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Senior Actu

France - Entretien avec Jean-Paul Wevers, responsable de la communication d'Ecti

Ecti est une association regroupant un réseau d'experts bénévoles qui apportent assistance et conseil en France comme à l'international.


Pouvez-vous nous décrire le champ d’activités de votre association ?

« Ecti, Professionnels Seniors Bénévoles », est une association reconnue d’utilité publique loi 1901. Elle est née en 1974 -nous fêtons donc cette année notre 30ème anniversaire- de la volonté de responsables, alors récemment retraités de grandes entreprises françaises : Air France, Lafarge, Renault… Ces derniers, forts de leur expérience, souhaitaient apporter leur appui et leurs conseils aux pays du Tiers Monde pour la réalisation de leurs projets de développement. La faiblesse de leurs ressources leur interdisant l’accès à des prestataires de service classiques.

Orientée à l’origine vers l’Afrique noire francophone, notre mission s’est étendue progressivement à tous les pays dits émergents du Maghreb, du Moyen Orient, de l’Amérique Latine, d’Asie du Sud Est, en particulier la Chine où nous réalisons 200 missions par an. Sans oublier les pays d’Europe centrale et orientale (PECO) et la Communauté des Etats Indépendants (CEI), dans le cadre de leur ouverture à l’économie de marché.

Parallèlement, avec l’aggravation de la crise, des besoins sont apparus aussi en France. Pour contribuer au maintien et au développement de l’emploi, nous apportons notre appui à des PME/PMI, et intervenons dans les processus d’insertion ou de réinsertion des jeunes ou des chômeurs, dans la formation, etc.

Aujourd’hui, sur les 2 000 missions que nous réalisons par an, 60% le sont sur la France, 40% à l’international. L'association compte environ 3 000 retraités ou préretraités répartis sur toute la France, dont 35 à 40% sur la Région Parisienne
France - Entretien avec Jean-Paul Wevers, responsable de la communication d'Ecti

Concrètement comment faites-vous pour vous financer ?

Si nos experts sont bénévoles, et donc non rémunérés, nos services ne sont pas gratuits. Il nous faut bien couvrir nos frais de fonctionnement. Nous ne bénéficions d’aucune subvention (à la différence des associations similaires qui existent chez nos voisins) et ce sont donc les demandeurs d’intervention qui assurent notre financement en versant une cotisation ou une participation à nos frais généraux : celles-ci sont calculées en fonction de l’importance de la mission et des moyens du demandeur.

Notre déontologie nous impose toutefois deux principes de base. Nous refusons tout d’abord les demandes qui feraient concurrence au secteur marchand. Nous visons en priorité les entités qui n’ont pas les ressources suffisantes pour y faire appel. Par ailleurs, nous avons pour principe de ne jamais prendre la place d’un actif, d’où un rôle toujours temporaire, de conseil, n’interférant pas avec l’opérationnel.


 

Est-ce que l’on peut établir un profil type de l’ « Ectien » ?

Il est difficile à définir, car les origines et les carrières de nos 3 000 experts sont des plus variées : ingénieurs, commerçants, managers de l’entreprise, mais aussi fonctionnaires, professions libérales, artisans (ces derniers souvent très demandés) venant de tous les secteurs d’activité : automobile, informatique, BTP, tourisme, banque, agroalimentaire, services publics, etc. Idem pour les formations, cela va de l’autodidacte au diplômé de grande école.

Les âges s’étalent de 55 à 80 ans et plus, mais la moyenne se situe autour de 65 ans. Les femmes représentent 10% de nos effectifs et ce pourcentage est en forte progression actuellement, mais encore faible, non en raison du « machisme » des « Ectiens », mais en relation avec la démographie du monde de l’entreprise, où il y a encore 25 ans, les femmes cadres étaient peu présentes.

Pouvez-vous nous citer quelques exemples concrets d’actions qui ont été menées par Ecti ?

La diversité de nos missions fait que nous pouvons faire appel à des personnalités très spécifiques et parfois très originales : tels le berger pyrénéen spécialiste du fromage de chèvre, l’agriculteur expert en élevage d’escargots, le boulanger exportant son savoir faire en matière de pain artisanal, le rénovateur de monuments historiques. A côté bien sûr de tâches beaucoup plus classiques : l’appui aux certifications Qualité (ISO 9000), la réorganisation d’entreprises, l’établissement de plans marketing, le conseil en matière de développement international, etc.

Quelles sont les entités qui font appel à vos services ?

En France, des entreprises, surtout des PME/PMI, mais aussi des collectivités locales, des administrations, des associations, des corps intermédiaires, comme les CCI, les groupements professionnels. A l’étranger, des PME/PMI, mais aussi des entreprises françaises ayant besoin d’un spécialiste d’un marché ou d’une discipline, des organismes d’Etat ou internationaux, des universités, des ONG.

Un souhait pour l’avenir d’Ecti ?

Ecti est un organisme vivant, il a donc besoin d’une part de « clients » et il est prêt à apporter son concours à tous ceux qui le souhaitent, mais il lui faut aussi se renouveler en permanence et les bonnes volontés sont donc les bienvenues (hommes et surtout femmes !). Elles trouveront chez nous l’occasion de transmettre leur savoir faire et d’y avoir des contacts avec des personnalités intéressantes. Une meilleure reconnaissance par les pouvoirs publics serait souhaitable, à l’instar de ce qui existe chez nos voisins étrangers.


Propos recueillis par Jean Philippe Tarot


Publié le Lundi 13 Septembre 2004 dans la rubrique Divers | Lu 3417 fois