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France - Enquête sur la relation possible entre l'aluminium et la maladie d'Alzheimer 2/3


Comment l’aluminium, ce métal qui est le plus abondant sur terre, qui est présent dans de très nombreux produits de consommation courante -des ustensiles de cuisine aux additifs alimentaires en passant par les contenants, les médicaments et certains cosmétiques- intervient-il dans les traitements des eaux ?

En fait, il s’agit de l’alun (sulfate d’aluminium) qui est utilisé dans la purification de l’eau du robinet. Ces sels d’aluminium, sont ajoutés dans certaines stations de traitement afin d’éliminer les microorganismes nocifs et les particules, en les agglomérant (coagulant) en de plus « grosses » particules qui peuvent ainsi être facilement éliminées par sédimentation et filtration. Cependant, même si les filtres retiennent la quasi-totalité de ces particules d’aluminium, certaines parviennent à passer à travers ces filtres et se retrouvent finalement dans l’eau du robinet. Ce qui ne semble pas être un problème en soi, dans la mesure bien sûr où les taux sont respectés.

Notons qu’il existe par ailleurs une autre technique de purification des eaux. En effet, certaines usines utilisent les sels de fers (sulfates de fers). C’est le cas par exemple de la Société Anonyme de Gestion des Eaux de Paris (SAGEP) qui fournit l’eau du robinet des parisiens. La SAGEP nous a confirmé la semaine dernière qu’elle n’utilisait que des sels de fer depuis le début des années 80, en raison du nombre important de dialysés à domicile.

Comme nous le mentionnons plus haut, une législation très précise impose les taux maximum d’aluminium qui peuvent être présents dans les eaux du robinet, aussi bien au niveau national qu’européen et international. En ce qui concerne la réglementation française –tout comme l’australienne-, elle préconise 0,2 mg/l. L’Union Européenne indique le même chiffre et souligne par ailleurs que l’aluminium ne fait pas partie des 33 substances prioritaires dans le domaine de l’eau. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime qu’entre 01 et 0,2 mg/l « il n’y a pas de danger ».

Le Canada rappelle qu’« à l'heure actuelle, il n'existe aucune recommandation en matière de santé établissant un niveau sécuritaire d'aluminium dans l'eau potable [au Canada]. Toutefois, compte tenu des recherches plus poussées sur les effets de l'aluminium sur la santé et en vertu du «principe de précaution», le Sous-comité* a recommandé que les usines de traitement de l'eau qui utilisent les coagulants à base d'aluminium devraient optimiser leurs opérations afin de réduire, dans la mesure du possible, les niveaux d'aluminium dans l'eau traitée. Dans ces usines, des valeurs cibles opérationnelles de moins de 100 microgrammes par litre d'aluminium total (pour les usines de traitement conventionnelles) et de moins de 200 microgrammes par litre d'aluminium total (pour les autres types de systèmes de traitement) sont recommandées. » (Source Santé Canada).

Bref, tous les pays industrialisés semblent s’accorder sur les taux maximum d’aluminium présent dans l’eau du robinet. Maintenant, reste à savoir s'il existe réellement des risques de développement de l'Alzheimer, comment et pourquoi.

Suite dans l’édition de demain
Rapports possibles entre la présence de l’aluminium dans l’eau et la maladie d’Alzheimer.
France - Enquête sur la relation possible entre l'aluminium et la maladie d'Alzheimer 2/3


Publié le Mardi 23 Mars 2004 dans la rubrique Santé | Lu 596 fois