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France - Forum OCDE : quand travailler plus longtemps devient une priorité


A l’occasion du Forum 2004 de l’OCDE qui s’est tenu les 12 et 13 mai à Paris, l’économiste en chef de l’organisation, Jean-Philippe Cotis, a rappelé dans une conférence de presse sur le vieillissement de notre société, la nécessité d’un retour à une politique d’emploi forte et de la possibilité pour les plus de 50 ans de continuer à jouer un rôle actif au sein du marché.

Depuis les années 60, l’espérance de vie à la naissance a augmenté de neuf ans et le taux de fécondité a fortement diminué pour parfois atteindre 1,3 enfant par femme ou moins au Japon et dans certains pays européens. A cela s’ajoute le nombre important de personnes qui ne travaillent plus (35% de la population active).

« L’allongement de la vie est un aspect particulièrement positif, s’est empressé d’annoncer M. Cotis, mais la baisse de la fertilité a de graves conséquences sur l’économie ». Le vieillissement de la population oblige les pays à redéfinir leurs politiques d’emploi et la réduction du déficit du aux départs en retraite et au nombre croissant de personnes âgées est devenue une priorité.

A l’exception des pays nordiques, les politiques actuelles visent à réduire le déficit en augmentant les taxes et en encourageant les salariés à partir en retraite pour laisser place aux jeunes. Tel est l’exemple de la France qui entre 1980 et 1995, a connu une augmentation du nombre de personnes en âge de travailler proportionnellement similaire à celle des États-Unis mais n’est pas parvenue à diminuer le taux de chômage pour autant.

« L’échec est perceptible autant sur le plan de la croissance que des finances publiques », insiste l’économiste, et tant que les pays continueront à promouvoir une politique malthusienne de l’emploi, c’est-à-dire à favoriser l’embauche des jeunes sans se soucier des plus de 50 ans, la situation ne pourra qu’empirer. »

A l’heure actuelle, un salarié en âge de partir à la retraite peut choisir de continuer à travailler ou d'opter pour une pré-retraite. Sa décision va dépendre essentiellement de facteurs financiers. Selon M. Cotis, « il est indispensable d’encourager chaque salarié à rester le plus longtemps possible dans l’entreprise ».

On constate un parallèle entre l’emploi des seniors et celui des femmes. Permettre aux femmes de continuer à travailler en ayant une famille et encourager les plus de 50 ans à conserver leur emploi ou à pouvoir être embauchés permettrait une meilleure gestion des coûts liés aux retraites. Et cela sous-entend une diminution des charges, une flexibilité accrue et des aides familiales plus nombreuses.

A en croire les experts, en 2050, l’espérance de vie à la naissance aura encore augmentée de huit ans et il est évident qu’aucun pays n’aura les ressources suffisantes pour faire face au coût des retraites.

Il est désormais incontestable qu’il va falloir travailler plus longtemps. « nous ne sommes pas en mesure de dire combien d’années supplémentaires les salariés devront travailler », avoue M. Cotis et pour l’heure, « il est clair que les entreprises ne sont pas encore prêtes à employer des seniors. »

Dans un contexte des plus défavorables à l’emploi et où les contributions pour le financement des retraites ne cessent de croître, le développement durable de nouvelles politiques d’emploi et le maintien de la prospérité économique sont les seuls garants d’un retour de la croissance.

Delphine Dujardin © Senioractu.com 2004


Publié le Vendredi 14 Mai 2004 dans la rubrique Retraite | Lu 667 fois