Sommaire
Senior Actu

France - Hubert Falco quitte ses fonctions de ministre délégué aux Personnes Âgées


Sans surprise, le ministre délégué aux Personnes âgées, Hubert Falco, a annoncé dans une interview exclusive au quotidien Var-Matin, le samedi 16 octobre dernier, son départ imminent du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.

Rappelons que M. Falco avait fait son entrée au gouvernement suite à la victoire de la droite aux législatives de juin 2002. Maire de Toulon depuis mars 2001, il avait été élu, il y a presqu’un mois, sénateur UMP du Var lors des dernières sénatoriales. Le ministre a expliqué au quotidien varois qu'il préférait rester maire de sa ville : « j'ai effectivement choisi Toulon. J'ai fait part de mes intentions à l'Elysée, j'ai rencontré aussi le Premier ministre ». Et d’ajouter qu’il demanderait dès demain, mardi, par lettre au président de la République « d'avoir la gentillesse » de le relever de ses fonctions. « Mercredi, j'assisterai à mon dernier conseil des ministres et ce sera fini » conclut-il.

Après sa victoire aux sénatoriales, le 26 septembre dernier, le ministre délégué aux Personnes âgées avait annoncé qu’il se donnait un mois pour choisir entre son portefeuille ministériel et son fauteuil de sénateur tout en précisant qu’il avait l'intention de siéger au Sénat, contrairement aux autres membres du gouvernement qui s’étaient présentés à ces élections.

Cependant M. Falco a expliqué, au cours d'une conférence de presse, le week-end dernier à la mairie de Toulon, que sa décision était dictée par la demande du président de la République de le voir choisir entre sa mairie ou son ministère et « non par son élection au Sénat ». Une règle demandait en effet, aux membres du gouvernement, d'abandonner leur mandat de maire de grande ville. « J'ai obtenu une dérogation du président de la République pour pouvoir rester au gouvernement. Le Président m'a fait savoir que cette dérogation ne m'était plus accordée aujourd'hui » et que « cette règle s'appliquait à tous », a-t-il ajouté.

Et de préciser, dans Var-Matin, que sa décision de quitter le gouvernement avait été « prise avec beaucoup de regret ». « A l'Elysée et au gouvernement, personne ne voulait me voir partir, j'avais des assurances sur mon avenir, une place m'aurait été réservée lors du prochain remaniement », déclare-t-il. « Mais j'ai pris un engagement moral avec les Toulonnais, pas question que je les trahisse. Cette ville est sinistrée, son redressement prendra du temps », ajoute Hubert Falco.

En ce qui concerne son mandat, le ministre a souligné qu'il resterait marqué par « le terrible drame de la canicule ». Et d’ajouter qu’il avait « essayé de changer le regard que la société peut porter sur les personnes âgées ». « Aujourd'hui, a-t-il dit, il existe une politique, des moyens » pour faire face à la « révolution sociale qu'est le vieillissement » de la population.

Toutefois l’action de M. Falco ne fait pas l’unanimité. L’Association Française de Protection et d' Assistance aux Personnes Âgées (AFPAP) remarque dans un communiqué du 16 octobre 2004 qu’« il était de plus en plus critiqué et de moins en moins présent aux côtés des personnes âgées ». Et d’ajouter que « depuis sa nomination au ministère, M. Falco ne brillait pas par la pertinence de ses actions entreprises au profit de nos aînés ». L’association considère que son bilan reste mitigé : « il n'aura pas permis aux aînés d'avoir la reconnaissance qu'ils étaient en droit d'attendre » et de conclure : « les personnes âgées ne méritaient-elles pas plus et mieux ... ainsi qu’un ministre à temps plein ? »

Politiquement, Hubert Falco, 57 ans, a effectué toute sa carrière dans le Var (83). Dès 1971, il est conseillé municipal de son village natal, Pignans. Il devient conseiller général en 1985, puis député en 1988, réélu en 1993. Il remporte la mairie de Toulon en mars 2001, face à l’extrême-droite. Il n'exclut pas de « revenir peut-être un jour » dans un prochain gouvernement.

Hubert Falco a déclaré ne pas connaître le nom de son successeur. On peut d’ailleurs s’interroger sur la pérennité de ce ministère. Il semblerait en effet, que Philippe Douste-Blazy à la Santé, s’implique de plus en plus dans la politique envers les personnes âgées. Alors, un (ou une) successeur ou intégration de ce ministère dans un autre ? Affaire à suivre…

France - Hubert Falco quitte ses fonctions de ministre délégué aux Personnes Âgées


Publié le Lundi 18 Octobre 2004 dans la rubrique Divers | Lu 3715 fois