou les entreprises mettent en avant le « coût élevé » des seniors.

* Par salariés âgés, l’OCDE entend tous les salariés de plus de 50 ans


Publié le Jeudi 17 Mars 2005 dans la rubrique Emploi | Lu 3143 fois