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France - Etude des ‘facteurs cardiovasculaires de longévité’ par le Conseil Scientifique d’AGRICA


Agrica
AGRICA, groupe de protection sociale complémentaire du monde agricole, organisait mercredi 25 juin à Paris une rencontre-débat sur le thème « Vieillir aujourd’hui, entre peur et espoir ». De nombreux experts y participaient, notamment le Professeur Françoise Forette, Directrice de le Fondation nationale de gérontologie ; le recteur Gérard-François Dumont, professeur à la Sorbonne et président de « Population & Avenir » ; Xavier Gaullier, chercheur au CNRS et auteur de « Le temps des retraites. Les mutations de la société salariale » paru aux Editions du Seuil en 2003 ; Jean-Louis Lorrain, sénateur et vice-président de la commission des Affaires sociales du Sénat ; le Professeur Maurice Tubiana, président honoraire de l’Académie Nationale de Médecine et auteur de « Le bien-vieillir, la révolution de l’âge » et le Professeur Etienne Emile Baulieu, professeur au Collège de France et président de l’Académie des Sciences.

Athanase Bénétos
S’ajoutaient à ce panel d’experts, plusieurs membres du Conseil Scientifique d’AGRICA, dont le Professeur Louis Guize, cardiologue et chef de service à l’Hôpital Georges Pompidou et le Professeur Athanase Bénétos, gérontologue au CHU de Nancy sur les facteurs cardiovasculaires de longévité. Tous deux ont présenté une étude sur les « Facteurs cardiovasculaires de longévité » dont l’objectif était de préciser le rôle des paramètres cardiovasculaires dans la survie à un âge très avancé.

Compte tenu du vieillissement de la population, l’approche de la médecine préventive chez le sujet âgé est un enjeu majeur de santé publique. En effet, de nombreuses études ont pu identifier l’importance de certains facteurs de risque pour les principales pathologies -cardiovasculaires, cancers…- chez une personne d’âge moyen. En revanche de nombreuses questions subsistent en ce qui concerne les facteurs intervenant dans la survie à un âge avancé dans une population ayant dépassé l’âge de 60 ans. L'étude réalisée par le Conseil Scientifique d'AGRICA est la première à donner des résultats chiffrés sur la longévité des plus de 60 ans et sur les moyens d'agir pour la favoriser.

Xavier Gaullier
L'étude est basée sur les bilans de santé de 7 476 personnes âgées de 60 à 70 ans -5 014 hommes et 2 462 femmes- de la région parisienne, venues dans le centre parisien de médecine préventive IPC -Investigations Préventives et Cliniques- entre 1972 et 1988. Les données concernant les patients ayant survécu au delà de 80 ans pour les hommes -3 681- et de 85 ans pour les femmes -1 919- ont été comparées à celles des personnes décédées avant ces âges -1 333 pour les hommes et 543 pour les femmes.

Premier constat, chez les « jeunes retraités » de sexe masculin, une fréquence cardiaque supérieure à 80 battements par minutes au repos impliquerait 20% de chances en moins de dépasser les 80 ans. Par ailleurs, une activité physique régulière donnerait 45% de chances en plus aux hommes de dépasser 80 ans. Pour les femmes, la pratique régulière d’un sport aurait un effet moins marqué sur la longévité mais la tendance existe aussi. Les sports d'endurance comme la course à pied permettent de prévenir les risques cardiovasculaires. La natation, sport très complet est elle aussi vivement conseillée. Pour pallier la perte musculaire qui survient avec l'âge, il est bon d’utiliser des poids ou des haltères légères mais aussi de veiller à l’alimentation qui doit être riche en protéines. Un bon score au test respiratoire appelé VEMS -volume expiratoire maximum-, reflète la pratique d’une activité physique régulière et sans doute une bonne santé des bronches. Ce serait selon cette étude est un signe de bonne survie. En revanche, les chercheurs d'AGRICA ont constaté qu’après 60 ans, chaque fois que la pression artérielle systolique (chiffre le plus élevé lors de la prise de tension), grimpe de 20 mmHG, les chances de dépasser les 80 ans pour un homme et les 85 ans pour une femme diminuent de 10%. Pour conclure, le Professeur Bénétos a souligné que c'est le cumul de ces facteurs qui serait le plus « meurtrier », surtout pour les hommes. Alors qu'avec la présence d'un seul facteur, la probabilité de dépasser 80 ans peut être de 85%, elle tombe à 40-45% si les quatre facteurs de risque sont associés.


Publié le Jeudi 26 Juin 2003 dans la rubrique Santé | Lu 1624 fois