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France – Inefficacité des phyto-oestrogènes contre la ménopause selon l’Afssa

Selon un nouveau rapport publié par l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), les compléments alimentaires élaborés à base de substances végétales, principalement tirées du soja, les phyto-oestrogènes, n’ont pas fait la preuve de leur efficacité contre les bouffées de chaleur liées à la ménopause mais n’augmentent pas le risque de cancer du sein indique une récente dépêche de l’AFP.


Le rapport « sécurité et bénéfice des phyto-oestrogènes apportés par l'alimentation » a été rendu public la semaine dernière et fait suite, notamment, à la saisine des services des fraudes (DGCCRF), demandant en particulier une « vérification des allégations » des bénéfices sur les troubles de la ménopause et l'hypercholestérolémie attribués à ces produits en vente dans le commerce indique l’AFP.

« La consommation de phyto-oestrogènes ne peut être considérée anodine a priori, puisqu'ils interfèrent avec le système hormonal, et mérite donc examen », indique l'Afssa dans ce rapport.

Sur la base de « 1.500 études sérieuses disponibles », le groupe d'experts auteur du rapport a estimé que « l’apport de 1 mg/kg de poids corporel/j d’isoflavones aglycones (soit 60 mg pour un individu pesant 60 kg) ne présente pas de risque pour la population générale ; que des précautions particulières doivent être prises par certaines personnes notamment celles présentant un cancer du sein, des antécédents personnels ou dans leur famille ».

En comparaison aux effets associés au traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) l’Afssa précise que : les études concernant les phyto-oestrogènes ne permettent pas à ce jour d’établir leur efficacité sur les bouffées de chaleur ; que les isoflavones pourraient avoir un effet limité sur l’ostéoporose et la perte des fonctions cognitives et que les données disponibles à ce jour montrent que les phyto-oestrogènes ne sont pas associés à une augmentation du risque de cancer du sein chez la femme.

Et de conclure qu’au vu « de ces données, d’autres études réalisées avec une méthodologie adéquate doivent venir compléter l’ensemble des données disponibles, et les phyto-oestrogènes doivent encore rigoureusement prouver leur place dans la prévention ou la prise en charge des troubles liés à la ménopause ».

Rappelons que les phyto-oestrogènes sont présents dans les aliments à base de soja (tofu, tonyu ou « jus » de soja, desserts à base de soja). Ils sont volontairement concentrés par les industriels dans les compléments alimentaires visant les femmes ménopausées.

Le terme de « phyto-oestrogènes » regroupe plusieurs molécules issues du monde végétal, de structures différentes mais présentant une similarité avec celle de l’oestradiol (l’une des hormones sexuelles majeures).

Les isoflavones (une des six familles de phyto-oestrogènes) sont présentes en grande quantité dans le soja. La forme dite « aglycone » correspond à leur forme active dans le corps. Dans un régime occidental traditionnel, n’incluant donc pas le soja, l’apport journalier moyen en isoflavones dites « aglycones » est très faible, inférieur à 1 mg/j précise l’Agence.


Publié le Lundi 14 Mars 2005 dans la rubrique Bien-être | Lu 6933 fois